Witness (1985)

Witness est un thriller/polar américain réalisé par Peter Weir.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Pour le rôle de John Book, Peter Weir et la production souhaitaient voir Sylvester Stallone. Ce dernier refuse pour pouvoir tourner Rambo II et Rocky IV. Jack Nicholson est alors envisagé, mais c’est finalement Harrison Ford qui est engagé. Peter Weir estime que l’acteur est le meilleur choix possible, puisqu’il avait déjà été auditionné pour Mosquito Coast. Finalement, Harrison Ford a tourné plus d’un an et demi avec le cinéaste australien sur deux longs métrages.

– David Cronenberg, puis John Badham (La Fièvre du samedi soir, Short Circuit) ont été approchés pour la réalisation.

Witness a été récompensé par le César du meilleur film étranger et par l’Oscar du meilleur scénario original.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Il s’agit d’un des plus beaux rôles d’Harrison Ford au cinéma, celui qui a donné un autre virage à sa carrière. Le premier film américain de Peter Weir, qui se révèle comme l’un de ses meilleurs longs métrages. Sans oublier, l’originalité du scénario qui entremêle les codes et les genres pour nous offrir une histoire magnifique.

Un petit mot sur l’histoire ?

L’inspecteur John Book enquête sur un meurtre dont le seul témoin est un jeune garçon membre de la communauté des Amish. Découvrant que son supérieur est l’instigateur de ce crime, John Book se réfugie auprès de cette communauté pacifiste.

Les premières minutes ?

La musique de Maurice Jarre ouvre le bal, on pense à Blade Runner avec le son des synthétiseurs et Harrison Ford en tête d’affiche. Rien qu’avec cette sonorité, toute une époque s’ouvre à nous. Peter Weir nous montre les Amish touché par un drame. On reconnait la patte du cinéaste lors des plans larges sur la campagne, et dans l’utilisation de la lumière naturelle.

A travers les yeux de l’enfant, le réalisateur dépeint un monde qui en découvre un autre. La curiosité de l’enfant et touchante, et le mène à évènement qui va bouleverser sa vie. Peter Weir nous fait basculer dans le polar en une scène, le rythme et les enjeux sont amorcés.

Le premier quart d’heure instaure d’abord une atmosphère et un contexte, pour ensuite y présenter les personnages. On est invité à une enquête pas comme les autres.

Le casting ?

Il a été Han Solo, Indiana Jones, Rick Deckard et… John Book ! Harrison Ford incarne un héros qui contraste avec ceux qu’il a déjà incarné. Le rôle de ce capitaine de police, nous montre une nouvelle facette de l’acteur. Son interprétation porte d’avantage sur les gestes et les regards, que sur les mots. Il en ressort une composition toute en nuances, qui apporte une véritable profondeur au personnage.

A ses côtés, Kelly McGillis tient le plus beau rôle de sa carrière. Peter Weir lui donne une place d’ange innocent, ce qui amène une opposition puis une communion intéressante avec son partenaire. Elle agit comme un catalyseur pour John Book, qui reste accroché à ses instincts et son monde. Cela nous offre des scènes magnifiques, comme celles de la grange, la chambre ou encore la scène finale. Le duo fonctionne à merveille, ce qui est en toute logique, l’une des grandes forces du long métrage.

Le jeune Lukas Haas est convaincant, l’innocence de son personnage détonne parfaitement avec les évènements dont il a été témoin.

Danny Glover et Josef Sommer campent des antagonistes solides, même si on aurait aimé plus de développement autour de leurs magouilles et relations.

Et au final ça donne quoi ?

Witness se démarque des autres polars/thrillers de l’époque, de par son sujet, son atmosphère et ses personnages. Peter Weir fait des merveilles avec l’histoire de Earl W. Wallace et William Kelley. Le réalisateur australien saisit et retranscrit efficacement son originalité et sa force.

Sa mise en scène est à la fois sobre et envoûtante. Il s’attache au plus près des personnages pour dépeindre deux univers, à savoir la ville (la modernité) et les Amish. Peter Weir porte simultanément un regard sur la société et les différentes cultures qui y gravitent. Tout ça, sans perdre le filon du polar et de la romance. Un sublime équilibre, qui reflète également la bonne dynamique du long métrage. La photographie de John Seale (Mad Max : Fury Road) puise son énergie dans la ruralité de Pennsylvanie. On y voit également un beau travail sur la lumière, aussi bien naturelle qu’artificielle.

Comme il a été souligné ci-dessus, l’originalité provient surtout du scénario. Un polar qui se passe loin de la ville, qui choisit la campagne chez les Amish, tout en faisant naître une opposition des cultures et en proposant une romance impossible (et interdite), fallait le faire. Une audacieuse hybridation des genres, qui rend le long métrage passionnant, authentique et touchant. La composition des personnages prend en compte d’abord le contexte où chacun évolue, pour ensuite amener la caractérisation, puis élaborer les contrastes et les enjeux. Tout est intelligemment coordonné, sauf peut-être le final concernant Paul Schaeffer, qui est un peu trop facile à mon goût.

La musique de Maurice Jarre participe à la réussite atmosphérique du film. Son score est d’une beauté renversante, sa musique ne détonne pas du tout avec les images. Pourtant, des synthétiseurs pour accompagner des Amish en pleine campagne, ça pourrait être inadapté, mais pas pour le compositeur français et Peter Weir.

En résumé, Witness s’inscrit comme l’un des plus beaux films de Peter Weir. Harrison Ford et Kelly McGillis sont sublimes !

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