A.I. Intelligence artificielle (2001)

A.I. Intelligence artificielle est un film de science-fiction américain écrit et réalisé par Steven Spielberg.

Ce qu’il faut savoir :

– Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle de Brian Aldiss, Les Supertoys durent tout l’été (Supertoys Last All Summer Long).

– Le projet a été initié par Stanley Kubrick dans les années 70 avec Steven Spielberg comme producteur. A la suite de la disparition du maître, que Steven Spielberg décide de lui rendre hommage en le réalisant.

– A sa sortie en salles, le long métrage est jugé froid, édulcoré et complexe, ce qui n’a pas empêché au long métrage de rencontré un petit succès au box-office avec plus de 235 millions de dollars engrangés pour un budget de 100 millions de dollars.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Lors de sa diffusion sur Canal + en 2002, je n’ai pas eu l’occasion de le voir en entier, à cause notamment des horaires de diffusions qui ne correspondaient pas à mon rythme scolaire. J’ai vu quelques fragments sans réellement comprendre le film, c’est pourquoi j’ai saisi l’opportunité de le voir en entier lors de sa diffusion sur Arte dans le cadre des 45 ans de carrière de Steven Spielberg. Il va être intéressant de voir le passage du temps sur ce film et mon point vue « critique » sur celui-ci.

Un petit mot sur l’histoire ?

Dans un monde futuriste ravagé par le réchauffement de la planète et où la procréation est strictement encadrée, les êtres humains vivent en parfaite harmonie avec les « méchas », des robots androïdes spécialement créés pour répondre à leurs besoins : tâches ménagères, services et… amour ! Une famille, dont le fils est dans le coma, décide d’aller plus loin et d’adopter un enfant robot, David, programmé pour vouer un amour sans limites envers ses parents adoptifs. Entre temps, la science ramène à la vie leur enfant biologique, Martin.

Les premières minutes ?

Une voix-off nous met dans le contexte de l’époque post-réchauffement. S’enchaine ensuite une démonstration du professeur Allen Hobby avec une androïde, une scène très intéressante sur le point de vue philosophique, éthique et économique dans la société.

On plonge dans le quotidien des Swinton, dont le père se laisse séduire par l’idée de reconstruire une vie de famille autour d’un être artificiel. Un acte qui déstabilise la mère, autant que le spectateur. Une sensation troublante naît et grandit à partir de cet instant.

Steven Spielberg souffle une atmosphère froide et inconfortable dans ce premier quart d’heure. Ce long métrage s’affiche déjà comme une œuvre à part dans la filmographie du réalisateur.

Le casting ?

Après ses belles interprétations dans Un monde meilleur et Sixième Sens, Haley Joel Osment se voit proposer le premier rôle d’un film de science-fiction de Steven Spielberg. Ce rôle, c’est celui du petit David, un androïde en quête d’identité et d’amour de sa mère. Un personnage taillé sur mesure pour le jeune acteur, et s’en montre parfaitement à la hauteur. Bien qu’il ne révolutionne rien dans son jeu, sa composition est à la fois émouvante et déstabilisante. Il parvient à souffler ce qu’il faut d’humanité à son personnage pour nous troubler et nous embarquer dans son aventure. Il s’agit sans aucun doute, du dernier grand rôle pour l’acteur américain.

Pour compagnon de route, Steven Spielberg a choisi l’acteur britannique Jude Law. Ce dernier incarne de manière remarquable Gigolo Joe. Il adapte sa gestuelle et son éloquence pour un résultat plus que satisfaisant. Il est dommage que la destinée de son personnage soit quelque peu écourtée à mon goût.

Frances O’Connor et William Hurt sont tout aussi convaincants et intéressants. A noter que Robin Williams et Jack Angel sont respectivement au doublage du Dr Sait-Tout et de Teddy.

Et au final ça donne quoi ?

Steven Spielberg signe un long métrage fascinant et émouvant, qui frôle le statut de chef d’oeuvre. Le cinéaste américain ose réellement des choses aussi bien sur le fond que sur la forme. A.I. Intelligence Artificielle constitue un bel hommage à son ami, Stanley Kubrick.

Pour commencer, la mise en scène est d’une beauté vertigineuse. Visuellement, c’est magnifique ! On retrouve l’éclat à la Spielberg, aussi bien sur l’esthétisme que dans le rythme. Les effets spéciaux sont loin d’avoir pris la poussière, et les décors sont somptueux. Il nous est proposé une vision très riche du monde post-réchauffement planétaire, qui se démarque par rapport aux autres films du genre. On sent que Steven Spielberg travaille avec une équipe qu’il connait bien. La photographie de Janusz Kamiński (Minority Report) est sublime, elle porte efficacement l’atmosphère froide, douce et mécanique du futur. Le montage de Michael Kahn (Rencontre du 3éme Type) se montre en adéquation avec le réalisateur, malgré que l’on ressent pas mal d’hésitation dans le dernier acte.

Au niveau de l’écriture, Steven Spielberg et Ian Watson et Stanley Kubrick abordent des thématiques fortes qui ne laissent pas le spectateur indifférent. Là où l’on reconnait l’audace de Steven Spielberg, c’est au niveau du traitement de la famille, de l’humain vis à vis de l’androïde David. On plonge dans une véritable quête identitaire pleine d’émotions et de poésie. Le dénouement final est cohérent mais apparait à l’écran comme fragile, on ne sent pas une totale conviction de la part de Spielberg dans le dernier quart d’heure. Pourtant, son audace et sa virtuosité sont omniprésents.

De son côté, John Williams signe l’un de ses plus beaux scores. Sa musique nous transporte littéralement à travers des compositions comme Stored Memories. L’aspect troublant, mélancolique et doux de Monica est parfaitement retranscrit dans le thème qui lui correspond.

En résumé, A.I. Intelligence Artificielle est un beau film de science-fiction qui aurait pu atteindre la sphère des grands piliers du genre. Steven Spielberg n’était pas loin de nous offrir l’un de ses plus grands chefs d’oeuvre .

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Orikrin1998 dit :

    J’ai vu ce film pour la troisième fois il y a deux jours. Clairement un chef-d’oeuvre, et de surcroît le film qui me met le plus dans tous mes états émotionnellement.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s