Les incontournables du cinéma selon Tim Burton

Tim Burton symbolise un cinéma fantastique proche de Disney, mais avec un côté dark bien ancré. Son univers et son sens du spectacle sont reconnaissables entre mille. Le cinéaste américain est devenu une référence du genre, il est intéressant d’observer quelles ont été ses influences cinématographiques.

C’est une courte liste de 5 longs métrages, que Tim Burton a livré lors d’une exposition le concernant à Melbourne. Ne vous attendez pas à du Coppola, Kubrick ou Hitchock, le réalisateur d’Edward aux mains d’argent a sélectionné 5 œuvres inattendues mais cohérentes avec son univers cinématographique.

Le Survivant (1971) de Boris Sagal

« Voir Charlton Heston déclamant des paroles dignes de Woodstock et portant des pantalons tout droit sortis de Gilligan’s Island – que de bonnes choses ! Ce que j’ai aimé dans ce film est que les vampires étaient joués par de vraies personnes. Ils avaient vraiment un look super – des robes noires, des lunettes de soleil. Ce n’était pas le cas de Charlton Heston sans chemise. [rires] Je suis comme obsédé par lui parce qu’il semble être le plus mauvais acteur de tous les temps. Entre ce film, La Planète des Singes, Soleil Vert et Les Dix Commandements – je sais bien que c’était un film religieux, mais je l’ai toujours perçu comme le tout premier film de zombies. Il commence en ressemblant à une vraie personne mais termine le film comme s’il était une sorte de zombie bizarre. »

La guerre des monstres (1970) de Ishirō Honda

« Un de mes préférés ! C’était le film préféré de ma fille à l’âge de deux ans. Elle faisait le Gargantua vert et mon fils faisait le marron, et elle aimait vraiment jouer le méchant Gargantua vert. Elle était aussi obsédée par ça que j’ai pu l’être. J’ai grandi en regardant des films de science-fiction japonais et j’aime particulièrement, à l’inverse de la plupart des cinéphages, les films doublés – il y a quelque chose dans cette forme de langage et dans la traduction qui filtre d’une certaine manière dans le film, c’est comme une poésie assez étrange. Il y a vraiment une beauté propre à ces films, à la conception japonaise des personnages – il y a une qualité humaine dans ce travail que j’adore. Les Monstres  étaient là les personnages les plus dotés d’âme. Je ne sais pas si c’est parce que les acteurs étaient vraiment mauvais, mais les Monstres étaient toujours le point cristallisant l’émotion. »

Le Voyage fantastique de Sinbad (1973) de Gordon Hessler

« Ray Harryhausen est une autre de mes sources d’inspiration. Il faisait tout par lui-même, vous savez, à une époque où c’était vraiment difficile de faire ça. Dans ses personnages – même ceux qui n’ont aucune personnalité – on peut sentir l’artiste qui a travaillé derrière tout ça. On peut sentir ses mains, et c’est vraiment quelque chose de rare, quel que soit le genre de film. Son jeu était meilleur que celui de n’importe quel acteur humain. C’est vraiment quelque chose qui est inscrit dans ce que j’aime dans le cinéma, je veux dire l’imagination, mais aussi tous ces éléments faits à la main, quand on peut vraiment voir le mouvement des personnages – c’est un peu comme Frankenstein ou Pinocchio, prendre un objet et l’amener à la vie. C’est pour ça que j’aime faire mes projets en stop-motion. »

The Wicker Man (1974) de Robin Hardy

« Ça ressemble à une comédie musicale un peu bizarre… En fait, contrairement au précédent, c’est l’un des films dans lesquels Christopher a joué qu’il préfère. Il n’a pas eu beaucoup de succès à sa sortie mais je pense que c’est vraiment un film génial et hypnotique. C’est un peu comme un rêve étrange. Un de ces films que je ne peux cesser de regarder parce qu’ils tournent dans votre tête comme un rêve. Ça me rappelle mon enfance à Burbank. Les choses semblent normales en apparence, mais si on creuse, elles ne sont pas tout à fait ce qu’elles paraissent. J’ai trouvé que ce film était vraiment un étrange mélange, tous les éléments y sont si bizarres… »

Dracula A.D. 1972 (1972) de Alan Gibson

« 1972, un excellent cru pour le cinéma ! [rires] Ce film fut l’une des raisons qui m’encouragèrent à déménager pour Londres car il bouge vraiment – c’est une sorte de mélange entre les films d’horreur de la Hammer et le Londres qui bouge. Il y a cette scène où ils reviennent, je ne sais pas, de 1569 , n’importe, et il y a un mélange de rock et d’un avion à réaction, en gros, il y a un espèce de juxtaposition complètement bizarre de choses. J’ai appris à connaître Christopher Lee avec les années, et je sais que ce film est loin d’être dans ses préférés. Je pense que la Hammer était sur le déclin et qu’ils se sont dit : « hé, soyons branchés ! », ce qui était franchement une erreur ! Mais parfois, j’adore les erreurs ! »

Une sélection qui reflète quelques pièces du cinéma Burtonien, aussi bien sur l’aventure, la comédie musicale ou encore le fantastique horrifique.

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. taupechef dit :

    On peut toujours compter sur Tim pour un choix décalé ! 🙂

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  2. princecranoir dit :

    J’adore ces choix !
    Toutefois, choisir sans doute le pire Dracula de toute la collection Hammer est tout de même un brin cynique. Tout comme se payer la tête de Charlton Heston (sur lequel il est de bon ton de tirer à boulets rouges pour son appartenance à la NRA) après lui avoir infligé une ultime participation simiesque à sa version calamiteuse de « la planète des singes » n’est non plus très charitable. Ceci dit, j’ai toujours raté l’occasion de voir cet « Omega man » de Sagal, adaptation de « je suis une légende » qui refuse de dire son nom. Sur Harryhausen et « The wicker man », je valide à 200 %.

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