De grandes espérances (1998)

De grandes espérances est une romance dramatique américaine d’Alfonso Cuarón.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Il s’agit de la quatrième adaptation du roman de Dickens à l’écran. Elle avait précédemment été réalisée en 1934 par Stuart Walker, puis en 1946 par David Lean (avec John Mills et Alec Guinness), et enfin par Joseph Hardy (avec Michael York, Sarah Miles et James Mason) en 1974. En 2012, Mike Newell livre une nouvelle adaptation cinématographique, mais qui n’atteint le même succès que celle d’Alfonso Cuarón.

– Le scénario est l’œuvre de Mitch Glazer, qui a notamment produit Lost in Translation et écrit Three of Hearts.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Découvert il y a une quinzaine d’années, ce film m’a tout simplement ébloui. Poésie et sensualité se mariaient à la perfection. Aujourd’hui, l’occasion se présente pour le revoir et porter un avis plus mûre sur film.

Un petit mot sur l’histoire ?

Adaptation moderne du célèbre roman de Charles Dickens transposée à notre époque, ayant pour cadre la Floride où le Pip de Dickens est devenu Finn et son oncle forgeron un patron pêcheur. Comme dans le roman l’enfant va sauver un forçat évadé, geste qui changera sa destiné. Quand la fortune viendra il pensera qu’il la doit à une vieille dame excentrique dont il égayait l’existence quand il était enfant.

Les premières minutes ?

L’ouverture nous fait découvrir Finn, un petit garçon solitaire, rêveur et passionné par le dessin. Son destin va croiser celui d’un évadé de prison, ce qui amène un aspect thriller au long métrage. On est dans une pure aventure à la Dickens avec ce petit garçon qui ose aller vers l’inconnu. Ce qui le conduit par la suite chez Madame Dinsmoor, et y fait la rencontre de sa nièce Estella.

La patte d’Alfonso Cuarón se fait tout doucement sentir, notamment sur les les plans larges. La photographie d’Emmanuel Lubezki (The Revenant, Rencontre avec Joe Black) s’accorde comme il faut avec le regard du cinéaste et la richesse des décors quasi-naturels.

Le casting ?

Ethan Hawke est aussi charmant que convaincant, sans pour autant être surprenant. On a déjà vu l’acteur dans des rôles similaires, ce qui laisse une impression de déjà-vu. Il aurait été plus intéressant de voir un Jim Carrey ou Christian Bale, histoire d’avoir du neuf.

A ses côtés, Gwyneth Paltrow est magnifique dans le rôle d’Estella. Évidemment, on pense à son interprétation et son rôle dans Two Lovers. L’actrice apporte élégance, sensualité et justesse à son personnage.

Anne Bancroft livre une composition, qui la révèle troublante et attachante. Elle apparait peu, mais elle est remarquable !

Pour finir, Robert De Niro apporte avec lui une intensité qui secoue et qui donne au long métrage un côté thriller/gangsters. En même pas cinq minutes d’apparition, il inonde la caméra par sa présence.

Et au final ça donne quoi ?

Bien qu’il soit un simple de film de commande, De Grandes Espérances scintille grâce à l’investissement et l’inspiration d’Alfonso Cuarón et de son équipe. Le long métrage n’est pas exempt de défauts, mais ses nombreuses qualités le rend intense dans sa poésie et sa sensualité.

La mise en scène agit comme un spirale envoutante, dont la beauté cache une savoureuse manipulation. Visuellement, Alfonso Cuarón et son chef opérateur nous offrent plans magnifiques. Les couleurs et la lumière sont travaillées pour pondre des images somptueuses. Les prises de vue inclinées, les plans larges et le sens du déplacement sont vraiment intéressants. La patte du cinéaste mexicain est là ! La narration a également son importance dans la réussite du long métrage. Là où l’on reste un peu sur notre faim, c’est sur la scène du métro avec Robert De Niro, qui aurait pu être plus inspirée et plus intense.

L’intrigue entretient une mécanique de  »fuis moi je te suis, suis moi je te fuis » avec des thématiques subtilement réactualisées. Le destin de Finn est finalement orchestré de toute pièce par ses grandes rencontres. Son regard sur le passé amène cette mélancolie, et on est encore plus ému de voir que tout ce qu’il a construit n’était pas de son fait à lui-seul. On ne reste pas insensible à ce qui arrive à Finn, limite, on souffre avec lui. La romance est loin d’être pompeuse, puisqu’elle est acheminée de manière à être réellement passionnante.

La musique accompagne efficacement les personnages, les situations et leurs émotions. Patrick Doyle (Harry Potter et la coupe de feu) signe un score qui fait parfaitement écho au travail d’Alfonso Cuarón, notamment sur la rythmique qui se révèle proche du cœur des protagonistes.

En résumé, De Grandes Espérances est un tourbillon émotionnel où les sentiments abstraits et réels s’entrechoquent.

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