Bronson (2008)

Bronson est un biopic britannique écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Avant Tom Hardy, Jason Statham et Guy Pearce avaient été approchés pour incarner Bronson.

– Lors de la phase de pré-production, Nicolas Winding Refn voulait rencontrer Michael Peterson, alias « Charles Bronson ». Mais n’étant pas de nationalité britannique, le ministère de l’Intérieur ne lui donna pas l’autorisation. Toutefois, le détenu le plus célèbre de Grande-Bretagne envoya une lettre au cinéaste, lui proposant un entretien téléphonique de 20min. Nicolas Winding Refn lui demanda alors s’il accepterait d’écrire un morceau de dialogue qu’il pourrait intégrer dans le scénario et utiliser en voix-off. En revanche, Tom Hardy a pu rencontrer le prisonnier pour les biens de son rôle, et du film évidemment.

– Le budget du film était de 230 000 dollars et a rapporté plus de 2,3 millions de dollars au box-office.

Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

J’ai découvert le cinéma de Nicolas Winding Refn avec ce film, lors de sa sortie en salles. Et ça été une uppercut, qui m’a totalement sonné. Deux grandes révélations pour moi : Nicolas Winding Refn et Tom Hardy. Une claque visuelle et sonore, qui développe un personnage hors du commun reflétant la société qui l’a créé, repoussé et emprisonné.

Un petit mot sur l’histoire  ?

La vie de Charles Bronson est racontée sur une scène, sous forme de one-man-show, avec de nombreux flashbacks et un humour noir. Né dans une famille de classe moyenne respectable, Peterson, dit Charles Bronson, est connu pour avoir passé la majeure partie de sa vie dans des lieux de privation de liberté, prison et asile psychiatrique. Il a passé 34 ans en internement carcéral et psychiatrique, dont 30 à l’isolement. Il est devenu l’un des plus dangereux détenus d’Angleterre.

Les premières minutes  ?

On démarre avec la présentation de Michael Peterson alias Charles Bronson, qui cherche la célébrité parmi ses semblables. La seule orientation qu’il envisage, c’est d’être le plus grand criminel de son pays. Tom Hardy casse littéralement la baraque ! Totalement habité par son personnage d’indomptable dont l’humour noir et les poings font mouche.

Nicolas Winding Refn propose une mise en scène qui a du coffre, un cadre et un montage aiguisé au millimètre. L’aspect théâtrale correspond parfaitement au personnage, qui se voit lui même constamment sur scène. Le son et la musique agissent comme la cerise sur le gâteau.

Le casting ?

Il y a clairement eu un avant et après Bronson pour Tom Hardy. Ce dernier livre une composition flamboyante, totalement absorbé par son personnage. Il donne une dimension incroyable au long métrage, et cela fusionne parfaitement avec la vision artistique de Nicolas Winding Refn. On assiste à un réel échange entre un cinéaste et un acteur.

Sur le plan secondaire, on retient Matt King en petit magouilleur des plaisirs interdits. Son interprétation est convaincante, et le duo fonctionne plutôt bien avec Tom Hardy.

Et au final ça donne quoi ?

Au cinéma, l’argent a son importance mais ce n’est pas uniquement grâce à lui, que l’on obtient un grand film. Avec à peine plus de 200 000 dollars, Nicolas Winding Refn signe un biopic hors du commun, à l’image de Charles Bronson. Le cinéaste danois fascine par son œuvre aussi brillante que déroutante. Il a saisi à merveille l’essence-même du personnage, en l’intronisant au rang de célébrité insaisissable. Évidemment, on pense naturellement à Orange Mécanique de Stanley Kubrick, au vue des thématiques abordées et la manière dont s’est exécuté. Nicolas Winding Refn n’a jamais caché son affection particulière pour le cinéma du maître Kubrick, et ce film lui rend quelque part hommage.

La mise en scène respire l’intelligence et le sens du détail. Un cadre qui conjugue parfaitement esthétisme et entrain, notamment par la force du montage et le soin dans l’utilisation de la lumière, du son et des couleurs. L’aspect théâtrale est hautement justifié, cela appuie encore plus la nature du personnage. La violence s’allie à l’humour noir et au comique de situation, pour exprimer une quête de gloire et de reconnaissance.

Sur le plan scénaristique, Nicolas Winding Refn se focalise sur Charles Bronson face à la société. Le développement du personnage nous emmène vers une exclusion sociétale volontaire, préférant voir la prison comme un théâtre où il peut s’exprimer aussi bien sur le plan physique, que mental. Même si il ne porte pas un jugement concret sur les multiples condamnations de Bronson, le cinéaste montre tout de même que guérir le mal par le mal, ne fait qu’accentuer la sauvagerie et l’ambition du personnage. Cela le rend inarrêtable et insaisissable. Il est également intéressant de voir la place de l’art dans la violence, ce qui nous ait montré clairement dans le dernier acte. Nicolas Winding Refn joue sur les paradoxes et l’ambiguïté de son personnage. Sa plume respecte au maximum l’identité de Charles Bronson, ce qui nous donne à l’écran un spectacle passionnant et déboussolant.

L’utilisation de la musique est excellente ! On passe par du Verdi, Wagner, The Walker Brothers ou encore Pet Shop Boys, et cela colle parfaitement aux images. Là encore, on pense à Stanley Kubrick.

En résumé, Bronson est un petit bijou rouge et noir de fureur. Une vraie expérience de cinéma, qui en a appelé d’autres (Drive, The Neon Demon). Tom Hardy est méconnaissable !

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. tomabooks dit :

    Ce film est clairement dans mon top 10 et c’est aussi avec lui que j’ai découvert Tom Hardy, qui est, selon moi, un des meilleurs acteurs de ces 10 dernières années 🤗

    Aimé par 1 personne

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