Un Singe en Hiver, l’heure où les grands esprits se rencontrent !

Un singe en hiver est un film français co-écrit et réalisé par Henri Verneuil, sorti en 1962.

Ce qu’il faut savoir sur cet incontournable du cinéma français :

– Lors de sa sortie en salles, le long métrage a été accusé par la commission de censure de faire l’apologie de l’alcool.

– Le scénario est adapté du roman éponyme d’Antoine Blondin, qui a souvent souligné la beauté du film et le respect qu’Henri Verneuil, Michel Audiard et François Boyer ont fait preuve envers lui et son roman.

– Jean Gabin a toujours considéré Un singe en hiver comme l’un des plus beaux films de sa carrière.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai découvert ce long métrage à l’âge de 6-7 ans. C’était lors d’un après -midi de jour férié, une énième diffusion sur le service public. Il est évident que quand on est un gosse, on ne comprend pas tout comme pour « La Vache et le Prisonnier ». Un singe en hiver fait partie de ses films qui fait bon de revoir de temps en temps, ne serait-ce que pour revivre les belles années du cinéma français avec des acteurs légendaires.

Un petit mot sur l’histoire ?

L’hôtelier d’une petite station balnéaire de Normandie a juré à sa femme de ne plus toucher à un verre d’alcool. C’était sans compter avec l’arrivée de Fouquet qui surgit avec la tentation…

Les premières minutes ?

D’entrée, Jean Gabin nous en met plein la vue et les dialogues de Michel Audiard font déjà des merveilles. L’ivresse apparait comme l’évasion face à la guerre. Henri Verneuil met brillamment en avant son acteur et nous offre déjà une grande scène de cinéma, celle du « Yang Tse Kiang » dans l’hôtel de passe. On savoure !

Le casting ?

Du lourd ! Du très lourd ! Jean Gabin est tout simplement grandiose et en très grande forme. On boit ses paroles avec un grand plaisir. Il impose tellement de sagesse et de maitrise, tout en laissant la place à Jean Paul Belmondo. 

Ce dernier nous émerveille tout autant par son talent, l’alchimie entre les deux acteurs est l’une des grandes réussites du long métrage. Il se dégage de ce duo beaucoup de respect, d’admiration et de fraternité, il est logique qu’il est autant marqué le cinéma hexagonal. D’ailleurs, Michel Audiard le fait dire à Gabin à l’adresse de Belmondo : « Môme, t’es mes vingt ans ! ».

Suzanne Flon est attachante à souhait, comme dans tous ses autres films. Elle dégage quelque chose qui touche, dans sa manière d’exprimer ses émotions et ses mots. Noël Roquevert est une bonne surprise, qui vient se fondre délicatement dans le duo Gabin/Belmondo.

Et au final ça donne quoi ?

Un must ! De l’ivresse pour de l’imprévu, de l’ivresse pour de l’aventure ! On ne peut qu’être émerveillé devant cette magnifique fable, qui va bien au delà qu’une histoire de biture (ce qu’avaient vu à l’époque le ministère de la Santé et la Metro-Goldwyn-Mayer). Henri Verneuil nous embarque dans une grande et pétillante comédie dramatique.

Sa scénographie met en valeur ses acteurs, tout en donnant du cachet aux décors. La lumière tient de son importance, et nous offre de belles images. Les scènes nocturnes de Villerville accompagnent parfaitement les protagonistes, il en ressort des moments d’anthologie. L’humour, la tendresse et la mélancolie ne font qu’un, ça ne va pas sans l’autre. Ce qui est fort, c’est que même si le format est en noir et blanc, les couleurs et les paillettes sont là ! On voyage simultanément avec Albert et Gabriel, car Henri Verneuil et ses acteurs font ce qu’il faut pour faire appel à notre imagination.

Bien sûr, le scénario est de qualité, et on déguste chaque compartiment. Sous l’ivresse se cache une multitude de sentiments, qui inspire l’évasion, loin de la peur,  des heures sombres, des responsabilités, du lendemain… Tout ça, sans tomber dans l’apologie. L’amitié est l’autre thématique principale, elle est retranscrite en un miroir où deux hommes ressentent les mêmes émotions et la même envie : rêver à travers quelques verres. Les dialogues de Michel Audiard sont extraordinaires, ça fond d’abord sous la langue des acteurs, pour venir ensuite caresser nos tympans.

La musique de Michel Magne accompagne à merveille les moments d’escapades, et participe elle aussi à mettre de la couleur aux images de Verneuil.

En résumé, Un singe en hiver est une perle du cinéma français. Il symbolise une époque, et brille toujours autant. Le duo Gabin/Belmondo est irréprochable !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. dhorne dit :

    tout est dit..a voir et revoir sans moderation….j’adore’ j’aurai au moins vu un singe en hiver…

    Aimé par 1 personne

  2. Un très beau passage de témoins, un film authentique, une confrontation entre passé et futur, et sur la manière dont une rencontre peut changer une vie.

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