I comme Icare (1979)

I… comme Icare est un thriller politique français co-écrit et réalisé par Henri Verneuil, sorti en 1979.

Ce qu’il faut savoir sur cet incontournable :

– Ce film imagine une situation fictive, fortement inspirée de la théorie d’un complot ayant conduit à l’assassinat de John F. Kennedy. Le nom du tueur, Daslow, est d’ailleurs l’anagramme du nom de l’assassin de JFK, Lee Harvey Oswald. De nombreux autres éléments reprennent la thèse de Jim Garrison développée lors de son enquête sur l’assassinat de Kennedy.

– Il justifie son titre sur l’allégorie d’Icare, à vouloir trop s’approcher de la vérité, on se brûle les ailes.

– Henri Verneuil mit deux ans pour écrire le scénario du film avec Didier Decoin. Son choix pour le rôle du procureur intègre s’était d’emblée porté sur Yves Montand qui accepta bien que le personnage qu’il devait interpréter fût assez éloigné par rapport à ses précédents qui étaient plus engagés.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Suite à une discussion avec un grand passionné de cinéma, j’ai voulu immédiatement revoir I comme Icare. La personne en question remettait en doute ses engagements artistiques et politiques. Même si je garde un bon souvenir de ce thriller politique français, j’ai tenu à vouloir porter un nouveau regard dessus.

Un petit mot sur l’histoire ?

A la suite de la mort d’un Président d’un État fictif, le procureur Henri Volney qui s’est penché sur ce décès refuse les conclusions de l’enquête. Il parvient à interroger un témoin qui lui dévoile la part d’ombre de cette histoire, mais les auteurs du meurtre ne souhaitent pas qu’il découvre la vérité.

Les premières minutes ?

Henri Verneuil pose les faits de manière directe et efficace, on s’imprègne immédiatement de l’ambiance complot et manipulations. Le premier quart d’heure n’est pas sans rappeler JFK d’Oliver Stone, il est évident que ce dernier a apprécié et s’est inspiré de la patte Verneuil. La mise en scène plonge immédiatement le spectateur dans l’investigation, de par son ambiance froide et sombre.

Le casting ?

Yves Montant porte le film de façon magistrale et quasi méconnaissable, son rôle me rappelle évidemment Jim Garrison. Le rôle du procureur Henri Volney, lui colle littéralement à la peau.

A ses côtés, les acteurs et actrices se montrent convaincants dans l’ensemble. Bizarrement, Henri Verneuil n’a pas misé sur une distribution prestigieuse.

Et au final ça donne quoi ?

Henri Verneuil signe un très grand thriller politique, de la même trempe que « Les Hommes du Président » et « Z » de Costa-Gavras. Malgré ses 37 ans et un peu de poussière, le long métrage ne perd rien de sa force et de sa réflexion. I comme Icare symbolise le cinéma engagé du réalisateur français. Il fait un constat critique des sociétés modernes qui sont manipulés par des hommes de l’ombre. Évidemment, l’assassinat de John F. Kennedy appuie le propos. La manipulation du peuple par tous les moyens, à l’image de l’expérience de Milgram.

Même si c’est loin d’être impeccable, la mise en scène contient de véritables qualités. A commencer par l’exploitation des décors et l’urbanisme de Cergy Pontoise. Chaque prise de vue inspire à une atmosphère frigide et grisonnante. Pour le coup, on n’a vraiment l’impression d’être dans un autre pays que la France. Le rythme est plutôt bon, il se rapproche assez de celui de Jean-Pierre Melville, dans l’optique d’englober le spectateur au beau milieu de cette dangereuse investigation. Cela rend le film haletant et le sujet encore plus percutant. Là où l’on peut être plus tatillon c’est sûr les ralentis grossiers et quelques effets vieillots.

Sur le plan de l’écriture, Henri Verneuil et Didier Decoin maitrisent leur sujet. L’enquête est trépidante avec ses multiples tiroirs qui coulissent intelligemment, et cela débouche sur la thèse du complot émise par Jim Garrison. On retrouve de nombreux éléments appartenant à l’enquête du procureur américain. D’ailleurs, la composition du personnage du procureur Henri Volney lui correspond sur plusieurs points. Le scénario est sans aucun doute la grande force de ce long métrage.

A la bande originale, Ennio Morricone retrouve le réalisateur français pour une septième collaboration. Une nouvelle fois, le compositeur italien propose un score qui fusionne avec la vision de Verneui, à la fois sombre et tragique.

En résumé, I comme Icare est audacieux et intelligent. Henri Verneuil n’est pas à son meilleur à la réalisation, mais il l’est au niveau de l’écriture. Yves Montand est impeccable !

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