Après Séance : Star Wars – Episode VIII, Les Derniers Jedi

Star Wars, Episode VIII : Les Derniers Jedi est un film de science-fiction écrit et réalisé par Rian Johnson.

Après les satisfactions qu’ont été Le Réveil de la Force et Rogue One et en tant que grand fan de la saga, on se devait de ne pas rater ce huitième épisode. Cette fois-ci, c’est Rian Johnson (Looper) qui prend les commandes. Ses interviews et les premières images nous ont hautement fait saliver d’impatience. Aujourd’hui, c’est le grand jour ! Nous allons enfin savoir si cet épisode s’inscrira comme l’un des meilleurs de la saga, on n’en attend pas moins. La base « tremplin » établit par J.J. Abrams se doit d’avoir une réponse, tout en hissant le niveau de la mythologie.

Un mot sur l’histoire ?

Pour la première fois de la saga, le film reprend l’histoire exactement là où celle de l’épisode VII s’est achevée. On avait quitté Rey face à un Luke Skywalker tourmenté. L’heure de sa formation semble avoir sonné, tout comme celle de Kylo Ren auprès du mystérieux Suprême Leader Snoke. De son côté, la Résistance va tenter de réduire le Premier Ordre à néant. Cela nous promet des étincelles de partout !

Les premières minutes ?

La Résistance est affaiblie et elle est poursuivie de très près par le Premier Ordre. Rian Johnson ouvre son long métrage avec une belle séquence dans l’espace où l’on en prend déjà plein les yeux et les oreilles. A travers ce premier quart d’heure,  on voit déjà que Poe Dameron aura un traitement plus intéressant que dans l’opus précédent. Ses motivations et ses actes sont remis en cause avec subtilité.

Du côté de l’île, ça démarre tranquillement avec Luke et Rey. Au vue des premiers moments, j’espère juste que l’humour ne sera pas trop accentué. La surenchère pourrait vite me faire sortir du film, malgré les intérêts que cet épisode représente.

Le casting  ?

En première ligne, Daisy Ridley incarne toujours aussi bien Rey. Son jeu d’actrice concorde efficacement avec l’évolution de son personnage. Il en ressort une certaine aisance, ainsi que de la place pour progresser.

Comme le laissait entendre l’épisode précédent, Adam Driver en impose de plus en plus. La trajectoire que prend Kylo Ren donne de l’étoffe à son interprétation. Et il faut souligner encore une fois, qu’il ne faut pas le comparer à Dark Vador. Il s’agit d’un tout autre personnage avec une sensibilité qui lui est propre.

Dans la peau de Poe Dameron, Oscar Isaac prend plus d’importance. Rian Johnson donne plus de relief au « commandant « de la Résistance dans sa quête de victoire. De son côté, Finn voit sa quête identitaire s’approfondir. Son interprète, John Boyega nuance sa prestation et lui donne un aspect plus aguerri.

Mark Hamill et Carrie Fisher gagnent en intensité, leurs rôles bénéficient d’un second souffle qui souligne aussi la maturité que véhicule le long métrage.

Pour les petits nouveaux, on retient surtout Benicio Del Toro dans le peau d’un « vrai » chasseur de primes. Il amène avec lui de manière intelligente, l’aspect opportuniste de la guerre.

Et au final ça donne quoi ?

Rian Johnson s’approprie totalement la saga ! Il a réussi à imposer ses choix et son identité artistique du début à la fin. On ne peut pas dire que le cinéaste a manqué d’audace, puisqu’il remet en question l’ensemble de la mythologie. Fallait le faire ! Et évidemment, ce culot va diviser.

Pour ma part, la saga avait besoin d’un nouveau regard, d’une nouvelle approche pour continuer à réellement évoluer. Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi ne ressemble à aucun autre épisode. Rian Johnson secoue les codes pour nous offrir un film qui pousse un peu plus à la réflexion en étant spectaculaire, et c’est ce qu’on a toujours attendu de la part d’un épisode de Star Wars.

