Okja (2017)

Okja est un film d’aventure fantastique américano-sud-coréen coécrit et réalisé par Bong Joon-ho.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Netflix et Plan B Entertainment (Brad Pitt) ont coproduit le projet en laissant une liberté totale à Bong Joon-ho.

– Le film a créé la polémique du fait qu’il soit présenté en compétition lors du Festival de Cannes 2017. Okja n’a bénéficié d’aucune projection en salles, la chaine Netflix l’a rendu accessible que par sa plateforme le 28 juin 2017. En revanche, le film a été projeté dans 94 salles en Corée du sud.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Séance de rattrapage ! Je n’ai pas eu le temps de le voir en 2017, et il m’a chaudement été recommandé par bon nombre de youtubeurs (MrJustQuentin, The Viewer…). Voyons à présent si il pourra se faire une place dans notre Top Ciné 2017.

Un petit mot sur l’histoire ?

Lucy Mirando qui est à la tête de la société Mirando Corporation annonce la création de cochons géants. Vingt-six seront élevés par le monde selon les spécificités locales et au bout de dix ans, un des cochons sera couronné le plus beau cochon.

Mija vit avec son grand-père dans les montagnes sud-coréennes en compagnie d’un de ces cochons qu’elle appelle Okja.

Alors qu’Okja est l’objet de lutte entre la société Mirando Corporation et les membres du Front de Libération Animale, Mija fait tout son possible pour retrouver sa meilleure amie.

Les premières minutes ?

Lucy Mirando (Tilda Swinton) ouvre le bal et nous présente en cinq minutes la base de cette histoire originale, et à travers ça, Bong Joon-ho amorce sa dénonciation envers l’agroalimentaire et ses méthodes.

On part ensuite en Corée du sud pour retrouver Mija et son grand-père, qui élèvent en plein air, un porc issue d’une nouvelle race (génétiquement modifié ?) nommé Okja. La complicité entre l’adolescente et la créature est touchante. Okja se révèle être une femelle affectueuse et très intelligente.

Le premier prend soin de mettre le décor en place dont on devine certaines péripéties à venir. On espère que Bong Joon-ho a quelques vraies surprises dans son sac.

Le casting ?

Bong Joon-ho constitue une distribution prestigieuse où se révèle une jeune actrice en la personne de Ahn Seo-hyeon. Retenez bien ce nom, car on la reverra certainement chez le cinéaste, tellement son interprétation est d’un naturel confondant doublé d’une sensibilité attachante. L’actrice sud-coréenne porte littéralement le long métrage vers le haut, en lui insufflant une émotion authentique et contagieuse.

Tilda Swinton montre une nouvelle fois son talent d’actrice  »caméléon »,  elle assume comme il faut l’extravagance et l’indifférence face à la vie et aux sentiments que véhiculent les deux sœurs jumelles Mirando.

Paul Dano tire lui aussi son épingle du jeu, en interprétant de façon plus que convaincante en activiste se dressant conte la politique des Mirando.

Et pour finir, Jake Gyllenhaal joue la carte du docteur en rupture totale, complètement bouffé par son train de vie et le faux-semblant. L’interprétation baigne dans l’exagération, ce qui dessert parfois le travail de l’acteur. Toutefois, son personnage aurait mérité d’être un peu plus développé.

Et au final ça donne quoi ?

On peut qualifier Okja d’être avant-tout une fable humaniste au visuel étincelant. Pour cela, Bong Joon-ho propose un road trip fantastique pour aborder l’écologie auprès d’un large public. Le cinéaste nous met face à notre réalité, notre monde et ses ficelles macabres pour le nourrir et le satisfaire. Cependant, il prend soin de ne pas trop jouer le manichéen de base. Les actes et les conséquences peuvent être remis en cause dans chaque  »camp ».

La mise en scène est séduisante, notamment par la beauté du cadre et son sens du rythme. Tendresse et poésie se dégagent principalement des images de Bong Joon-ho. Le côté choc de la réalité est peut être un peu trop laissé de côté, afin justement de facilité l’accessibilité du film. Ce qui fait parfois tomber le long métrage dans la niaiserie, le message de dénonciation perd alors un peu de son impact. La photographie de Darius Khondji (Se7en, The Lost City of Z) apporte le grain d’authenticité nécessaire pour nous faire fondre.

Le scénario est original dans son ensemble, et porte un nouveau regard métaphorique sur le monde. Le brin fantastique de l’intrigue vient efficacement attendrir le spectateur, pour mieux l’affecter par la suite. Les personnages caricaturaux favorisent une nouvelle fois la portée du propos à un large cercle. En revanche, le final est beaucoup trop facile, bien que la symbolique soit intéressante. L’humour est parsemé avec intelligence, et ce à plusieurs degrés.

En résumé, Okja alterne la féérie le satyrisme pour sensibiliser le public au sens large. Seo-Hyun Ahn affiche le potentiel d’une grande actrice.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Avec du recul dit :

    Intéressant … il faut que je le vois !

    J'aime

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