Star Wars – Episode IV : Un nouvel espoir

La Guerre des étoiles … pas besoin de présenter ce film. Il faudrait être débarqué d’une autre galaxie pour n’avoir jamais entendu parler de La Guerre des étoiles ou de Star Wars, ne pas avoir vu, ni entendu ne serait-ce qu’une minute le bruyant Dark Vador et son sabre-laser.

1977. Le film sort et personne ne semble miser sur son succès. Pourtant, il bat les records d’entrée dès sa sortie et lance une des sagas les plus cultes du cinéma.

Notre critique ne se penchera pas sur le contexte historique du film, ni sur sa réception, ni sur ce qu’on pouvait lui trouver de novateur à l’époque : nombre de critiques l’ont déjà effectué. Nous essayerons d’établir plutôt la critique du point de vue d’un spectateur contemporain, c’est-à-dire d’un spectateur d’aujourd’hui qui découvre pour la première film ce film. Nous tâcherons de savoir si le film peut toujours plaire au public de notre époque. Vous êtes prêts ? Vitesse lumière Chewie !

Guidés nous sommes …

Le film nous guide dès l’ouverture : le long texte défilant sur fond étoilé nous pose les bases et le contexte de l’intrigue. On nous parle de guerre civile, d’une rébellion, d’un démoniaque empire galactique (« evil Galactic Empire»). On nous parle de plans secrets de l’arme ultime de l’Empire, l’Etoile de la Mort qui est capable de détruire une planète entière. On parle également de la princesse Leïa qui pourrait sauver la galaxie et lui rendre sa liberté … Belle prolepse ! Néanmoins, cela n’empêche pas le long-métrage de commencer fort avec un combat spatial entre un gigantesque, titanesque vaisseau impérial et un frêle, minuscule navire rebelle.

Récit d’apprentissage traditionnel mettant en scène des personnages aux fonctions définies.

On se rend rapidement compte où on veut nous emmener : vers un récit d’aventures, une sorte de conte intergalactique. Le film semble respecter le schéma actanciel de Greimas et s’inspire des travaux de Joseph Campbell, Le Héros au mille visages (ce dont Lucas ne se cache pas d’expliquer dans des interviews). L’histoire prend alors une dimension mythologique.

Luke Skywalker, le protagoniste est le héros en devenir. Le film se focalise sur ce jeune fermier. La Guerre des étoiles devient un récit d’apprentissage. Vivant sur Tatooine, une planète entièrement recouverte de sable où rien ne paraît pousser, le jeune homme ne désire que partir de cette terre infertile. Il ne veut pas vivre comme son oncle et sa tante et ne s’occuper que de sa terre. Il rêve d’un ailleurs. Tout comme son père rappelle son oncle.

Les deux robots fugitifs, R2 et 6PO, et une série d’événements vont pousser Luke à rencontrer la figure énigmatique de Ben Kenobi, un vieil ermite aux allures de Merlin. Dans son antre, en grand conteur, il va lui parler de l’ordre Jedi, de son père, d’une guerre … Il presse Luke de voler au secours de la princesse Leïa et d’accomplir en quelque sorte sa destinée. Mais notre héros est tiraillé entre ses rêves d’aventures et ses obligations morales vis-à-vis de sa famille d’adoption. Malheureusement, celle-ci sera tuée par l’Empire. Cette mort le déterminera à s’engager dans la guerre entre l’Empire et la rébellion.

Et comme chaque héros en devenir, il va rencontrer des adjuvants (Ben, Han …) et des antagonistes (Dark Vador, l’Empire …) et entame une quête (sauver la princesse). La première scène nous présente le grand méchant, Dark Vador, piégeant et enlevant la princesse en danger, Leïa que le héros devra sauver. Cependant, là où on attendrait la figure de la femme en détresse, la princesse Organa reste une rebelle, une combattante, elle a du caractère et mènera le groupe à plusieurs reprises. Cette originalité dans un récit de ce genre sera appréciée. En revanche, l’antagoniste, Vador, semble monolithique dans ce premier film : il représente la figure d’un Lucifer, ange déchu (chevalier jedi déchu) ayant trahi ses pairs. Ce manque de nuances peut décevoir. Mais son étoffement dans les films suivants rassurera le spectateur.

Les adjuvants quant à eux ont plusieurs fonctions. Han Solo incarne l’allié, le meilleur ami du héros. Son comportement jovial, parfois cynique, parfois roublard le rend attachant. On pourrait craindre que le personnage tende vers une caricature de l’acolyte charismatique au grand cœur mais le contrebandier parvient à rester singulier grâce au jeu d’acteur de son interprète et de son pragmatisme. Nous pourrions également parler de Chewbecca, le meilleur ami d’Han solo, un autre adjuvant de Luke Skywalker. Mais intéressons-nous plutôt au duo comique robotique : R2D2 et 6PO. Le jeune spectateur les trouvera assurément drôles et attachants. Nous détenons le couple parfait : le petit téméraire et borné et le grand plus craintif et barbant. Pour un spectateur plus âgé, ces deux personnages peuvent vite s’avérer agaçants.

