Cogan : Killing Them Softly (2012)

Cogan : Killing Them Softly est un polar méricain écrit et réalisé par Andrew Dominik.

Vous désirez voir un bon film de gangster ? A la fois classique et novateur dans ses thèmes de prédilections ? Alors, Cogan est fait pour vous.

En effet, cette petite merveille du ciné US porte un regard neuf sur le monde des (petits) malfrats. L’intrigue du film se déroule en 2008, en pleine campagne électorale (McCain contre Obama) et en pleine crise économique et financière. Même les gangsters n’y échappent pas ! Et pour avoir eu la malchance de braquer un casino pourri (dans tous les sens du terme) au mauvais moment, deux jeunes voyous-losers (des gamins sans expériences) vont en faire les frais.

A partir de ce moment-là, le film va partir dans une critique acerbe et cynique à souhait du climat social américain, vu à travers les yeux de petites frappes pas très douées, perdue dans un climat politique et social qui les dépasse.

Tout en restant fidèle, aux codes du film de genre (intrigue volontairement alambiquée, caïd sans scrupule, truands influencés et perdus par la drogue), le réalisateur Andrew Dominik, auteur du déjà remarquable « L’assassinat de Jesse James… » (2007), se permet de les réinventer d’une façon osée et plutôt drôle, sans jamais sombrer dans le pastiche ou la parodie. Ainsi, le caïd d’apparence sérieuse et sans scrupules, apparaît ici comme fatigué de la vie et dépressif, noyé dans un océan d’alcool et de prostituées, incarnée de maîtresse façon par le regretté James Gandolfini.

De son côté, dans le rôle-titre, le décidément perspicace Brad Pitt campe un excellent portrait de tueur à gages charismatique, sûr de lui, précis et surtout plus futé que la moyenne des personnages qu’il croise sur sa route. Soulignons aussi la solide interprétation du trop rare Ray Liotta, dans un rôle à contre-emploi, soit celui d’un pauvre type malchanceux au possible, servant de véritable punching-ball humain pour la plupart des protagonistes du film.

Si Cogan est un film plutôt classique, sa réalisation réserve néanmoins quelques grandes scènes d’inventivité et d’efficacité. En atteste la séquence d’ouverture, superbement filmé et très imaginative, dans lequel l’un des deux jeunes braqueurs du casino court au loin comme pour fuir un monde qui n’a que faire de lui et de sa situation sociale, avec en arrière-fond les paroles de Barack Obama et de Georges W.Bush à propos d’une Amérique unie.

De même, le style froid et « rock n’roll » (influence Tarantinienne s’il en est) de la mise en scène contribue au côté contemplatif du film, véritable portrait social de son temps.

Enfin, la fin « inachevée » (dans le style Killer Joe ou No country for old men) finit par faire de Cogan l’un des films américains contemporains les plus intéressants de ces dernières années, de même qu’un film culte (on peut même parler de CLASSIQUE) en devenir.

François B.

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