Star Wars – Episode V : L’Empire contre-attaque (1980)

Star Wars – Episode V : L’Empire contre-attaque est un film américain de science-fiction co-écrit par George Lucas et Lawrence Kasdan, et réalisé par Irvin Kershner.

Après le succès de La Guerre des étoiles, une suite sort au cinéma en 1980. Intitulée L’empire contre-attaque, ce second volet ne sera pas réalisé par George Lucas mais par Irvin Kershner mais toujours écrit par son créateur, et secondé par Lawrence Kasdan.

Nous allons essayé de comprendre pourquoi ce film est considéré comme le meilleur de la saga et pourquoi il apparaît souvent au sein des listes des meilleurs films réalisés.

Une suite incontestable…

Nous retrouvons l’Alliance Rebelle sur une planète entièrement recouverte de glace, Hoth. Tous ses membres, y compris nos héros – Luke, Leïa, Han, paraissent figés. Le contrebandier et son associé à poils, Chewbecca, semblent aussi coincés sur cette planète où tout est figé : ils réparent toujours leur vaisseau, le Faucon Millenium. Il faudra que l’Empire et le maléfique Dark Vador envoient une sonde puis les trouve pour que la rébellion sorte de son hibernation et se sauve dans l’espace.

Nous retrouvons l’ambiance et toute la galerie des personnages introduits dans le précédent opus. Nous nous focalisons toujours sur Luke mais nous pouvons également remarquer que dans ce long-métrage, l’on insiste davantage sur le personnage d’Han (et ce n’est pas plus mal).

… et une suite plus ambitieuse !

La Guerre des étoiles proposait une intrigue efficace mais sur un ton plus léger que son successeur. Le ton devient plus sérieux, même plus sombre : ne serait-ce que dans l’intrigue elle-même avec la scène de torture d’Han, les apparitions de monstres amateurs de chair humaine et ce qui arrive à notre pauvre contrebandier. Nous constatons que Luke a gagné en maturité : le film aussi. Toutefois, le long-métrage ne perd pas de vue un de ses principaux objectifs : plaire au jeune public. Le duo comique robotique est toujours là pour susciter les rires du public.

Nous pouvons noter un travail dans l’écriture des dialogues. Les blagues font mouches : que ce soit dans la version anglaise ou française. Han Solo se lâche davantage et même si 6PO peut s’avérer très agaçant à certains moments, ses interventions sont contrebalancées par celles du contrebandier qui essaie de séduire la princesse. On attendait une romance entre le héros, Luke, et l’héroïne, Leïa. Cependant, la princesse semble davantage avoir des sentiments pour le vaurien et le contrebandier Han Solo. L’écriture de cette romance est des plus réussies et nous laisse des dialogues mémorables comme « autant embrasser un wookie » lancée par Leïa.

Le mysticisme de la Force et la puissance scénaristique de Yoda.

Les enjeux soulevés sont plus adultes. Le choix de Luke à Dagobah, choisir entre la vie de ses amis et son entraînement, semble assurément cornélien : il décide néanmoins de risquer sa survie, et celle de la galaxie pour sauver ses alliés.

Notre héros part avec R2D2 sur la planète marécageuse de Dagobah où s’est réfugié un grand maître Jedi, Yoda. Cette planète sauvage (on aperçoit un serpent à l’arrière-plan à plusieurs reprises), brumeuse renforcent le mystère planant autour du Jedi et de la Force. Cet aura de mysticisme apporte de l’épaisseur au film mais surtout de l’intérêt, de la curiosité. Qu’est-ce qu’est vraiment la Force ? Elle se dévoile en partie grâce à la créature de Frank Oz.

Quel personnage ! Il reste pour moi le personnage le plus travaillé de la saga et l’un des plus intéressants avec Dark Vador. Yoda va passer un test à notre héros qui ne cesse de sous-entendre sous identité (« cherché, tu as trouvé quelqu’un moi je dirais », « un Jedi très puissant il était » en parlant du père de Luke). Cependant, Luke voit en Yoda « un grand guerrier », un puissant et imposant chevalier. La curieuse créature se campe en figure de sagesse : « personne par la guerre ne devient grand » rappelle t-il à Luke. Les apparences peuvent être trompeuses. Il joue avec l’apprenti Jedi en faisant l’enfant pour connaître ses limites. Il constate qu’il est trop impatient, et s’abandonne trop facilement à la colère : « je ne peux rien lui apprendre, cet enfant n’a aucune patience », « trop de colère en lui comme son père » … Pourtant Ben Kenobi et Luke le pousseront à enseigner l’art Jedi.

L’enseignement de Yoda nous permet de nous apprendre plus sur les mystérieux Jedi et la Force. Les Jedi ne sont pas des guerriers, ils ne se battent que pour se défendre assure t-il. La Force, quant à elle, est tout autour « de nous ». « La vie l’a créée, l’a faite grandir, son énergie nous entoure et nous relie. Nous ne sommes pas seulement faits de matière brute. »

Nous pensions que Luke avait accompli sa destinée à la fin du premier épisode. Mais nous comprenons qu’il lui reste du chemin à parcourir avant de la réaliser. Il faut changer son caractère : son esprit aventureux du premier épisode dans lequel il voulait quitter sa planète natale est un frein dans sa formation. « Il a regardé vers l’avenir, vers l’horizon, jamais il n’a regardé là où il était, ce qu’il faisait. L’aventure, l’agitation, ces choses, un Jedi ne les désire point. Tu es insouciant. Il est trop âgé. » explique Yoda à Ben et à Luke. Ce dernier doit devenir sage, doit vivre dans le présent pour communier avec la Force. Sa témérité lui fait dire qu’il n’a pas peur. Le vieux maître Jedi se moque de lui : « tu auras peur ». Malgré les leçons de philosophie de Yoda qui s’accorde avec Descartes et d’autres penseurs humains (« désapprendre tout ce que tu as appris tu dois »), Luke reste insouciant et ira secourir ses amis sans avoir achevé sa formation.