La mise en scène respire la fibre artistique de Jonhson, elle nous offre du spectacle tout en laissant apparaître de la profondeur et une remise en cause. On pousse le spectateur à réfléchir sur ce qui se passe à l’écran, à travers des scènes d’une audace folle. Les différentes atmosphères et le rythme s’additionnent parfaitement. Honnêtement, on peut dire merci à la production et à Rian Johnson pour autant de partis pris. Dans son ensemble, ce culot est intelligent orchestré. Juste une mise en garde pour l’avenir, attention de ne pas sombrer dans l’humour facile et les rebondissements trop gros. Rian Jonhson flirte avec avec la surenchère, sans franchir la limite.

Sur le plan scénaristique, c’est tout aussi riche et novateur. Sa structure narrative aurait pu être casse-gueule, mais tout s’emboîte à merveille. Les différents enjeux, les multiples thématiques et la mythologie forment un tout particulièrement savoureux. Rian Jonhson remet en question l’héroïsme, la Force, sa lumière, son obscurité et la guerre qui les englobe. Chaque facette se voit traiter à travers un angle neuf, qui amène le spectateur à s’ouvrir à lui. Et comme il a été souligné ci-dessus, soit on se laisse porter par ce nouveau souffle, soit on le refuse.

En ce qui concerne la bande originale, John Williams pond un score efficace, mais qui n’atteint pas les grandes envolées du passé. Peut-être faudra t-il reconduire Michael Giacchino au sein de la franchise, au vue de ce qu’il a proposé dans Rogue One. Certains bondiront en lisant ça, mais il faut avouer que le compositeur n’est plus aussi inspiré qu’auparavant. On retient surtout son travail sur le dernier acte du long métrage.

En résumé, Star Wars, Episode VIII : Les Derniers Jedi est une œuvre qui symbolise la maturité. L’heure d’une remise en question, qui bouscule les fondamentaux tout en les respectant. Certains fans ne le verront pas de cet avis, et c’est compréhensible car chacun à sa propre relation avec la franchise et sa mythologie. Rian Jonhson a démontré que la Force était avec lui !

Jérémy P.


A présent, je vous laisse avec Paul, qui a un avis quelque peu différent du mien sur le film. Attention, cette critique contient des spoilers.

Craignant de gâcher mon expérience cinématographique, j’avais pris soin d’éviter tout article sur Les Derniers Jedi. C’est donc sans avoir été influencé que, mercredi soir, j’allais voir le film tant attendu. Deux heures et demi plus tard, je sortais de la salle déçu, avec ce sentiment que l’on a lorsqu’on a regardé un film qu’on voulait marquant mais qui s’est finalement avéré décevant. Tout comme Rogue One, j’espérais qu’il finirait dans les oubliettes de mon cerveau et qu’il ne viendrait plus me hanter. Pourtant difficile de complètement l’oublier : on ne fait que parler de lui. Lorsqu’on allume la radio, lorsqu’on allume la télé, lorsqu’on surfe sur le net, lorsqu’on discute avec autrui, The Last Jedi est partout.

Croyant partager l’avis d’une grande partie des spectateurs, je m’étonnai de ne lire que des critiques positives, voire même élogieuses du long-métrage. Que s’était-il donc passé dans la salle de cinéma ? Avais-je vu le même film qu’eux ? M’étais-je trop focalisé sur les défauts du film ? Restais-je trop puriste ? Ces questions me taraudèrent longtemps. Dans cette critique, j’ai essayé tant bien que mal de trouver des réponses et j’ai tenté de faire comprendre du mieux que j’ai pu mon avis sur ce film.

Dans l’ensemble, nous avons tous une relation de longue date avec la saga Star Wars. Inutile de se targuer d’être fan pour prétendre détenir un meilleur avis qu’un autre. Dans la salle de cinéma, chacun avait des attentes différentes. Respectons donc l’avis de chaque spectateur.

Je ne prétends pas posséder un avis définitif sur ce long-métrage. Peut-être qu’après un nouveau visionnage ou après plusieurs débats, je changerai d’avis.

