Après Séance : The Disaster Artist

The Disaster Artist: Un Hommage aux Passionnés

En fin d’année dernière sortait aux USA, La La Land un film salué par la critique, un film hommage aux rêveurs, aux artistes et à Hollywood de manière générale. En cette fin d’année est sorti aux USA (le film sortira en mars chez nous) The Disaster Artist, un film qui lui aussi traite du rêve, des artistes et leur motivation. De leur persévérance et de leur abnégation, une obstination qui frôle parfois la folie. Là où dans La La Land on nous présente une vision idéaliste, The Disaster Artist nous montre la face cachée du rêve hollywoodien, et du monde du cinéma.

The Disaster Artist est un film, basé sur le livre du même nom, qui raconte l’histoire du film culte “The Room” communément surnommé “Le Citizen Kane des mauvais films”. Le livre écrit par un des deux acteurs principaux explique le chaos qu’a été le tournage et tente de lever un peu le mystère sur l’homme au cœur de ce film: Tommy Wiseau.

Ici Tommy Wiseau est campé par James Franco, qui est aussi réalisateur. A mi-chemin entre comédie et drame biographique, The Disaster Artist est un film unique qui est à la fois un hommage aux rêveurs en tout genre, un hommage à ce film si mauvais qu’il en devient bon, voire fascinant et enfin mais surtout une immersion dans le créateur de cette légende qui est à l’image de son film : unique.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Étant un grand “fan” de The Room moi même, j’ai été attiré par ce projet dès que j’en ai eu connaissance. De plus, j’ai toujours été un grand admirateur de James Franco qui est selon moi criminellement sous-estimé; Par ailleurs, même si ce n’est pas ce qu’on peut appeler du grand cinéma, je reconnais apprécier les comédies stupides et déjantées du duo Rogen/Franco telles que Délire Express ou C’est La Fin…

Un petit mot sur l’histoire ?

Ayant fait une critique complète de The Room, je vous invite à aller la lire si vous n’êtes pas familier avec le phénomène ou à faire quelques recherches sur Google ou Wikipédia. En effet, je ne vais pas revenir en détail sur la toute la légende qu’est The Room, je préfère me concentrer sur The Disaster Artist.

The Disaster Artist retrace le parcours du projet qu’est The Room. Le film commence avec la rencontre entre Tommy Wiseau, le réalisateur et acteur principal du projet, et Greg Sestero qui lui donne la réplique. Le film s’étale sur un peu moins d’une dizaine d’années, il traite des difficultés que rencontrent Greg et Tommy à Hollywood, où ils n’arrivent pas à décrocher des auditions. Leur carrière étant au point mort, et n’ayant aucune perspective de la voir décoller, Tommy décide qu’ils doivent faire leur propre film. Tout le tournage de The Room est détaillé dans The Disaster Artist et le film se termine en 2003 à la première de The Room. Cependant, le fil rouge du film est la relation entre Greg et Tommy. On y voit l’évolution de leur amitié, pour le meilleur comme pour le pire.

Les premières minutes ?

Le long métrage s’ouvre sur la rencontre en Tommy Wiseau et Greg Sestero. Plus spécifiquement sur un cours de théâtre qu’ils ont en commun, où Greg apparaît comme un jeune homme timide et absolument tétanisé par la scène. À l’inverse Tommy est complètement désinhibé et n’hésite pas à se mettre en scène quitte à se couvrir de ridicule. Ces premières minutes sont intéressantes, elles nous permettent de mieux comprendre le personnage de Greg, et nous donnent un aperçu de l’étrangeté de Tommy Wiseau. James Franco fait mouche dès sa première apparition, ce qui présage un développement intéressant par la suite.

Le casting ?

Le film est porté principalement par James Franco et son frère Dave, qui jouent respectivement Tommy Wiseau et Greg Sestero. A ce duo, s’ajoute Seth Rogen qui joue le “scripte” (superviseur de tournage) du film, mais qui s’est révélé des années plus tard comme le réalisateur officieux du film. Et enfin, Alison Brie joue la petite amie de Greg qui est la source de tension et de jalousie entre Tommy et ce dernier.

Seth Rogen est convaincant dans un rôle de cynique/comique qui lui va à la perfection. Alison Brie, dont le rôle bien qu’important pour l’histoire reste assez minime est elle aussi convaincante dans son rôle. Mais les performances les plus intéressantes sont à trouver du côté des frères Franco.

