Casino, l’autopsie sombre et savoureuse du rêve américain.

Casino est un film de gangsters coécrit et réalisé par Martin Scorsese, sorti en 1995.

Ce qu’il faut savoir sur cet incontournable du cinéma :

– C’est suite au petit échec qu’avait été Le Temps de l’innocence, Martin Scorsese décide de revenir au genre que le caractérise le mieux et avec lequel il a rencontré de multiples succès, à savoir le film de gangsters. Il se penche alors sur une nouvelle adaptation d’un roman de Nicholas Pileggi (Les Affranchis),Casino : amour et honneur à Las Vegas .

Casino marque la huitième et avant dernière collaboration entre Scorsese et son acteur fétiche Robert De Niro. Il retrouve aussi son partenaire de toujours, Joe Pesci avec qui il a travaillé sur six longs métrages.

– Casino s’appuie sur l’histoire réelle de Frank Rosenthal, qui dirigeait plusieurs casinos à Las Vegas, le Stardust, le Fremont, le Marina et l’Hacienda (aujourd’hui le Mandalay Bay) pour le compte de la mafia de Chicago dans les années 1970 et au début des années 1980. Pour jouer la carte de l’authenticité jusqu’au bout, Martin Scorsese a préféré tourner dans un vrai casino, plutôt que dans un studio.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

N’y allons pas par quatre chemins, Casino figure parmi les grandes œuvres cinématographiques de Martin Scorsese. Ce dernier pose un nouveau regard  sur l’Amérique, du côté des paillettes et des fantasmes qu’inspirent Las Vegas. Un mirage qui cache de multiples magouilles où la drogue, les balles, le sang et l’argent coulent à flot. Bref, c’est parti pour du savourer un des meilleurs films du genre, et un des meilleurs de la décennie 90.

Un petit mot sur l’histoire ?

En 1973, Sam Ace Rothstein est le grand manitou de la ville de toutes les folies, Las Vegas. Il achète et épouse une virtuose de l’arnaque, Ginger Mc Kenna, qui sombre bien vite dans l’alcool et la drogue. Mais un autre ennui guette Sam, son ami d’enfance Nicky Santoro, qui entreprend de mettre la ville en coupe réglée…

Les premières minutes ?

L’ouverture et son générique annoncent déjà qu’on est chez Scorsese et qu’on va en prendre plein les yeux et les oreilles. La voix off de Joe Pesci s’ajoute parfaitement au déroulé du désert hostile et mystérieux du Nevada. Robert De Niro lui succède, c’est à ce moment que l’on comprend les motivations et les rôles de chacun. Nicky (Joe Pesci) apparait d’entrée comme le type impulsif qui n’hésite pas à passer à l’action pour défier toute concurrence, tandis que Sam (Robert De Niro) apparait plus comme un homme posé et intelligent qui profite du « faux-paradis » qu’est Las Vegas. On assiste à un échange qui peint les grosses magouilles qui s’agitent au milieu des casinos, sans oublier les images et la force du montage qui favorisent aussi bien le rythme que l’immersion.

Le premier quart d’heure se résume à des présentations, du contexte et du duo d’enfer Ace/Nicky. La narration est l’une des grandes articulations du film. Il n’y a aucun doute quand on regarde et qu’on entend tout ça, il est évident que Martin Scorsese est en grande forme et qu’il n’est pas le seul.

Le casting ?

Martin Scorsese s’est constitué une distribution talentueuse, qui a de la gueule et qu’il connait bien. Évidemment, je ne vais rien vous apprendre, Robert De Niro est impérial en directeur de casino, qui se révèle en fait être un des boss de la ville. Une interprétation sans faille qui fusionne totalement avec le regard du cinéaste américain. Un rôle sur mesure pour l’acteur, qui impose charisme, expérience et maitrise.

A ses côtés, Joe Pesci est étincelant dans la peau de l’explosif Nicky Santoro. Comme pour son collègue et ami, l’acteur colle parfaitement à son personnage. Martin Scorsese a composé  ces personnages en pensant à ces deux acteurs, pour retrouver la l’alchimie du duo de Raging Bull et des Affranchis.

Martin Scorsese offre à Sharon Stone, ce qui est certainement le meilleur et le dernier grand rôle de sa carrière. Sous sa direction, l’actrice montre vraiment l’étendu de son jeu. Elle incarne aussi bien la grâce et la manipulation, que la détresse d’un mal qui la ronge depuis des années.

James Woods agit efficacement comme un virus, celui qui chamboule la vie idyllique de Ginger et Ace. Décidément, quand Robert De Niro croise James Woods, c’est pour voir la vie de son personnage être sacrément bousculée.

Le casting ne fait que prendre encore plus de relief avec Don Rickles, Frank Vincent, Alan King et Kevin Pollak.

Et au final ça donne quoi ?

Quelle démonstration ! Martin Scorsese dépeint la ville du péché avec une époustouflante virtuosité. Casino fait partie des longs métrages dont on savoure chaque visionnage, comme le premier. Il dure près de trois heures et pourtant on ne voit pas le temps passer. Une immersion totale sur une cadence absolument parfaite, avec une distribution grandiose et un scénario passionnant. On assiste à du grand Cinéma, et on peut remercier Martin Scorsese pour nous offrir de tels moments.

Sa réalisation est affûtée comme jamais, le cinéaste américain atteint un nouveau sommet dans sa carrière avec ce long métrage. Il prouve une nouvelle fois qu’il est le maître incontestable en ce qui concerne les films de gangsters.  Les prises de vue et les déplacements de sa caméra nous offrent des séquences délicieuses et millimétrées, rien ne dépasse. Le montage de Thelma Schoonmaker (monteuse attitrée du réalisateur) épouse parfaitement la vision de Scorsese, il en ressort un dynamisme implacable. Il faut souligner également l’efficacité de la narration de Robert De Niro et Joe Pesci, elle participe activement à la mise en abîme. La richesse artistique provient aussi des décors et des costumes somptueux. La photographie de Robert Richardson s’adapte aux différents environnements et apporte un véritable relief aux couleurs lumineuses.

A l’image de ce que l’on déguste à l’écran, le scénario est tout bonnement génial. Martin Scorsese et Nicholas Pileggi nous racontent la vie du plus célèbre des casinos de Las Vegas, de sa naissance à sa mort. Il y gravite des personnages fort en caractère où chacun à sa motivation, ses compétences et ses faiblesses. Cela nous donne des moments violents, drôles, émouvants et tragiques. La fiction s’additionne parfaitement avec les faits réels. Comme pour les Affranchis, Gangs of New-York ou encore Aviator, Martin Scorsese compose l’équilibre adéquat pour son histoire. Son talent est d’insuffler un spectacle cinématographique sur une histoire vraie. Cela renvoie à l’une de ses citations cultes : “Le cinéma, c’est juste la question de savoir ce qui est dans le cadre et ce qui est en dehors.” Les dialogues fondent dans la bouche de chaque membres de la distribution, un délice comme tout le reste.

Pour ce qui est de la bande originale, Martin Scorsese ne se refuse rien pour composer le cadre de son film. Il utilise méthodiquement chaque morceau pour porter les images et leurs situations. On note principalement la puissance du thème de George Delarue lors de la magnifique séquence du désert. Les Animals, les Stones, les Moody Blues et Bach participent également à la réussite visuelle et sonore du long métrage.

En résumé, Casino est un des piliers du genre. Une œuvre qui inspire la maitrise scorsesienne, et qui expire le cinéma, le vrai, le grand !

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