Les premières minutes…

Pourtant, tout portait à croire que j’allais être emballé. Les lumières s’éteignent, le générique commence avec le thème culte de John Williams : j’en ressens des frissons. Je suis déjà à demi-conquis. Le texte d’entrée laisse place à un plan tombant sur des vaisseaux de la Résistance : ce choix de plan original me satisfait. Malheureusement, tout s’effondre lorsque Poe Dameron prend la parole. Le général Hux ridiculisé s’emporte dans une séquence humoristique excessive. Je grimace : le malaise commence …

Un bel emballage : esthétisme et bonnes trouvailles

On ne peut nier que le réalisateur de Looper nous a offert un beau film : dans son esthétisme, dans ses plans, dans sa mise en scène, dans ses décors naturels. On en prend plein la vue. Il y a des choix de mise en scène vraiment réussis et on se régale dans certaines scènes. Toutefois, les effets spéciaux et le numérique tendent peut-être parfois à trop se faire remarquer : je pense notamment à la bataille de fin dans laquelle certains plans peuvent sembler trop irréels (même si on doit reconnaître l’étalonnage et l’esthétisme, des partis pris de qualité).

Des nouvelles créatures apparaissent à divers moments du film et ce sont toutes de bonnes trouvailles. La vie sur l’île mystérieuse de Luke montre que contrairement à maître Yoda, Luke n’a pas voulu entièrement se couper de toute compagnie. Montrer des scènes de vie insulaires se révèle être original, et renforce notre sympathie pour le lieu. On veut que l’on s’y sente bien et que l’on en ait envie d’y aller. On ressent également tout le potentiel qui se cache dans cet arrière-plan : les jeunes spectateurs aimeront en apprendre plus sur ces drôles de créatures qui fournissent du lait à Luke et sur ces curieux êtres habitant dans des abris de pierre. Nous pouvons également noter la création d’une race canine à la fin du film qui, esthétiquement, émerveillera le jeune public (et qui m’a émerveillé aussi). Les Porgs, devenus de chouettes produits marketings, demeurent la meilleure trouvaille pour ce film. Leur niveau de mignonnerie atteint des sommets.

Une nouvelle génération héroïque et maléfique à laquelle le spectateur peut ne pas s’attacher.

Le film veut lancer une nouvelle génération de héros et souhaite faire table rase du passé, y compris des légendes d’antan. C’est pour cette raison qu’on essaie de casser la légende du personnage de Luke en tant que chevalier Jedi au cœur pur et imperturbable. Le meilleur personnage du film, c’est bien lui. Mark Hamill nous offre un jeu d’acteur nuancé et prouve au monde entier qu’il reste un acteur talentueux (et plus que la voix mythique du Joker). On le retrouve sur cette île grouillante de vie, bien différente de celle de maître Yoda dans le cinquième volet de la saga. Luke n’a pas voulu se retirer dans un lieu sans nulle forme de vie. Il mène toutefois une vie d’ermite : il pêche, il trait … Ce comportement n’est pas sans rappeler celui Yoda ou de Ben Kenobi.

Le réalisateur a changé Luke Skywalker. Certains diront qu’il l’a étoffé. Je ne peux pas être entièrement contre cet avis mais nuançons plutôt : la trilogie originale nous avait présenté Luke comme le protagoniste, comme le jeune homme qui subit un apprentissage. Nous l’avons vu grandir au fil des trois épisodes jusqu’à devenir le chevalier Jedi que nous connaissons aujourd’hui. Il a vu son père mourir : dernier acte avant sa maturité complète. Cependant, il ne faut pas oublier qu’il représentait le spectateur, il était directement au premier plan. Ici, il ne campe plus le rôle du protagoniste mais de l’adjuvant. Il devient un Ben Kenobi ou un maître Yoda. Mais où Skywalker dépasse ces deux sages, c’est par son acte envers Kylo Ren. L’erreur qu’il a commise reste le hanter. Le héros devient nuancé, il perd de sa stature légendaire, quasi divine. Il a entraîné malgré lui le massacre du nouveau temple Jedi. Mais le film va plus loin que ça : Luke a renoncé à la Force comme le souligne Rey, il a renoncé à la Foi. Cette culpabilité le rend inactif. Et c’est là l’originalité du personnage. Nous n’avons pas devant-nous un simple homme aigri et lassé par le temps mais un homme rongé par la culpabilité, désillusionné, sans foi en la Force. Il faudra Rey puis Yoda pour le convaincre de redonner espoir à la galaxie, ce qui paraît paradoxal. En effet, il faut que la légende intervienne pour que l’espoir revienne dans la galaxie (l’intervention de Luke lors de la bataille finale redonne espoir à la Résistance) alors que dans tout le film, on veut casser toutes ces légendes. Bien évidemment, cet espoir repose désormais en Rey, l’héritière de Luke (non pas dans le sang mais dans l’esprit).

