Après Séance : Detroit

Detroit est un film de 2017 signé Mark Boal et Kathryn Bigelow qui peut être classé dans la catégorie « drame/thriller ».

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Je n’avais vu de Kathryn Bigelow que le film Demineurs de 2008. J’étais cette fois ci curieuse de découvrir ce drame qui devait secouer la société américaine. Ce film engagé qui rentre dans le détail des tensions raciales a fait polémique à sa sortie en août dernier aux États-Unis.

Un petit mot sur l’histoire ?

On revient sur les émeutes de Détroit durant l’été 1967. Passant d’un constat global de la situation à un fait isolé, Kathryn Bigelow resserre l’étau et s’applique à rapporter la tragédie de l’Algiers Motel. Un groupe d’amis afro-américains constatent qu’être Noir à Détroit c’est  » avoir un flingue constamment sous le nez ». Pour inverser les rôles, alors que la police est à vif, l’un d’entre eux tire, avec un pistolet de départ de course, en direction des forces de l’ordre. Pensant être la cible d’un sniper, la police arrive sur le lieu et ainsi débute un huis-clos qui prend aux tripes.

Les premières minutes ?

Le prélude est proposé sous forme d’animé permettant de nous mettre dans le contexte d’effervescence, dépeint si justement, de la ville de Détroit cette année-là. Les faits présentés sont d’autant plus impactants que le film alterne la reconstitution et les images d’époque. Détroit le soir, une descente de police dans un bar clandestin, suivie d’arrestations arbitraires : la colère grandit et gronde face aux injustices.

Le casting ?

On nous offre du très bon dans l’ensemble. On suit, en quelque sorte, la descente aux enfers d’Algee Smith qui incarne un jeune afro-américain rêvant de percer dans le monde de la musique. Hannah Murray porte bien son rôle de touriste blanche de passage à Détroit, victime collatérale pour ainsi dire. John Boyega endosse le rôle complexe d’un agent de sécurité Noir qui se retrouve complice d’une police blanche d’une extrême brutalité. Et le meilleur pour la fin, Will Poulter qui est surprenant dans ce rôle détestable de flic sanguinaire.

Petit bémol cependant concernant les figures policières qui manquent de nuance, impression exagérée qu’il n’existe que des bons ou des mauvais flics, vision un peu trop manichéenne.

Et au final ça donne quoi ?

Kathryn Bigelow nous fait vivre l’horreur de l’intérieur. La longueur des plans accroît le suspense et accentue la violence des scènes de crime. Puis naît un grand sentiment d’impuissance qui met les nerfs à rude épreuve. Deux filles blanches dans la même chambre qu’un Noir : aucun doute pour leurs cerveaux malades de policiers racistes, il s’agit là de prostitution forcée. On se retrouve nous aussi incapables de sortir de ce maudit motel! Tout s’enchaîne sans pause ni temps mort : sensations garanties.

Néanmoins, l’ellipse de deux ans qui nous amène jusqu’au procès casse le rythme du film. La mention d’un jury exclusivement blanc prive le spectateur de surprise quant à l’issue de ce procès. Et pourquoi aucun d’eux ne mentionne-t-il le faux pistolet lorsque la police commence ses exécutions ?

En résumé, Detroit est une réussite pour la cinéaste américaine, qui relève haut la main ce nouveau défi. Une reconstitution fidèle et percutante !

Anne S.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Une critique qui fait envie, je le note !

    Aimé par 1 personne

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