La Leçon de piano, une déclaration étincelante et passionnelle sur le langage des sentiments

La Leçon de piano est un film franco-australo-néo-zélandais écrit et réalisé par Jane Campion, sorti en 1993.

Ce qu’il faut savoir sur cet incontournable :

– Le film a remporté la Palme d’or du Festival de Cannes 1993, ce qui représenta la première récompense dans l’histoire du festival pour un film d’une réalisatrice. Holly Hunter remporte le Prix d’interprétation féminine. La Leçon de Piano a été récompensé par 3 Oscars dont celui de la meilleure actrice et du meilleur scénario orignal.

– Holly Hunter a pratiquement assuré elle-même toutes les séquences musicales dans lesquelles on voit son personnage jouer au piano.

– Sigourney Weaver, Anjelica Huston, Jennifer Jason Leigh, Isabelle Huppert, Juliette Binoche et Madeleine Stowe ont chacune été envisagées avant que Holly Hunter ne soit choisie.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai découvert La Leçon de piano à l’âge de 12-13 ans, et cela été une incroyable et inattendue révélation. A l’époque, Holly Hunter m’avait impressionné, mais c’est plus Sam Neill qui m’a bousculé. L’acteur cassait admirablement l’image du gentil professeur Grant de Jurassic Park. Bref, j’assistais à un grand moment de cinéma et aujourd’hui, Arte nous propose ce chef d’oeuvre en VOST. Je ne peux évidemment pas rater l’occasion de le revoir.

Un petit mot sur l’histoire ?

Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à partager la vie d’un inconnu, au fin fond du bush néo-zélandais. Son nouveau mari accepte de transporter toutes ses possessions, à l’exception de la plus précieuse : un piano, qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant se résigner à cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier : regagner le piano, touche par touche en se soumettant à ses fantaisies…

Les premières minutes ?

Ambiance humide, grisonnante et mélancolique, voila ce qui transpire des premières images de Jane Campion. On assiste à des plans somptueux, sublimement accompagné par la musique de Michael Nyman. Dés ses premiers regards, ses premiers gestes, Holly Hunter (Ada)) nous embarque en portant parfaitement la vision de la cinéaste. On s’imprègne instantanément de tout ce qui est dans le cadre.

La scène sur la plage où Ada renaît avec son piano, est absolument magnifique. Un véritable tableau, où chaque note nous emporte avec elle. On assiste à vingt premières minutes pleines de charme et de la mélancolie, la réalisatrice nous offre un spectacle renversant.

Le casting ?

Jane Campion a composé de grands et beaux personnages, il fallait donc des acteurs et des actrices capable de leurs donner vie et en même temps de leurs apporter une part d’eux-mêmes. Pour cela, on peut dire que la cinéaste néo-zélandaise à vu juste. A commencer par Holly Hunter, qui livre sans conteste une de ses plus belles interprétations. L’actrice américaine est totalement habité par le personnage d’Ada. Chaque regard, chaque geste insufflent une froideur et une mélancolie troublante. Il faut souligner l’évolution dans le jeu de l’actrice et dans l’œil de Jane Campion, lorsqu’Ada reprend vie avec son piano ou avec l’amour qu’elle porte à Baines.

La transition est toute trouvée pour parler de Harvey Keitel, impeccable dans la peau de l’amant passionné. Une prestation juste et complémentaire à celle de sa partenaire. Ils forment tous les deux un couple magnifique.

De son côté, Sam Neill est excellent dans le rôle de l’homme trompé et dévoré par cette situation étouffante. Une interprétation qui démontre à quel point, s’est un grand acteur.

Pour finir, Anna Paquin est tout simplement la révélation de cette distribution. A 11 ans et pour son premier rôle au cinéma, l’actrice livre une interprétation d’une maturité époustouflante. Il est logique qu’elle ait été récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.

Et au final ça donne quoi ?

Du grand et beau cinéma ! Sans aucune hésitation, Jane Campion atteint le sommet de son art avec ce long métrage. Elle dépeint avec passion et sensualité, une histoire d’amour dans son intimité et son interdit. Une œuvre bouleversante où les sentiments exprime bien plus que les mots. La réalisatrice caresse le moindre mouvement de ses actrices et acteurs, on est bordé par cette délicatesse et l’atmosphère brumeuse qu’inspire la côté de Karekare en Nouvelle-Zélande. 

La mise en scène est d’un éclat renversant, chaque plan respire la maîtrise. Elle prend en compte l’environnement, les interprètes et le propos, pour aboutir à une véritable fresque. La lumière est magnifique captée et utilisée, la photographie de Stuart Dryburgh n’a jamais été belle que dans ce film. Le rythme et le montage ne font aucune fausse note, une communion totale avec la vision de la cinéaste.

Pour ce qui est du scénario, Jane Campion prend un postulat classique avec la femme, le mari et l’amant, pour lui distiller de  l’originalité et de la passion. La conception des personnages et leurs développements sont la grande force de la plume de Campion. En plus de ça, chaque acteur et actrice les incarnent parfaitement. Ensuite, le relationnel est orchestré avec intelligence et une grande sensibilité. Les sentiments et les émotions sont composées de manière à être à la fois réaliste et poétique. Même si elle est en toile de fond, l’aspect colonial et du choc de cultures sont subtilement traités.

La musique fait partie intégrante de la réussite artistique qu’est La Leçon de piano. Chaque note de Michael Nyman fait corps avec le regard et la sensibilité de Jane Campion. Le compositeur britannique signe un score absolument sublime, le meilleur de sa carrière.

En résumé, La Leçon de piano est une pure merveille, qui nous rappelle à pourquoi on aime tant le cinéma. Holly Hunter est époustouflante !

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Je connais ce film notamment pour la musique que je trouve splendide, envoutante et en même temps revigorante ! S’il passe sur Arte alors j’en profiterai pour aller voir ce chef d’oeuvre 🙂

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    1. Il va repasser, il faut surveiller 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Oui ou alors sur le site internet 😉

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