Rey est définitivement l’héroïne de cette nouvelle trilogie. Elle est la nouvelle Luke, à la recherche de ses origines. Sa quête identitaire a débuté dans le septième volet. Elle essaie de trouver des réponses, y compris dans la grotte où réside le côté obscur. Pourtant rien ne semble vouloir dire d’où elle vient. Mais finalement, ne cache t-elle pas la vérité sous de la fiction ? Elle a vu un père en Han, elle a vu un potentiel père de substitution en Luke. Kylo Ren vient résoudre le mystère autour de son origine : elle ne vient de nulle part. Enfin si, d’un couple de ferrailleurs qui ont vendu leur fille. On peut comprendre la déception du spectateur dans un premier temps : on s’attendait à ce qu’elle soit la fille d’une des légendes de la saga, même une fille issue de la Force, sans géniteur comme Anakin. Mais dans un second temps, on comprend le potentiel de cette révélation. Elle n’a aucun héritage à assumer, elle n’est guidée par personne : elle choisit le côté lumineux par pur choix, de son propre gré. La question existentielle, qui suis-je ? Où vais-je ? posée par Kylo Ren est résolue à la fin de l’histoire : elle est le nouvel espoir de la Résistance et elle va devoir ramener l’équilibre dans la Force en tuant Kylo Ren. Elle a accepté ses origines, et seule, libre, elle choisit de mener où elle veut son destin. Elle aurait pu succomber au côté obscur et rejoindre Kylo Ren. Mais elle choisit le Bien.

Kylo Ren (ou Ben Solo) est étoffé dans cet opus. Il abandonne son vœu de devenir le nouveau Dark Vador, en partie grâce aux moqueries de Snoke. Il détruit son casque « ridicule » et choisit de s’assumer. Mais contrairement à Rey, il s’assume dans le côté obscur. Les retournements de situation le font passer de potentiel héros rédempteur à un nouveau leader sith. Bien évidemment, on pourrait s’offusquer des parallèles entre ce film et le sixième volet : la scène avec Snoke, Kylo et Rey n’est pas sans rappeler celle de l’empereur, Vador et Luke. Pourtant ici, Kylo ne se repend pas. On retrouve cette volonté de casser ce qui a été fait auparavant, de détruire la légende : la légende historique (la rédemption de Vador), la légende des personnages (Luke en chevalier rongé par la culpabilité). Kylo renforce cette idée de faire table rase du passé : il veut éliminer aussi bien la Résistance que le nouvel Ordre. Pourtant ses motivations réelles restent brumeuses : est-ce véritablement parce que ses parents et Luke ne lui ont pas accordé suffisamment d’attention et d’amour ? Pas un seul instant le fantôme d’Anakin n’est venu expliquer à son petit-fils qu’il avait choisi le chemin de la rédemption et qu’il s’était sacrifié pour ramener l’équilibre dans la Force. Dans la prélogie, nous avons eu le temps de voir Anakin plonger dans le côté obscur, comprendre ses motivations, constater les raisons de son échec. Dans cette nouvelle trilogie, on n’éprouve aucune empathie pour Kylo. Luke prétend que le côté obscur corrompait excessivement son cœur, dès le plus jeune âge. Cela signifie que la fatalité existe dans notre galaxie très lointaine ? Un être peut être voué au côté obscur et un autre au côté lumineux. N’y a t-il plus de choix, plus de basculement choisi vers le côté lumineux ou obscur comme dans la prélogie et dans la trilogie originale ?

