Vampires (1998)

16éme film de la filmographie de l’illustre John Carpenter, considérés par bon nombres de cinéphiles comme un maître du cinéma Fantastique (voir du cinéma tout court), Vampires marque la rencontre attendue, entre le légendaire réalisateur d' »Halloween« , de « Christine » ou encore de « The Thing » et l’un des motifs emblématiques de la littérature et du cinéma fantastique et d’épouvante.

A l’instar des autres films du maître, « Vampires » met en scène des (anti)-héros relativement blasés de tout, fatigués par la vie, ayant une vision très cynique sur le monde qui les entoure. A cet égard, Jack Crow, personnage central du film, ne fait pas exception à la règle. Méticuleux, professionnel jusqu’au bout des ongles, s’efforçant de s’en tenir à des relations de travail avec ses collègues chasseurs de vampires. Ses parents ayant été victime d’un de ses monstres, Jack s’est depuis juré de tous les tuer, ce qu’il entreprend de faire avec son équipe de mercenaires, pour le compte du Vatican. Jusqu’à présent, tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que, à la suite d’une maladresse d’un de ses collègues, Valek,le « maître vampire » du nid qu’ils étaient chargé de détruire ne se réveille, assoiffé de sang, et déterminer à pousser Jack, son seul collègue survivant et Katrina, une jeune prostituée mordue par Valek qui pourrait bien les conduire à leur ennemi commun.

Voilà donc pour le « pitch » en quelques mots. Rien de très élaboré, me diriez-vous. Certes, on ne va pas se mentir, le scénario, de facture très classique, ne brille par son originalité. Mais, en définitive, ceci importe peu, dans la mesure où, comme dans la majorité des films de Carpenter (exception faite de ‘L’antre de la folie »), ce n’est pas tant l’histoire au sens classique du terme qui importe le plus, mais plutôt son traitement, la manière dont elle est mise en scène.

En effet, dès la séquence d’ouverture (un superbe panoramique horizontal sur fond de ciel et de soleil rouge), la touche personnelle de Carpenter se fait immédiatement sentir dans la mesure où ce type de plan rappelle ni plus ni moins que son amour profond pour le western, le genre cinématographique l’ayant le plus marqué durant son enfance et adolescence. Par la suite, l’hommage à son genre de prédilection se retrouvera tout le long du film, que ce soit dans l’attitude corporelle de ses personnelles (Jack Crow et ses air de vieux cow-boy solitaire, Katrina qui n’est pas sans rappeler, de par son attitude et ses vêtements, les danseuses de saloon), sans même parler des vampires eux-même. La bonne idée du cinéaste étant d’ailleurs d’avoir oser « moderniser » (ou plutôt réinterpréter) la figure de cet être maléfique et surnaturel. Comme l’explique si bien Jack Crow au jeune prêtre avec lequel il est contraint de faire équipe, les créatures qu’ils affrontent n’ont rien à voir avec ceux qui parlent avec un accent transylvanien à couper au couteau, sensibles à la lumière du jour et allergiques à l’ail et aux croix religieuses. C’est même tout le contraire : les vampires version John Carpenter vivent aussi bien le jour que la nuit, résistent à l’ail et aux croix, et parlent tout à fait normalement, ce qui fait qu’on pourrait les confondre facilement avec des êtres humains ordinaires.

De par ce simple postulat, Carpenter parvient déjà à apporter une légère touche de modernité à son film, pourtant fort ancré dans un récit d’aventures très classique.

L’autre grande idée du réalisateur réside dans dans la manière dont se déplacent et vivent ces êtres sanguinaires.Ils se déplacent de manière très rapide aussi bien en marchant qu’en sautant, ce que viennent symboliser les nombreux pano-travellings de même que le montage très rythmé et la bande son, mélange de hard rock et de folk.

Malheureusement, en dépit du fait que la mise en scène de Carpenter reste toujours irréprochable en terme d’inventivité technique et de montage, le schéma narratif beaucoup trop classique et conventionnel vient quelque peu troubler le plaisir véritable procuré par le film, sans même parler de l’absence totale de réflexion (ce qui n’était pourtant pas le cas dans « L’antre de la folie« , « They Live » ou même « Halloween« ), Carpenter ayant visiblement choisit de se focaliser sur l’action pure et dure, en allant directement à l’essentiel, un peu comme si « Terminator 2 » croisait le chemin de « Rio Bravo« .

Reste cependant que, à l’instar du reste de sa filmographie, « Vampires » met également en scène le mal et surtout la peur qu’il engendre, aussi bien moralement que physiquement, sur les personnages. Sur ce point-là, Jack Crow vient rejoindre sans problèmes les John Trent et autres Laurie Strode, antihéros des précédents films du réalisateur.

D’ailleurs, si Crow peut se voir lui aussi comme la figure classique de l’antihéros par excellence (celui qui ne veut pas d’attache, qui fait mine de ne vouloir plus s’intéresser à grand chose), on peut néanmoins le trouver par moments assez drôle. Interprété de manière à la fois cocasse et virile par James Woods, Crow, de par ses plaisanteries obscènes à l’égard du jeune prêtre et son sens de la répartie, confère au film d’avantage de plaisir.

Il faut également souligner que pour une fois, la VF se révèle plutôt de qualité, ne fut-ce que pour entendre James Woods parler avec la voix de… Yves Rénier. Si, si, le célèbre commissaire Moulin.

En somme, si Vampires est certes très loin du niveau de certains des films de Carpenter tels que « L’antre de la folie« , « The Thing » ou « They Live« , il n’en reste pas moins un film d’action efficace, à la réalisation ultra-rythmée et à l’interprétation de bonne facture.

Du bon petit cinéma à défaut d’être grand !

François B.

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