Jeremiah Johnson (1972)

Jeremiah Johnson est un western américain réalisé par Sydney Pollack.

Ce qu’il faut savoir sur le film :

– Le film s’inspire directement de la vie du célèbre mountain man John Johnson, connu sous le nom « Johnson le mangeur-de-foie ». Le scénario est co-écrit par John Milius (Conan, le barbare, L’Aube Rouge).

– Il s’agit de la deuxième collaboration entre Sydney Pollack et Robert Redford, après Propriété interdite (1966). Ils ont ensuite travaillé ensemble sur cinq autres films, Nos plus belles années (1973), Les Trois jours du Condor (1975), Le Cavalier électrique (1979), Out of Africa (1985) et Havana (1990).

– Le film était en lice pour la Palme D’or au Festival de Cannes de 1972.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

J’apprécie beaucoup Robert Redford, dont je n’ai pas encore vu tous les films. De plus, Jeremiah Johnson est considéré comme l’un des grands westerns des années 70. Autres valeurs sûres, Sydney Pollack derrière la caméra avec dans les mains un scénario de John Milius. Pas mal, non ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Jeremiah Johnson, fuyant la violence du monde civilisé, s’enfonce dans les Montagnes Rocheuses. Confronté à un environnement qu’il ne connaît pas, il doit également faire face à la révolte des Indiens. Décidé à assouvir une vengeance, il fera lui aussi appel à la violence.

Les premières minutes ?

Dés les premiers instants, les premiers plans, l’aventure nous appelle ! On suit un homme qui a quitté la civilisation, un monde qui ne lui correspondait pas. Il s’oriente alors vers les montagnes, pour y tracer seul son chemin. Sydney Pollack nous offre des images magnifiques et des scènes clés, comme celle du fusil et de la rencontre avec un autre mountain man.

La mise en scène nous embarque immédiatement, et nous fait vivre au plus près les ressentis de Jeremiah Jonhson. On découvre avec lui un environnement hostile et imprévisible. C’est une sorte de phase d’apprentissage pour le héros, c’est pourquoi sa rencontre avec le vieux Bear Claw Chris Lapp va être déterminante pour sa survie.

Le casting ?

Robert Redford est impeccable dans la peau du plus célèbre mountain man américain. Il vit son personnage à fond, comme il nous le prouve aussi bien sur le plan physique que psychologique. De son côté, Sydney Pollack le dirige et capte à merveille sa composition. L’aspect en ressort, et c’est évidemment ce que souhaitait le cinéaste et son acteur fétiche.

Sous les traits du mentor, Will Geer se montre solide et renvoie évidemment à ce que Jeremiah Jonhson pourrait devenir au fil des années. Stefan Gierasch impose sa gueule et son tempérament, ce qui nous donne un second rôle très intéressant.

On remarque également la présence de Paul Benedict (L’Associé du diable). Le jeune Josh Albee apporte énormément à l’intrigue, notamment sur l’aspect psychologique de Jeremiah, tout comme Delle Bolton dans le rôle de la femme indienne.

Et au final ça donne quoi ?

Jeremiah Johnson est un grand et beau western ! Sydney Pollack et Robert Redford nous embarquent dans une aventure humaine, où la glace, le sang et le feu s’entrechoquent. Une œuvre viscérale qui se veut le plus authentique possible, tout en conservant le spectacle cinématographique.

La scénographie nous offre des plans somptueux, une beauté visuelle qui contraste parfaitement avec l’hostilité que génère la nature et l’homme. Le réalisateur est au plus près du héros, pour nous transmettre chacune de ses sensations, aussi bien dans son apprentissage que sa quête de vengeance. Sydney Pollack varie magistralement son regard sur les trois actes du script, sa caméra s’adapte et prend en considération du vécu de Jeremiah. Au départ, tout est assez nouveau pour lui, puis peu à peu ça devient instinctif, comme nous le montre la sublime scène du duel entre l’indien et le héros. Le montage prend du coffre au rythme du personnage, c’est assez fascinant.

Au niveau de l’écriture, on est en plein dans la quête identitaire. Un déserteur de l’Armée américaine qui souhaite être loin du conflit et de la civilisation. On peut y voir un parallèle avec la guerre du Vietnam, surtout de la part du scénariste d’Apocalypse Now. Seul, Jeremiah Jonhson a pour objectif de tracer son propre chemin. Celui-ci va le conduire à des embuches, des rencontres, ce qui va construire notre héros et lui donner des raisons de vivre, mais encore plus de survivre. L’intrigue développe intelligemment les différentes cultures indiennes et leurs tempéraments, ce qui rappelle un certain Danse avec les loups. Les scénaristes s’éloignent des stéréotypes de l’époque et humanise vraiment les indiens, on est en plein de le Nouvel Hollywood. Le script montre également que peu importe le chemin, ça sera toujours difficile pour l’homme. Ses instincts sont omniprésents, que ce soit en pleine montagne, qu’en ville.

John Rubinstein et Tim McIntire signent une magnifique bande originale. Elle fait partie intégrante de la réussite du long métrage. Elle agit aussi bien sur l’atmosphère que pour accompagner Jeremiah Jonhson.

En résumé Jeremiah Jonhson est l’un des grands westerns du Nouvel Hollywood. Sydney Pollack et Robert Redford le portent au plus haut !

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Super ton article, justement je cherchais quelque chose à regarder !
    Bisou, Delphine
    http://alchimie.paris

    Aimé par 1 personne

    1. Merci =) Si vous avez aimé Into the Wild ou The Revenant, il est clair que vous allez adoré Jeremiah Johnson.

      Aimé par 1 personne

      1. Top je vais regarder ça ce soir

        Aimé par 1 personne

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