Après Séance : Logan Lucky

Logan Lucky est une comédie américaine réalisée par Steven Soderbergh.

Ce qu’il faut savoir sur le film :

– Steven Soderbergh est sorti de sa retraite pour porter à l’écran le scénario de Rebecca Blunt, une amie du réalisateur et de sa femme. Enfin c’est la version de Soderbergh, car personne n’a jamais entendu et vu cette Rebecca Blunt. Il est fort à penser qu’il s’agisse tout simplement d’un nouveau pseudonyme de la part du cinéaste américain.

– Le film a été développé sans l’aide de studio, Steven Soderbergh a même créé sa propre boite de distribution.

– Channing Tatum collabore pour la quatrième fois avec le réalisateur américain.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Tout simplement, je suis tombé sous le charme de la bande annonce. Elle nous promet une comédie déjantée avec une distribution alléchante. Le grand Soderbergh est-il de retour ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l’année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c’est qu’il est en prison…

Les premières minutes ?

Les vingt premières minutes nous pose en compagnie des frères Logan qui sont tout aussi pommés que le patelin où ils vivent. La cadence et l’atmosphère nous prédisent des moments encore plus fun pour la suite. On peut déjà souligner la subtilité et le punch des dialogues, là aussi ça promet pour les deux heures restantes. Le comique de situation apparait une nouvelle fois comme l’un des moteurs de la mise en scène du réalisateur. Ce dernier a prouvé par ses précédents longs métrages, qu’il maitrise assez bien ce procédé. D’autant que ça fonctionne à merveille avec des acteurs comme Channing Tatum et Adam Driver.

Le casting ?

Quel trio ! Tatum/Driver/Craig se montrent tous les trois en très grande forme. Ils apparaissent au départ comme des abrutis mais se révèlent être de vrais petits génies du braquage. Les trois acteurs se lâchent et se font plaisir dans ces rôles à contre-emploi. Steven Soderbergh bouscule à nouveau les codes du genre à travers de nouvelles gueules et c’est absolument jouissif.

Riley Keough apporte délicieusement son charme et sa répartie. Katie Holmes apparait quelque peu en dessous de ses partenaires. Son personnage a peu d’intérêt. A la différence de Katherine Waterson, qui n’apparait qu’une poignée de minutes tout en amenant une certaine douceur.

De leur côté, Jack Quaid et  Brian Gleeson forment eux aussi un sacré duo bien allumé. Hilary Swank est convaincante dans la peau de la flic acharnée et intelligente.

Et au final ça donne quoi ?

Steven Soderbergh offre un joli petit frère à Ocean’s Eleven, bien que sur le fond il s’en démarque tout de même. Logan Lucky est loin d’être pâle copie de ce que le réalisateur américain nous ait proposé par le passé. On retrouve évidemment sa patte artistique, à travers ses prises de vue, ses déplacements… Mais on est bien sur une histoire originale avec des personnages apparaissant comme de véritables bras cassés cachant une certaine ingéniosité. Quelque part, c’est l’opposé même de Ocean’s Eleven. Le mobile du braquage est ici présenté comme un revanche sur la société, qui a mis de côté les frères Logan dans un trou perdu de Virginie.

Au niveau de la mise en scène, Steven Soderbergh nous prend quelque peu à contre-pied en adaptant un rythme posé et cela contraste avec d’autres films du genre. Cette dynamique particulière sert à rendre les répliques et le comique de situation plus savoureux. C’est millimétré de la première à la dernière seconde, à l’image du plan de ces anti-héros. Parfois, on a même l’impression d’être face à du burlesque sauce Coen.

Le scénario nous dresse des personnages uniques, à la fois insouciants et géniaux. Sous ce côté délirant, celui qui a écrit, voulait aussi montrer ses américains abandonnés par la société (on pense évidemment à Comancheria). L’humour noir et le comique de situation sont parfaitement composés. Chaque rouage de l’intrigue sont finement ancré pour que rien ne déraille.

Un petit mot sur la bande originale qui est principalement composée de morceaux existants. Creedence Clearwater Revival, la gratte de Bo Diddley, John Denver ou encore Brain Box accompagnent efficacement les images.

En résumé, Logan Lucky est une comédie noire qui fait du bien. Steven Soderbergh signe un très beau retour au cinéma.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s