James Franco est absolument impeccable dans le rôle de Tommy Wiseau. Ceux qui sont familiers avec The Room seront bluffés par la performance et la ressemblance. Franco imite Wiseau à la perfection dans la voix et l’accent, dans les mimiques et les expressions faciales; dans la gestuelle… Il s’agit d’une performance absolument bluffante et qui a dû demander un travail titanesque à Franco, pour qui une nomination aux Oscars semble évidente et à mon avis totalement méritée. Seth Rogen a d’ailleurs déclaré dans une interview que lorsque Franco était sur le plateau, tout le monde oubliait qu’il était et que l’ensemble du cast avait l’impression d’être en présence de Tommy Wiseau.

D’ailleurs, il y a un point important que j’aimerais mentionner. Dans The Disaster Artist, toutes les scènes cultes de The Room sont rejouées. Le travail de reproduction est absolument incroyable, et même si parfois les acteurs ne sont pas complètement ressemblant aux originaux, la réussite est totale car les scènes sont reproduites au millimètre près par les acteurs que ce soit dans les gestes, dans la mimique et dans les expressions. Durant le générique, on a le droit à une comparaison entre les scènes originales et les scènes reproduites dans The Disaster Artist. Personnellement, j’ai été impressionné par le travail fourni par les acteurs.

Justement, l’interprétation la plus réussie dans ce domaine mis à part celle de James Franco est celle de son frère. Dave Franco reproduit à merveille les scènes cultes du personnage de Greg Sestero: Mark. Mais là où il brille vraiment c’est dans l’interprétation de Greg Sestero lui même. Dave Franco excelle lorsqu’il joue ce jeune acteur plein de doutes sur son avenir, profondément conscient de la catastrophe cinématographique à laquelle il est en train de participer. Il renvoie parfaitement la détresse de ce jeune homme plein de rêves, tiraillé entre une possible carrière et la loyauté qu’il doit à son ami Tommy.

Je terminerai sur le casting en mentionnant un point secondaire mais qui fera plaisir à beaucoup: le film est rempli de caméo de stars en tout genre. Il y en a tellement que j’en oublie sûrement mais voilà ceux que j’ai retenu : Bryan Cranston, J.J. Abrams, Kirsten Bell, Sharon Stone, Melanie Griffith, Judd Appatow, Danny McBride etc…

Et au final ça donne quoi ?

A mon sens, The Disaster Artist est une réussite totale, pour plusieurs raisons:

Le film réussit à faire rire et à être divertissant, mais sans pour autant être une comédie légère dénuée de sens et de logique comme celles auxquelles nous ont habitué James Franco et Seth Rogen. De plus, le film n’est pas une parodie ou un film qui se moque de Tommy Wiseau mais un film qui recapture bien l’essence de The Room tout en dépeignant l’atmosphère surréaliste et le chaos qu’a été sa production. J’ai mentionné au début de cette critique que The Disaster Artist est un hommage aux artistes déterminés et prêts à tout pour réussir, mais c’en est aussi une critique car dans ce film Wiseau est tellement prêt à tout pour y arriver que parfois il dépasse les bornes avec ses acteurs, et avec son ami Greg. Le film montre les conséquences que peut avoir une soif de succès sans limite. C’est un point extrêmement important, c’est ce qui me rend admiratif de ce film. Sa capacité à être nuancé aussi bien sur ses personnages, que sur le cadre dans lequel ils sont fixés. En plus de les présenter avec nuances, The Disaster Artist présente ses personnages avec mesure et pudeur ce qui est peu ordinaire pour une comédie et le tout en restant humoristique.

Cela m’amène au thème centrale du film qui est l’amitié. Ici, spécifiquement l’amitié entre Tommy et Greg. Le film présente un choix auquel beaucoup de gens sont confrontés qui est de choisir entre leurs rêves et leurs amis. Le film montre aussi toutes les difficultés que pose l’amitié, à savoir que parfois les amis demandent plus que ce qu’on peut leur offrir, et ce même quand parfois on leur a tout donné. Ceci fait écho à ce que j’expliquais quand je parlais de nuance, et c’est ce qui me fait encore plus admirer le film.

En résumé, The Disaster Artist arrive à la fois à être complexe et profond tout en restant drôle. James Franco confirme une nouvelle fois qu’il peut tout jouer.

Jérémie A.

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