Alien : La Résurrection (1997)

Alien, la résurrection est un film de science-fiction horrifique américain réalisé par Jean-Pierre Jeunet.

Cinq ans après un Alien 3 (ou « cube », c’est selon) tièdement accueilli par la critique et le public, la Fox ne se décourage pas pour autant et décide d’ajouter un 4ème chapitre à la saga, histoire de réconcilier ceux (nombreux à l’époque) à ne pas avoir été convaincu par le film de David Fincher.

Fidèle à sa politique mise en œuvre depuis le tout premier Alien (un réalisateur différent pour chaque film), le studio se tourne donc vers un nouveau cinéaste, la petite différence résidant dans le fait que le réalisateur choisit pour mettre en boîte ce nouvel opus sera un Français, et pas des moindres : Jean-Pierre Jeunet.

En effet, séduit par l’esthétique visionnaire et décalé de ce dernier, les producteurs font tout leur possible pour le convaincre. Après moultes hésitations, l’ami Jean-Pierre finit par accepter, séduit par une expérience que lui-même qualifie encore aujourd’hui de surréaliste .

« Vous débarquez à Hollywood avec à la clé un gros cachet, une grosse bagnole, une villa avec piscine et vue magnifique et un film à gros budget sur les bras« , dixit Jeunet lui-même.

Bien que l’expérience l’ait quelque peu éreinté, il reste honnête en disant que, contrairement à son confrère américain David Fincher, il aura eu « un peu plus » de liberté sur son film; ce qui se ressent à l’écran.

Bref, que vaut donc ce quatrième opus que tout le monde redoutait tant au moment de sa sortie ? Objectivement parlant, Alien : La résurrection est certainement le film le moins palpitant de la saga du fait que Jeunet se contente essentiellement de réaliser un film d’action à l’originalité très sommaire, se contentant pour l’essentiel de reprendre les ingrédients de base des trois films précédents sans trop les modifier (Ripley qui se réveille une énième fois sur une planète inconnue, Ripley qui prend part un peu malgré elle à un groupe de mercenaires, le même groupe qui se compose – oh mon Dieu, quelle surprise !- d’un androïde de forme humaine), le tout en optant pour un ton très classique (les ennemis de départ deviennent alliés pour affronter ensemble l’ennemi commun qui ne cessera de jouer à cache-cache ou de bouffer de l’humain pendant tout le film).

Cela étant, malgré les défauts évidents de ce 4ème opus, force est de reconnaître que la patte Jeunet est bel et bien présente : esthétique à la fois sombre et grotesque, humour noir et décalé, goût pour les « gueules cassées » (Ron Perlman et Dominique Pinon figurent au casting), ses plans larges qui finissent le plus souvent en très gros plans sur la bouche des personnages… Bref, OUI, « Alien : La résurrection » est bien un film de Jean-Pierre Jeunet et c’est ce qui d’ailleurs rehausse un peu le niveau. Entre les mains d’un simple « yes man », ce 4ème opus aurait clairement pris l’allure d’une série B de luxe tout ce qu’il y a de plus bancale.

Le grand mérite de Jeunet réside dans le fait qu’il ait orienté la saga vers l’humour, allant même parfois jusqu’à lorgner du côté du grotesque, style personnifié par l’interprétation cabotine de Brad Dourif dans la peau d’un véritable savant fou, responsable de la résurrection de Ripley et aussi de celle des Aliens, par la même occasion.

Drôle, le film l’est sur de nombreux points, à commencer par ses dialogues, reposant le plus souvent sur des saillies machistes entre Ripley et les hommes du commando ou encore les plaintes de Dominique Pinon, savoureux dans son rôle de paraplégique ne cessant jamais de se plaindre. C’est donc de ses propres personnages que l’humour du film émane le plus souvent, en témoigne le groupe de mercenaires un peu péquenots sur les bords (autre élément typique de la touche Jeunet), qui peut se voir comme le pendant parodique du commando ultra viril et dopé à la testostérone d' »AlienS » de James Cameron.

En soi, l’idée de vouloir instaurer un grain de folie au film en optant pour une galerie de portraits peu crédibles est plutôt bonne, mais au final, ça ne change pas grand chose tant le film patauge dans le formalisme et la banalité de son scénario. De fait, ce n’est donc que partiellement que Jeunet parvient à véritablement exprimer ses idées formelles.

De même, le fait d’avoir opté pour un ton ocre orangé ou bleu clair au niveau des couleurs n’est pas une mauvaise idée mais au final, cela n’apporte rien de neuf aux séquences d’action qui restent très sommaires, on retiendra néanmoins la chasse sous-marine entre les Aliens et les membres du commando.

Enfin, l’éternel recours au mythe de Frankenstein pour tout justifier (le savant qui perd le contrôle de sa créature, entièrement livrée à elle-même et vouée à jamais au meurtre) est un peu facile, on ne peut en être que plus étonné quand on sait que le scénario de cet « Alien 4 » fut rédigé par Joss Whedon, le papa de « Buffy » et des « Avengers » version grand écran qui, pourtant, à l’instar de Fincher sur le 3ème film et Cameron sur le second, reste fidèle à la continuité narrative de la saga (le film gardant en tête le fait que Ripley meurt bel et bien à la fin du 3 et ne doit sa résurrection qu’aux progrès de la science). Le principal problème étant que Whedon se contente par la suite d’aligner les éléments scénaristiques calibrés pour ce type de production (lutte, course-poursuite, cascades, re-lutte, re-courses-poursuites, re-cascades, etc).

En résumé, Alien : la résurrection est clairement l’opus le moins convainquant de la saga, certes plus abouti que celui de Fincher, mais nettement moins marquant que ceux de Scott et Cameron; dont le salut repose uniquement sur le fait que Jeunet, en y greffant sa patte, soit parvenu à rendre le film plus décalé et plus grotesque (cette fois, dans le bon sens du terme) que ses prédécesseurs. On aurait espéré meilleure conclusion pour la saga…

François B.

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