Les Anges Exterminateurs (2006)

Les Anges Exterminateurs est un drame érotique écrit et réalisé par Jean-Claude Brisseau.

Ce qu’il faut savoir sur le film :

– Jean-Claude Brisseau adapte de manière romancée son propre livre éponyme où il décrit ses méthodes particulières de travail, comment il sélectionne ses actrices et comment il s’est retrouvé condamné en justice pour harcèlement et agression sexuel sur des actrices dont il avait passé des auditions.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

C’est lisant quelques informations sur le réalisateur Jean-Claude Brisseau (Noce Blanche, L’Ange noir) que ce film m’a intrigué. Lors de sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le long métrage a clairement divisé sur ses intentions. C’est l’heure de se faire son propre avis.

Un petit mot sur l’histoire ?

François, cinéaste, s’apprête à tourner un film policier. Il fait passer des essais pour une scène de nu à une comédienne qui lui révèle le plaisir qu’elle éprouve dans la transgression de petits interdits érotiques. Poussé par le désir d’apporter quelque chose de nouveau dans le cinéma, il décide de mettre en scène un film mi-fiction mi-réalité, tournant autour de ce qui se révèle de façon inattendue une énigme et un tabou : les petites transgressions qui donnent du plaisir. Sa recherche dans le domaine érotique le confronte à des questions de fond auxquelles, tout comme Icare s’approchant du soleil, il va se brûler les ailes.

Les premières minutes  ?

Le long métrage s’ouvre de manière assez surprenante avec les chimères qui naviguent autour du réalisateur et qui le met en garde. Un aspect fantastique inattendu mais qui ne nuit pas au déroulement de l’intrigue, bien au contraire.

C’est suite à une rencontre, un essai, que François (Frédéric van den Driessche) a une révélation. A travers l’art du cinéma, il souhaite expérimenter le plaisir sexuel et y percer ses limites et ses secrets. La place du cinéma n’est qu’un prétexte ? Peut-être… On se demande également quelle est la place de Jean-Claude Brisseau par rapport au personnage de François, il est vrai qu’on y reconnait quelques attraits communs.

Ensuite, la vision du réalisateur s’éclaircit avec la scène de l’entretien entre François et une jeune actrice. Il est abordé l’expérience artistique de François sur différents aspects. L’objectif est clair, atteindre une authenticité de plaisir unique à l’écran. Cela amène des questions très intéressantes sur le cinéma, le sexe, le plaisir… surtout en cette période où le Septième Art se voit bousculer par la mise en lumière des démons qui l’entourent.

Le premier quart d’heure aborde des thématiques fortes et y développent une réflexion troublante et complexe.

Le casting ?

Dans le rôle de François, Frédéric van den Driessche dégage une certaine sérénité tout en étant troublé inconsciemment par l’expérience qu’il mène. L’acteur est surtout connu pour sa carrière de doubleur, mais il est loin d’être fade à l’écran. Il tient avec conviction son personnage, tout en lui apportant du charme et du charisme.

Maroussia Dubreuil, Lise Bellynck et Marie Allan sont sublimes, mais manquent par moments de prestance dans leurs interprétations. Cela est dû aussi à une écriture parfois trop lisse.

Et au final ça donne quoi ?

Jean-Claude Brisseau nous propose un long métrage semi-autobiographique, le cinéaste cherche clairement à innocenter sa manière de travailler et sa fascination pour les femmes et leur plaisir. Une vision frontale et intéressante, qui interpelle le spectateur et qui le conduit (en même temps que François) entre réalité, rêve puis cauchemar.

Malgré qu’elle soit de facture satisfaisante, la mise en scène manque parfois de cachet, notamment sur l’atmosphère et le dernier acte. Bien sûr, il faut prendre en compte le fait que le budget devait être très serré. Les scènes érotiques sont plutôt bien cadrées, mais la musique de Jean Musy n’épouse pas la vision du cinéaste. On est dans du frontal et dans la fascination, au lieu de ça, on a l’impression d’être devant un film érotique quelconque, et c’est bien dommage. Cela ajoute de la confusion, alors qu’il n’en faut pas compte tenu déjà du script.

Justement, au niveau de l’écriture les thématiques « tabou » sont explorées intelligemment. La qualité des dialogues restent moyennes, tout comme la composition des personnages. Le plaidoyer apparaissait assez intéressant au départ, mais il s’engouffre dans la niaiserie à l’image de François. A noter tout de même, les écarts humoristiques réussis qui donnent la légèreté nécessaire pour éviter le trop-plein de sérieux et de revanche. Car c’est cela que le cinéaste souhaitait faire à travers ce long métrage, une revanche sur la justice qui l’a condamné.

En résumé, Les Anges exterminateurs veut briser les tabous mais manque cruellement de cohérence sur le fond et la forme. Une complexité sur le plaisir qui aurait peut-être coller avec un cinéaste comme Gaspar Noé.

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