L’intrigue ainsi que les personnages ne bouleversent pas l’horizon d’attente du spectateur d’aujourd’hui. Même la tragédie sur l’Étoile Noire ne choque pas le public : elle a déjà été vue à de nombreuses reprises dans d’autres longs-métrages. Tout est prévisible parce que l’histoire demeure traditionnelle et sans réelles surprises (bien qu’elle pouvait sembler originale à l’époque). Mais là où pêche encore aujourd’hui La Guerre des étoiles, c’est dans l’originalité de son univers, de ses figurations, de sa musique et de sa mise en scène.

Le charme de La Guerre des étoiles

Un univers parallèle au nôtre n’est pas si aisé à construire. Il faut qu’il soit cohérent, bien construit et que le spectateur ait l’illusion qu’il existe quelque part. Et George Lucas y parvient. Il nous plonge immédiatement dans son monde : c’est d’ailleurs ce qui fait encore son succès aujourd’hui. Le réalisateur a développé toute une mythologie autour d’une énergie invisible et mystique : la Force. La Force sera développée par Yoda dans la suite. Elle semble faire partie de toute chose. Cette dimension mystique et ésotérique attire et charme le spectateur rêveur. Comme me l’a rappelé à juste titre un des critiques de ce site, on perd cet aspect dans la prélogie à cause de la théorie midichlorienne (qui n’est toutefois pas sans intérêt pour moi) et c’est bien dommage.

Nous découvrons deux planètes dans ce premier volet. Tatooine est la planète de départ où rien ne pousse : notre héros n’a encore appris de son aventure, il est en devenir, il est nu. Yavin 4 est la planète d’arrivée : ses forêts, sa végétation ainsi que ses bâtiments monumentales montrent l’évolution de notre héros à qui il est arrivé nombre de péripéties. Toutefois, le voyage ne se borne pas à ces deux planètes : notre héros vogue un certain temps dans l’espace et s’arrête un moment sur une planète artificielle, l’Étoile Noire, pour sauver Leïa.

Ce qui fait aussi l’originalité de La Guerre des étoiles, c’est que son histoire se déroule « il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine » : curieux pour de la science-fiction non ? Lucas va plus loin : il donne même une impression de vétusté à son univers. On le constate avec les vaisseaux : l’exemple le plus parlant demeure le Faucon Millénium. La poussière est omniprésente.

L’utilisation de maquettes, de peintures, des décors, des costumes reste pour le spectateur d’aujourd’hui intéressant à observer. La mythique scène de la Cantina est une perle cinématographique grâce aux costumes, à l’accompagnement musical mais aussi aux choix de plans.

Nous pouvons aussi parler de la musique composée par John Williams, récompensé d’ailleurs en 1977 pour son travail sur le film. La bande originale est des plus réussies et accompagne merveilleusement bien l’œuvre. Il a produit des thèmes inoubliables (« Imperial Attack », « Princess Leia’s Theme », « Tales of a Jedi Knight », « The Throne Room » …). Bien après avoir regardé le film, nous y restons plongés, ayant encore quelques bribes de la musique en tête. Toutefois, il faut rendre à César ce qui est à César : il a été influencé par de nombreux compositeurs classiques. La ressemblance avec certaines compositions est manifeste (écoutez par exemple « Intermezzo » de Puccini de 1898 pour Manon Lescaut) mais s’inspirer fortement d’un artiste était une pratique courante à Hollywood.

Plus qu’un produit : une ode à la rêverie intergalactique

George Lucas ne s’est jamais caché qu’il avait en partie réalisé ses films pour vendre des jouets et divertir le jeune public. Certains détracteurs de la saga s’appuient souvent sur cet argument. Pourtant on ne peut pas réduire La Guerre des étoiles à un simple film, à un simple blockbuster pour des jeunes spectateurs.

En résumé, Star Wars – Episode IV : Un nouvel Espoir est un conte intergalactique, certes assez traditionnel (à nuancer toutefois) dans sa structure, dans un univers foisonnant, travaillé et atypique. Lucas est parvenu à faire plonger, petits et grands, dans une galaxie dans laquelle des chevaliers/samouraïs se battent à bord de vaisseaux spatiaux à coup de sabre-lasers. Même si on n’apprécie pas le graphisme, la tonalité du film, ou l’histoire, on s’en souviendra : tant La Guerre des étoiles a son empreinte propre, et sur bien des plans.

Paul E.

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