Blue Velvet, un doux cauchemar teinté de bleu et de noir.

Blue Velvet est un thriller/polar américain écrit et réalisé par David Lynch, sorti en 1986.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– La composition du scénario a pris deux années à David Lynch. Une fois terminé, lui et le producteur Richard Roth l’ont envoyé à plusieurs studios, mais un bon nombre de producteurs considéraient le script trop sombre par ses attraits violents et sexuels. Finalement, c’est le studio indépendant De Laurentiis Entertainment Group, propriété à l’époque du producteur Dino De Laurentiis, avec qui le cinéaste avait collaboré pour l’adaptation de Dune. Sans rancune pour David Lynch, qui a connu de nombreux différents avec le producteur tout au long du projet. D’ailleurs, David Lynch a bien souligné le fait que Blue Velvet était son projet le plus personnel, quasi-semi autobiographique, et qu’il devait avoir cette fois-ci carte blanche.

– David Lynch a dû essuyer quelques refus dans la composition de son casting. Le rôle de Frank Booth a été proposé à Robert Loggia, puis à Willem Dafoe et Richard Bright. Tous les trois ont refusé la proposition en raison du caractère vulgaire et trop intense du personnage. En revanche, Dennis Hoppera immédiatement accepté le rôle. Pour incarner Jeffrey Beaumont, David Lynch voulait à tout prix Val Kilmer. L’acteur a refusé prétextant que le scénario n’était que pornographie, plus tard il a avoué regretter de ne pas avoir collaborer avec le cinéaste sur ce film. Chris Isaak était le deuxième chois de David Lynch, mais lui aussi déclina la proposition. Finalement, la proposition a été faite à Kyle MacLachlan, qui a accepté immédiatement.

Blue Velvet figure sur la liste des 100 plus grands films jamais réalisés par Entertainment Weekly en 1999 et sélectionné par the American Film Institute comme un des 10 meilleurs films à énigme jamais réalisés.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

David Lynch est l’un des plus grands cinéastes de notre temps. Il fascine autant qu’il questionne, sa manière de voir le Septième Art est unique et ne laisse aucun spectateur indifférent. Blue Velvet fait partie de ces films qui exigent du spectateur de la concentration et de la réflexion. Aujourd’hui, je le revois une nouvelle fois, pour vous transmettre l’envie de se (re)plonger dans ce labyrinthe sombre, sensuel et mystérieux.

Un petit mot sur l’histoire ?

Dans la belle petite ville américaine de Lumberton, en Caroline du Nord, M. Beaumont est victime d’une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils Jeffrey, rentrant chez lui après une visite à son père malade, découvre une oreille humaine dans un champ. Cette oreille, en décomposition, est couverte d’insectes. Jeffrey amène immédiatement sa trouvaille à l’inspecteur Williams et fait ainsi la connaissance de sa fille, la jolie Sandy.

Poussé par la curiosité et un certain goût pour le mystère, Jeffrey va mener l’enquête avec elle pour découvrir à qui appartient cette oreille et ce que cache cette histoire macabre, derrière la façade apparemment innocente de Lumberton.

Cette investigation va le plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent, entre autres, Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret psychologiquement fragile, et Frank Booth, un dangereux psychopathe pervers.

Les premières minutes ?

Il n’y a aucun doute, c’est du pur David Lynch ! Dés l’intro-générique,formidablement accompagnée par la musique d’Angelo Badalamenti, le cinéaste nous donne la première pièce de son puzzle cinématographique. On observe un évènement insolite, qui débouche sur une interrogation. Le mystère s’épaissit un peu plus avec les personnages, ce qui accroche immédiatement le spectateur.

Le casting  ?

Après Dune, Kyle MacLachlan collabore une nouvelle fois avec David Lynch. Ce dernier le dirige à merveille, ce qui révèle vraiment le talent et le potentiel de l’acteur. Le rôle de Jeffrey Beaumont lui va comme un gant, ce qui l’amène à une interprétation solide et troublante. C’est à travers Blue Velvet, que David Lynch et Kyle MacLachlan ont réellement noué un lien particulier, qui donnera lieu à une autre collaboration marquante avec Twin Peaks.

A ses côtés, Isabella Rossellini livre une performance sensuelle et fiévreuse. Elle insuffle un mystère constant, qui trouble autant le spectateur que Jeffrey Beaumont. Il s’agit sans aucun doute du plus grand rôle de l’actrice au cinéma.

Dennis Hopper incarne de manière confondante et terrifiante, un dérangé du bocal pas comme les autres. On ne peut qu’être scotché devant une telle composition.

Et pour finir, Laura Dern, âgée de 19 ans, tient un rôle sur mesure. Elle incarne Sandy, une blondinette pleine d’innocence. Ce qui contraste parfaitement avec tout le reste de la distribution.

Et au final ça donne quoi ?

Du grand Art ! David Lynch signe un labyrinthe cinématographique, qui passe entre autres par le fantasme et la violence. Il en ressort une virtuosité décoiffante, au point que l’on veut mettre un autre film du cinéaste. Sa maitrise nous émerveille, il joue avec le spectateur de manière intelligente en conduisant dans ce qu’il y a de plus sombre et pervers chez l’être humain.

Sa mise en scène agît comme une spirale, avoisinant le huis-clos dans les scènes d’appartement l’appartement de Dorothy où le cinéaste alterne comme il faut les différents angles de vue. Ma scène favorite reste celle « Chez Ben », où l’on assiste à du pur Lynch. Une atmosphère étrange qui s’allie à un moment totalement décalé, se dirigeant clairement vers un rêve (In Dreams) qui se transforme en cauchemar. Le suspens est implacable, distillé au compte-gouttes de manière à totalement nous imprégner totalement de l’ambiance, des personnages et surtout pour mieux nous surprendre. Le travail sur la lumière et les couleurs participe activement à l’identité du long métrage. La photographie obscure de Frederick Elmes s’accorde parfaitement avec la vision du cinéaste.

Au niveau du scénario, David Lynch démarre par un enquête policière pour ensuite prendre le chemin de la quête identitaire. Tous les ingrédients du polar noir sont là, on a même quelques petits clins d’oeil au cinéma d’Hitchcock. Lynch y ajoute une ambiguïté psychologique, jonglant entre le glauque et la sensualité. Il fait en sorte pour que Jeffrey Beaumont soit en phase avec le spectateur, et le conduire subtilement au milieu de ses songes.

La bande originale de Angelo Badalamenti épouse toujours aussi bien le travail de David Lynch. Elle donne l’écho nécessaire pour intensifier l’atmosphère troublante des images. On a également du Roy Orbison, Chris Isaak ou encore Bobby Vinton, dont le Blue Velvet plane dans nos têtes.

En résumé, Blue Velvet est une virée fiévreuse et insaisissable où l’on savoure chaque moment plus sombre et chimérique. David Lynch confirme son aisance à entrecroiser l’imaginaire et la réalité. Dennis Hopper livre la prestation la plus marquante et la plus angoissante de sa carrière.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Alberte Bly dit :

    Une œuvre de Lynch toujours aussi dérangeante que d’habitude ! Un de mes films préférés de ce réalisateur !
    Longue vie à Lynch!!

    Très bel article en passant 🙂

    Aimé par 1 personne

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