Monsters (2010)

Monsters est un film de science-fiction indépendant britannique écrit et réalisé par Gareth Edwards.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Il s’agit du premier long métrage de Gareth Edwards (Godzilla, Rogue One), et en plus d’être réalisateur, il officie comme scénariste, directeur de la photographie et effets visuels.

– Le budget du film était d’environ 200 000 dollars, et il a rapporté plus de 4 millions de dollars à travers le monde.

– En 2015, sort une suite intitulée Monsters: Dark Continent réalisé par Tom Green. Gareth Edwards n’officie ici qu’en tant que producteur délégué.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Les premiers pas remarqués de Gareth Edwards au cinéma, rien que pour ça, le film a un intérêt à être vu. En plus de ça, Monsters est souvent cité comme une petite perle de la SF des années 2000. Voyons à présent, si c’est le cas…

Un petit mot sur l’histoire ?

Une sonde de la NASA s’écrase dans la jungle mexicaine, libérant sur terre des particules d’une forme de vie extra-terrestre. Six ans plus tard, le Mexique et le Costa-Rica sont devenus des zones de guerre désertées par les populations locales, mises en quarantaine et peuplées de créatures monstrueuses. Un photographe est chargé d’escorter une jeune femme à travers cette zone dévastée. Seuls sur la route, ils vont tenter de rejoindre la frontière américaine…

Les premières minutes  ?

Une ouverture qui rappelle Cloverfield avec sa caméra infrarouge embarquée en plein conflit où l’on entrevoit une créature gigantesque, mais qui ne dégage pas une once d’agressivité. L’armée attaque sans concession, mais semble apparait comme impuissante.

Caméra à l’épaule, Gareth Edwards nous plonge dans une atmosphère apocalyptique où règne un climat tendu et imprévisible. Le réalisateur prend soin de poser son intrigue et son ambiance, cela favorise le développement des personnages et l’immersion au sein du film.

Le casting ?

Whitney Able et Scoot McNairy forment un duo solide et attachant. Chacun tient bien son personnage, et apporte sa touche à l’aspect tragique et poétique de l’histoire. Toutefois, je pense que le long métrage aurait pu avoir encore un plus gros impact émotionnel. Imaginez par exemple un duo entre Michael Fassbender et Anne Hathaway.

Et au final ça donne quoi ?

Chapeau ! Gareth Edwards nous pond une petite merveille qui est l’opposé total des grosses productions du genre. On sent les limites budgétaires, mais la vision du cinéaste est étincelante. Il aborde l’invasion extra-terrestre sous un angle très intéressant, loin d’un Independance Day ou La Guerre des Mondes. Le gun-fight et les explosions sont laissés de côté pour se centrer plus sur les protagonistes errants au milieu de la poussière et des tentacules. On pense évidemment à District 9, The Mist ou encore Cloverfield, qui œuvraient également dans ce sens. Les influences sont présentes, mais n’affectent aucunement l’identité cinématographique de Gareth Edwards.

Sa mise en scène se veut au cœur des personnages et leur environnement. La caméra à l’épaule est totalement maitrisée, et l’immersion et un certain réalisme. Il faut également souligné l’efficacité et la richesse des décors, où le réalisateur s’adapte parfaitement. Il nous dévoile un certain sens du détail, et participe grandement à la réussite visuelle et à l’atmosphère du long métrage. Ce dernier montre qu’il peut vibrer, mais aussi se poser de temps en temps. Sa scénographie fait corps avec sa photographie, ce qui nous donne des plans sublimes. Le rythme est lent, peut-être un peu trop parfois. Il lui manque un degré d’épouvante (pas forcément gore), qui aurait haussé le ton. Le tragique et le poétique pouvaient s’allier avec une petite dose de frissons. Les effets visuels sont intéressants, mais la conception des créatures manque d’originalité. Le concept de la pieuvre est sympa, mais il aurait pu être plus poussé.

Au niveau de l’écriture, Gareth Edwards propose une vision du monde et de l’homme à travers le regard de deux touristes, qui se retrouvent à marcher côte à côté pour retrouver les leurs. Cela nous donne un voyage grisonnant où le cinéaste britannique remet subtilement en question le terme « monstre ». Même si ça manque de grandes péripéties et de dialogues percutants, on savoure tout de même la manière dont Gareth Edwards véhicule son message. On pense évidemment Neill Blomkamp (District 9) avec cet intérêt pour dresser le portrait de l’Homme et sa peur d’être un jour destitué de place d’espèce dominante. Une tragédie moderne, qui remet en cause nos instincts face à l’inconnu.

La bande originale de Jon Hopkins accompagne à merveille les images, et proposant un souffle d’évasion et d’aventure.

En résumé, Monsters est le contraire du gros film de monstres répandant le sang partout. Gareth Edwards propose une fable SF de grande qualité. Pour un premier film à moins de 200 000 dollars, chapeau l’artiste ! Et quand on voit ce film, il était logique de le voir à la tête de Godzilla.

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ywan Cooper dit :

    Un de mes films préférés, une épatante démonstration que l’argent ne fait pas tout ! Effectivement il s’agit d’une perle !

    Aimé par 1 personne

  2. Thanatos dit :

    Super ! Je l’avais adoré, je compte bien en faire un article également ! 🙂
    J’avais pas vraiment aimé Monsters: Dark Continent par contre…

    Aimé par 1 personne

    1. Non, totalement éloigné du premier film. Dommage, car il y avait un beau potentiel pour ouvrir sur une saga.

      Aimé par 1 personne

      1. Thanatos dit :

        Exactement ! Je l’ai trouvé extrêmement vulgaire et brouillon ^^’

        Aimé par 1 personne

      2. Gareth Edwards aurait dû reprendre les commandes.

        Aimé par 1 personne

      3. Thanatos dit :

        On ne peut plus d’accord !

        J'aime

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