Poe Dameron devient progressivement le nouveau meneur de la Résistance. Néanmoins, je n’ai pas adhéré à son jeu d’acteur : il en fait trop. Est-ce la faute de la version française ? Possible. Il s’avère agaçant tout au long du film, ne faisant que donner des ordres et décrire des situations que le spectateur aurait pu deviner tout seul. Pourtant, son côté tête-brûlé et pilote hors-pair pourrait plaire. Mais il est noyé dans la masse des personnages.

Finn est vraiment un personnage intriguant. Il choisit encore de s’enfuir alors que l’Alliance est en mauvaise posture : original ! Sa lâcheté ne continuera pas longtemps malheureusement … et ce dès qu’il rencontre Rose Tico. Il devient aussitôt un vrai héros de l’Alliance et désire même se sacrifier à la fin du film. Il apporte la morale de cet opus : se sacrifier n’est pas nécessairement la bonne solution pour faire gagner une guerre. Il faut plutôt protéger ses amis. J’ai trouvé cette scène gênante. Je trouvais qu’elle était mal amenée et qu’elle renforçait le côté immortel des personnages principaux : Finn survit à tout.

Leïa est une légende. Grave, impériale, elle mène l’Alliance avec une sagesse reconnue de tous. La scène dans laquelle elle dérive dans l’espace est des plus réussies. Toutefois, on regrette qu’elle ne sache toujours pas utiliser la Force et qu’elle n’ait pas un rôle plus important. Mais la volonté de casser la légende et de faire table rase de ce qui avait été fait ne lui laissait pas grande place.

Snoke demeurera un personnage monolithique. Il serait étonnant que nous en apprenions davantage sur lui au vu de son sort. Il est une véritable déception. Cependant, il rentre toujours dans cet esprit de casser la légende et les grandes figures : le grand méchant, empereur, est balayé rapidement pour laisser place à l’hubris de Kylo Ren.

Le général Hux a été la victime de mon malaise pendant tout le film…

Avec ce développement, on pourrait croire que j’ai apprécié le traitement des personnages dans ce film. Malheureusement, aucun d’entre eux n’est parvenu à me susciter de l’empathie. J’avais peur pour Luke et Leïa mais je n’avais que faire du sort de Rey, de Kylo ou même de Finn. Je trouve que le grand problème de cette nouvelle trilogie réside dans le fait qu’on ne s’attache pas aux personnages. Il a suffi d’un film, de deux pour les plus difficiles pour que l’on apprenne à aimer Luke, Leïa, Han et Chewbecca. On regrette le peu d’intérêt qu’on a pour les nouveaux personnages … Dommage … Peut-être est-ce dû au trop grand nombre de personnages.

J’aurais apprécié qu’on s’attarde plus sur Luke et sur Kylo, sur leur passé commun pour que le spectateur ressente plus de l’empathie pour un Luke qui a failli tuer un de ses élèves, le fils de sa sœur ! L’équipe du film aurait pu développer davantage le personnage Rey avec qui on n’arrive pas à tisser des liens, on ne se représente pas en elle. Le film aurait mérité un plus long développement sur l’île : finalement Rey a peu appris avec Luke, même si ce n’était pas le but du long-métrage. On s’étonne de l’adresse de Rey dans le maniement du sabre-laser. Elle est peut-être l’élue de la Force, elle n’en reste pas moins une novice.

On aurait pu parler de …

Le choix de mettre en parallèle Kylo et Rey reste une idée innovante. La confrontation à distance des deux personnages dans plusieurs scènes demeure esthétiquement et scénaristiquement brillante. Dommage qu’elle reste brouillonne !

