Inherent Vice (2015)

Inherent Vice est un film policier américain coproduit, écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Initialement, Robert Downey Jr était attaché au rôle de Doc Sportello, avant que Paul Thomas Anderson lui préfère Joaquin Phoenix. Il s’agit de la deuxième collaboration entre le cinéaste et Joaquin Phoenix après The Master (2012). Charlize Theron devait également incarner l’ex petite amie de Doc, Sashta, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par Katherine Waterston.

Inherent Vice est un roman de Thomas Pynchon, le premier a être adapté au cinéma. En raison de la complexité de l’intrigue, le réalisateur Paul Thomas Anderson a choisi d’ajouter un personnage supplémentaire au récit : la narratrice Sortilège. Cette voix-off fait office de guide pour le spectateur.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Paul Thomas Anderson est un cinéaste talentueux qui dépeint l’histoire et la société américaine avec un savoir-faire fascinant. Mon intérêt pour Inherent Vice ne date pas d’aujourd’hui, son sujet et son casting prestigieux m’ont terriblement fait saliver. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de le voir au cinéma et il est temps de palier à cette négligence.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 1970 à Los Angeles, le détective privé Larry « Doc » Sportello enquête sur la mystérieuse disparition du milliardaire Mickey Wolfmann et se retrouve plongé dans une sombre affaire criminelle.

Les premières minutes ?

La scène d’intro nous met au milieu d’un sacré bazar, la sublime et mystérieuse Shasta sème le trouble auprès de Doc, son ex. Paul Thomas Anderson nous embarque instantanément dans un trip soigneusement bordélique. Rien n’est vraiment là par hasard, les décors, les couleurs et les costumes participent à une ambiance aussi étrange qu’ensorcelante. Il est clair que ce puzzle va exiger de la patience et une grande attention. Le rythme est assez lent, à l’image de l’errance de Doc (Joaquin Phoenix) dans ce complot plus frappé que lui.

L’humour décalé fonctionne parfaitement, en même temps que cette atmosphère brumeuse et sombre. On est dans un polar noir expérimental où le spectateur doit s’accrocher et se laisser naviguer comme le fait Doc.

Le casting ?

Dans la peau du divaguant « Doc », Joaquin Phoenix livre (encore une fois) une performance remarquable. Décidément cet acteur n’a pas fini de nous bluffer. Il vit littéralement son personnage de détective drogué jusqu’au bout des orteils. Paul Thomas Anderson se sert habilement de sa composition pour nous entrainer dans son trip, sa mise en scène en est la parfaite illustration. C’est autour du personnage et de l’acteur que l’on vit cette expérience surréaliste.

L’autre grande articulation du puzzle nous vient de l’interprétation pleine de sensualité et de mystère de la part de Katherine Waterston. Il s’agit sans aucun doute de la révélation du film. Il est fort à parier que cette actrice comptera énormément à l’avenir. Elle a déjà collaboré avec de grands cinéastes, dommage que l’un d’entre eux n’ait pas su tirer le meilleur de son jeu et lui offrir un vrai grand rôle (indice :  si je vous dis Covenant).

Josh Brolin l’a joue bien allumé aussi sous les traits du lieutenant « Bigfoot ». Owen Wilson, Benicio Del Toro, Jena Malone ou encore Reese Witherspoon font également du bon boulot. De par sa voix et sa présence à l’écran, Joanna Newsom sème autant le mystère que la clarté.

En bref, nous avons une distribution qui partage avec son cinéaste, et vise-versa. Cette alchimie est évidemment la grande force du long métrage, car il en découle énormément de choses au final.

Et au final ça donne quoi ?

Après There will be blood  et The Master, Paul Thomas Anderson reste dans la même lignée, tout en y apportant une nouvelle expérience. Inherent Vice demande du temps pour pouvoir réellement saisir chaque morceau que le cinéaste a parsemé de bout en bout.  Sa mise en scène est en adéquation avec l’état psychologique de Doc, ce qui nous donne un rythme lent et brumeux. L’atmosphère et la narration n’en sont que plus que sombres et insaisissables. La direction artistique est saisissante, et s’emboite comme il faut à la photographie de Robert Elswit. Il s’engage quelque chose mêlant le mystique le poétique et l’authentique.

Sous son côté polar, Anderson dresse le portrait d’une Amérique 70’s qui baigne dans les fantasmes et les croyances. Folie, noirceur, énigmes, humour et poésie viennent border l’enquête aux multiples tiroirs de Doc. Au milieu de tout ça, le cinéaste joue à déstabiliser son spectateur en l’emmenant entre la réalité et les chimères de l’enquêteur. Cela souffle encore plus fumée sur le complot pervers qui gravite sur Los Angeles.

La musique de Jonny Greenwood (Radiohead) intensifie efficacement l’effet hypnotique, et complète à merveille cette sensation fantasmatique qui transpire sur chaque plan du long métrage. A noter également, la présence de Neil Young, Les Baxter, Sam Cooke ou encore le bluesman Chuck Jackson.

En résumé, Inherent Vice est un trip qui demande une immersion totale à son spectateur. Un puzzle sombre et drôle au style fascinant. Joaquin Phoenix et Katherine Waterston impressionnent !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. J’ai regarde j’avoue qu’en effet il faut vraiment s’immerger sinon on a du mal à suivre la trame

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  2. Strum dit :

    Et un bel hommage au Privé d’Altman (une des influences de P.T. Anderson) au passage, Doc ayant sous des dehors indolents une éthique comme Marlowe.

    Aimé par 1 personne

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