The Game (1997)

The Game est un thriller américain réalisé par David Fincher.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Le projet a erré pendant cinq années dans les couloirs de la Metro-Goldwyn-Mayer, de la Propaganda Films pour aboutir dans les mains du producteur Steve Golin (Babel, Sailor & Lula) à la PolyGram Filmed Entertainment. Suite au grand succès de Seven, le producteur contacte David Fincher pour réaliser le film. Le réalisateur est séduit par le script, mais demande à ce qu’il soit retravaillé par Andrew Kevin Walker, avec qui il a collaboré pour Seven. La requête est acceptée.

– Jeff Bridges et Jodie Foster étaient initialement prévus, pour le Conrad Von Orton. L’acteur déclina la proposition, tandis que le choix de l’actrice impliquait une réécriture du personnage. L’idée d’une sœur fût abandonnée. Sean Penn est finalement engagé.

– Lors de sa sortie en salles, The Game rencontre un beau succès critique et commercial avec plus de 137 millions de dollars pour un budget de 50 millions.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Certains diront que The Game est à regarder une fois pour le plaisir du twist final, ce qui est réducteur de résumer le film à ça. Pour ma part, ce long métrage mérite plus d’attention qu’il n’y parait. Chaque rouage artistique de cette œuvre manipulatrice, reste intéressant à observer ou entendre. Laissez-moi vous le prouver…

Un petit mot sur l’histoire ?

À San Francisco, Nicholas Van Orton (Michael Douglas) va fêter ses 48 ans. 48 ans c’est aussi l’âge auquel son père a mis fin à ses jours. Il semblerait que rien ne puisse perturber la vie organisée de cet homme d’affaires richissime, avide de pouvoir, froid, distant et triste. Mais c’est sans compter son petit frère Conrad Van Orton (Sean Penn), ancien camé, qui passe sa vie à ne rien faire sinon à dépenser son argent. Conrad va lui offrir un cadeau original pour son anniversaire, une carte de visite d’une société « d’organisation de spectacle », la Consumer Recreation Services que Nicholas est prié d’appeler. Conrad explique à Nicholas que dès qu’il les aura appelés, « le jeu » viendra à lui.

Les premières minutes ?

L’ouverture nous dévoile un tourbillon d’images prises en Super 8, que la musique d’Howard Shore accompagne avec mélancolie. Cette introduction nous montre avant-tout l’enfance de Nicholas, et la présence fantomatique de son père à ses côtés. Une ombre qui s’impose à lui et dont la tragique disparition va terriblement le marquer.

Ces images agissent comme du sel sur une plaie ouverte pour l’homme qu’est devenu Nicholas, elles le hantent continuellement surtout qu’il approche du même âge que lui lorsqu’il s’est suicidé. David Fincher instaure le miroir de façon simple et efficace. Nicholas est homme d’affaire aigris, sans ami, ni femme, ni enfant. Son goût pour la vie et la joie apparaissent comme inexistants. A la différence de son frère Conrad, qui est tout le contraire. Il a repris goût à la vie après une cure très spéciale chez CRS. Le cadeau d’anniversaire de Nicholas est tout trouvé !

Bien sûr, David Fincher traite tout ça de manière subtile, la psychologie des personnages est plantée en référence à leur passé commun. Le premier quart d’heure est la toute première pièce du puzzle.

Le casting ?

Michael Douglas est un grand habitué du genre, et il s’y est toujours montré à son aise. Pour The Game, il ne déroge pas à la règle. L’acteur vedette de Basic Instinct et Liaison Dangereuse, s’expose comme l’instrument parfait pour nous manipuler. David Fincher est conscient du talent de son acteur, et il en tire le meilleur. Le spectateur vit le puzzle en même temps que le protagoniste, et se pose les mêmes questions. Tout ça pour dire que, Michael Douglas est impeccable !

Même si ils n’apparaissent à peine que cinq minutes au total dans le film, Sean Penn et Deborah Kara Unger accentuent à merveille les sensations et les émotions auprès de Nicholas. Chaque intervention de leurs parts, est là pour déstabiliser un peu plus le personnage interprété par Michael Douglas.

James Rebhorn, Peter Donat et Anna Katarina font le job sur de courtes apparitions.

Et au final ça donne quoi ?

Après ce cinquième visionnage, The Game reste un thriller psychologique de très bonne facture. David Fincher n’est pas au sommet de son art, mais son labyrinthe « identitaire » est délicieux. Le cinéaste démontre qu’il est l’un des meilleurs en ce qui concerne le genre. Il prend un malin plaisir à nous manipuler sur chaque plan, jusqu’à nous pousser au doute. C’est l’une des grandes forces du cinéma que défend David Fincher. On n’est jamais sur de rien, jusqu’à la dernière seconde, et encore…

Comme il a été souligné ci-dessus, la mise en scène est plus près de Nicholas Van Orton. Autour de lui tout est froid et sombre, ce qui colle parfaitement avec le personnage et participe à l’ambiance inquiétante du long métrage. Cela nous rappelle un autre grand film du réalisateur, à savoir Zodiac. David Fincher orchestre ses scènes dans les détails, pour mieux y revenir plus tard. Un jeu de tiroirs et de miroirs toujours aussi bien articulé. Toutefois, on aurait aimé découvrir les différentes ficelles scénaristiques que la société CRS avaient prévu. Cela aurait donné encore plus l’impression d’une maitrise totale du sujet. La photographie est aussi fascinante qu’abyssale, tout comme l’œil de Fincher. Le montage de James Haygood  (Fight Club, Lone Ranger) entretient efficacement le rythme de la machination et de son suspens.

Sur le papier, on retrouve les thématiques « classiques » du cinéaste, à savoir la quête identitaire aux confins de la destruction. Il porte aussi un regard sur la famille et la société. Même si il n’a pas été crédité au générique, la patte d’Andrew Kevin Walker est omniprésente à travers les différents thèmes et sur l’importance porté sur les détails. Ce scénariste passe malheureusement inaperçu, alors qu’il a une plume qui rend le script plus viscéral qui ne l’était déjà. C’est un vrai homme de l’ombre qui apporte son regard méticuleux a beaucoup apporté à David Fincher sur Seven, Fight Club, The Game et Panic Room.

Pour finir, la musique d’Howard Shore apporte juste ce qu’il faut pour souffler la mélancolie et le mystère au film. Il en ressort deux thèmes importants qui illustre cela, House of pain et Happy Birthday Nicholas. A noter aussi, l’excellente utilisation du titre White Rabbit de Jefferson Airplane.

En résumé, The Game est une œuvre palpitante qui se laisse découvrir et redécouvrir. La rencontre logique entre David Fincher et Michael Douglas, deux hommes de thriller.

Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Julie Juz dit :

    Je plussoie ! Il peut très bien se regarder plusieurs fois sans perdre en qualité ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. taupechef dit :

    Je le reverrais avec plaisir.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s