Yoda ! Ah Yoda ! Tu as failli me faire plus aimer le film rien que par ta présence. Toutefois ce mélange de synthèse et de marionnette fait grimacer. Ta scène reste aussi un peu brouillonne.

La mort de Luke, esthétiquement très belle, peut s’avérer être une bonne conclusion pour le personnage. Ce regard vers les deux soleils fait référence au début de l’épisode quatre. Une boucle semble bouclée. Cependant, la scène n’émeut pas : elle arrive un peu de manière inopinée, comme s’il fallait absolument tuer la légende pour qu’en naisse une nouvelle.

L’utilisation de l’attente et du suspens représente un vrai atout. Cet opus a préféré plus de scènes dans l’espace plutôt que sur des planètes : ce n’est pas forcément une mauvaise idée !

Un film sage qui veut faire table rase du passé !

La volonté de casser la légende, de faire table rase du passé est manifeste. C’est peut-être préférable pour permettre à une nouvelle génération de héros de voir le jour. Le neuvième sera le premier film sans légendes et personnages mythiques (si ce n’est Leïa). Le film reste toutefois sage : il reprend des moments de la trilogie originale mais en les augmentant, les modifiant ou en apportant un peu plus. Le film reste sage à ce niveau-là car il ne tente rien d’absolument original : il ne choque pas les spectateurs, il ne prend pas d’énormes partis pris, pas de grands risques. Il se contente de reprendre certains personnages emblématiques comme Yoda et Luke, de reprendre les thèmes de l’ancienne trilogie tout en poussant des nouveaux personnages au premier plan avec une nouvelle mise en scène et une meilleure utilisation des effets spéciaux.

Cette critique paraît plutôt positive. Nous avons reconnu ses qualités … mais aussi ses défauts. Je suis sorti de la salle déçu. Pourquoi ? Ce film ne m’a pas marqué. Il n’y aucune scène que j’ai réellement envie de revoir. Suis-je un éternel insatisfait ? Peut-être. En demandes-je trop parce que c’est Star Wars ? Possible aussi. Je n’ai pas apprécié cet opus : trop d’enjeux intéressants et originaux mal exploités, mal amenés, des personnages auxquels on ne s’attache pas … Je trouve cependant intéressant de clore la génération légendaire de Star Wars pour en fabriquer une nouvelle. Mais cette dernière devra prouver qu’elle peut être aussi mémorable que la précédente. Aimera t-on autant Rey que Luke ? Devons-nous comparer ce film avec les précédents ? Sommes-nous les victimes d’une trop grande admiration pour les anciens films ? Je reverrai ce huitième film. Peut-être me formerai-je un avis plus positif. Peut-être pardonnerai-je les défauts scénaristiques que je lui trouve. Méditer encore à ce film je dois.

Paul C.

Publicités

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Très bonne idée de confronter un avis enthousiaste et un qui l’est moins. C’est représentatif de ce que provoque le film : une oscillation permanente entre émerveillement et circonspection. En effet, ce qui est bien, c’est que Rian Johnson parvient à surprendre et à s’imposer tout en étant capable de s’imprégner de l’univers Star Wars.
    C’est un film qui n’aura de cesse de diviser, notamment entre des fans de la première heure très (voire trop) attachés à la trilogie originale, et des fans plus jeunes.
    Pour ma part, c’est un film que j’ai globalement aimé, notamment pour son esthétique, ses partis pris, et le personnage de Kylo Ren que j’aime vraiment beaucoup.
    Il a ses défauts, mais il est loin de mériter toutes les attaques à son encontre, dont je trouve une grande partie d’entre elles vaines et motivées par une sorte d’extrémisme malsain.
    En tout cas, vivement le IX ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Je vais le revoir demain normalement avec ma compagne, qui a découvert la saga avec le 7.

      Aimé par 1 personne

    2. Cet épisode était nécessaire, et il sera réévalué par la suite…

      Aimé par 1 personne

      1. J’espère bien ! Il le mérite en tout cas. Hélas à notre époque les esprits ont souvent tendance à s’échauffer et à s’emballer !

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s