La tentation du côté obscur, la tentation du mal et le traitement des antagonistes.

« Qu’il y a t-il là-dedans ? » demande Luke à son maître. « Ce que tu apporteras » si tu es séduit par le côté obscur, lui répond Yoda. Dans la grotte, Luke cédera à sa pulsion guerrière et tuera ce qu’il croit être Dark Vador mais qui n’est qu’un fantôme. Quand le masque se brise, il retrouve son propre visage.

Pendant tout le film, le côté obscur tente de séduire Luke. Sa conversion au côté lumineux de la Force ne semble pas aisé : il n’arrive jamais à croire aux pouvoirs de l’énergie mystique. La scène du vaisseau plongeant dans l’eau en est une belle allégorie : il parvient à peine à le faire sortir de l’eau. « J’arrive pas à y croire » s’exclame notre héros quand Yoda soulève avec la Force son vaisseau. « Voilà pourquoi tu échoues » lui répond son maître.

Lorsqu’il s’apprête à secourir ses alliés, Yoda lui rappelle son échec dans la grotte, « ne t’abandonne pas à la haine ». Sur Bespin, Leïa a le temps de lui crier qu’il s’agit d’un piège avant d’être emmenée mais l’amitié est trop forte : Luke tombe bêtement dedans. Il se retrouve en Enfer (la pénombre et la couleur rouge le suggèrent) face à l’archange déchu, Dark Vador. « La Force est avec toi jeune Skywalker mais tu n’es pas encore un Jedi » : telle est la première phrase du seigneur Sith. Nous sommes à la rencontre attendue entre les deux adversaires : un duel de chevaliers va avoir lieu.

Dark Vador demeure le tentateur direct du côté obscur : « libère ta colère », « sois mon allié et je terminerai ta formation », « si seulement tu connaissais le pouvoir du côté obscur ». Et lors de l’ultime révélation, Luke est brisé sur le plan moral mais aussi sur le plan physique (il lui manque une main). Mais il ne se laisse pas séduire par son père et préfère se laisse emporter par le vide. Malgré cette victoire de Luke sur le côté obscur, Dark Vador prononce cette phrase qui laisse envisager que la conversation de son fils au côté obscur reste encore envisageable : « Luke, tel est ton destin. »

Le danger omniprésent : un travail sur l’attente et le suspens.

La menace est omniprésente dans cette épisode. L’Empire apparaît toujours aussi grand, monumental, puissant, dangereux : on le remarque à la taille des croiseurs interstellaires par rapport aux vaisseaux de l’Alliance mais aussi par les titans de ferrailles bombardant les petits rebelles sur Hoth.

L’épisode aime jouer avec les nerfs du spectateur, surtout lors des péripéties d’Han et de Leïa. Lorsqu’ils se retrouvent dans l’estomac d’un énorme monstre, lorsqu’ils se retrouvent poursuivis par Boba Fett sans le savoir, lorsqu’ils se retrouvent face à Vador … Le spectateur a peur pour les personnages. Preuve que l’équipe du film a réussi à toucher le public.

Un suspens intenable est créé à cause de Yoda : « un insouciant, je l’avais dit, maintenant pire sont les choses » (Yoda), « il était notre dernier espoir » (Ben Kenobi), « non, il y en a un autre » (Yoda). Mais de qui parle Yoda ? Pour le spectateur qui n’a vu que les deux premiers films, l’attente est insoutenable. Il a envie de connaître l’identité de cet autre espoir.

Des scènes d’anthologie !

Si un film parvient à inscrire dans la mémoire des spectateurs certaines de ses scènes, c’est qu’il a réussi son objectif.

Nous venons parler des scènes où apparaissent maître Yoda. Elles resteront mémorables dans l’esprit du spectateur. Nous pourrions également parler du duel de Luke contre Vador mais également de la dernière scène de romance entre Han et Leïa (« Je t’aime !» (Leïa), « Je sais. » (Han)). Les scènes de guerre sur Hoth sont aussi remarquables.

Toutefois, la scène qui est devenue l’un des moments les plus célèbres du cinéma reste la révélation de l’identité du père de Luke. Elle a néanmoins perdu de son charme à cause de ses nombreuses reprises et parodies.

L’Empire contre-attaque est la suite directe et fidèle de La Guerre des étoiles : elle respecte son esprit mais va encore plus loin. Le film propose une intrigue plus adulte aux problématiques intéressantes et nous livre des scènes mémorables. Les anciens personnages s’étoffent et de nouveaux se révèlent être de très bonnes surprises comme Yoda. L’aura mystique planant autour de Yoda, de sa planète Dagobah et de la Force renforce l’intérêt du public pour le long-métrage. Dommage que le troisième volet soit moins ambitieux que son prédécesseur et réponde plus à des impératifs de studio …

Paul E.

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