Cessez-le-feu (2017)

Cessez-le-feu est un film dramatique historique franco-belge écrit et réalisé par Emmanuel Courcol.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Les premiers pas d’Emmanuel Courcol (scénariste de Philippe Lioret) entant que réalisateur pour un sujet ambitieux. En plus de ça, Romain Duris est en tête d’affiche avec Céline Sallette, qui enchaine les gros projets ces dernières années.

Un petit mot sur l’histoire ?

De retour d’Afrique, où il s’était réfugié pour fuir les mauvais souvenirs de la Première Guerre mondiale, Georges, ancien soldat, retrouve la France, sa mère et son frère, Marcel. Ce dernier est invalide de guerre ; il est sourd, à la suite d’un traumatisme. Petit à petit, Georges se reconstruit grâce à Hélène, professeur de langue des signes…

Les premières minutes ?

Une ouverture grandiose ! Un travail sonore remarqué, qui s’additionne parfaitement avec la séquence dans les tranchées. C’est d’une puissance retentissante, une mise en abyme immédiate. Une démonstration de l’horreur et la folie assez costaud, que l’on pense à Tu ne tuera point de Mel Gibson.

On enchaine ensuite avec l’après-guerre, l’heure est à la reconstruction pour les deux frères, Marcel et Georges. Difficile pour eux de reprendre goût à la vie chacun de leur côté. L’un est garde des séquelles physiques, tandis que l’autre a surtout des séquelles psychologiques. Emmanuel Courcol met efficacement le traumatisme en marche pour chaque personnage, ce à différents degrés et en prenant en compte les différences entre les deux frères.

Le casting  ?

Romain Duris est impérial ! Littéralement habité par son rôle d’officier traumatisé par l’horreur de la guerre, l’acteur porte magnifiquement le film sur ces épaules.

A ses côtés, Grégory Gadebois et Céline Salette se montrent solides et attachants. La charmante Julie-Marie Parmentier est plus éclipsée, mais reste convaincante en jeune veuve qui souhaite également se reconstruire. Son personnage méritait peut-être un peu plus de développement et de présence.

Et au final ça donne quoi ?

Malgré une première partie passionnante, Cessez-le-feu s’enlise dans le classique et le pompeux. Emmanuel Courcol dépeint son histoire de manière beaucoup trop académique, ça manque de punch ! Sa réalisation commence fort avec la séquence dans les tranchée, puis en Afrique. Puis une fois le retour en France de Georges, on tombe dans le « déjà-vu ». Plus de surprise, aussi bien sur la forme, que sur le fond.

Les personnages restent tout de même attachants, grâce notamment à l’investissement des acteurs et actrices. Pour ce qui est de l’intrigue, on nous plonge dans une France qui a morflé, qui essaye d’oublier et de faire bonne figure. On passe également par l’Afrique, pour le côté colonial de l’époque. Emmanuel Courcol ne tente pas de nouvelles explorations du sujet, tout reste assez basique. Pourtant, le sujet s’apprêtait justement pour bousculer le spectateur, et surtout lui montrer quelque chose neuf. Au lieu de ça, on s’engouffre les stéréotypes du genre, ce qui rend le long métrage, peu ambitieux au final. Alors, que la première partie annonçait bien plus. La direction artistique est plus que correcte, et facilite l’immersion dans cette époque post-traumatique.

En résumé, Cessez-le-feu a des intentions louables et des qualités, mais il ne se démarque pas assez pour le hisser au rang de grand film. Romain Duris tient l’un de ses plus beaux rôles au cinéma.

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