GOLEM, le tueur de Londres (2017)

Golem, le tueur de Londres est un thriller (peu) horrifique réalisé par Juan Carlos Medina.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Il s’agit de l’adaptation cinématographique du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd.

– Présenté au Festival international du film policier de Beaune, le réalisateur a reçu le Prix spécial Police.

– Il n’a été distribué dans les salles en France. Il est sorti directement en vidéo le 23 janvier 2018.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Un film dans la lignée de From Hell, fortement apprécié et conseillé par le youtuber La Semaine de Kim. Pourquoi s’en priver ?

Un petit mot sur l’histoire ?

Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse. L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale. La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Les premières minutes ?

Juan Carlos Medina démarre par une mise en scène qui s’accorde avec l’art du théâtre pour ensuite, nous emmener dans le vif du sujet : meurtres et enquête. La direction artistique est soignée et favorise l’immersion au sein de Londres du XIXéme siècle. Pour le moment, rien d’original. Cela reste assez classique aussi bien sur le fond, que sur la forme.Nous verrons bien par la suite si l’intrigue décolle un peu plus, tout comme la mise en scène.

Le casting ?

Dans la peau de l’inspecteur John Kildare, on retrouve un Bill Nighy à l’aise et convaincant. Il colle parfaitement à son personnage au passé trouble et dont la carrière n’a jamais pris son envol. Il dégage un charisme certain, une intelligence et des faiblesses.

Découvert avec Bates Motel, Olivia Cooke confirme son talent d’actrice. Son jeu fait apparaitre une grande sensibilité, qui dissimule bien plus. Sa manière d’interpréter et son physique font fortement penser à Keira Knightley.

Douglas Booth (Jupiter Ascending) trouve un rôle sur mesure, à la fois baroque, ambiguë et attachant sous les traits de Dan Leno. Sam Reid sème le trouble efficacement avec sa présence fantomatique. Eddie Marsan (Une belle fin) fait le job dans le rôle du directeur du musical.

Comme dit si bien Dan Leno dans le film,  »tout le monde porte un masque », et cela est parfaitement le cas.

Et au final ça donne quoi  ?

La première demi-heure du film laisse à penser à un thriller banale, sans aucune originalité. Il s’agit d’une illusion, Juan Carlos Medina fait exprès d’épaissir les codes du genres pour ensuite les secouer tranquillement. Une prise de risque qui peut diviser, tant elle exige au spectateur de s’accrocher. On ressent quelques longueurs, des facilités dans la mise en scène… mais dans l’ensemble, on est devant un bon thriller qui flirte avec l’horreur.

La mise en scène joue avec le spectateur, on passe par le point vue de chaque personnage. Un procédé classique, mais au combien efficace. On regrette cependant le manque de souffle dans la scénographie, un peu d’originalité n’aurait pas fait de mal au rythme du long métrage. Les personnages sont astucieusement présentés et développés, notamment grâce à l’écriture et au montage. La richesse des décors permettent une belle reconstitution de l’époque victorienne, ce qui s’accorde comme il faut avec la photographie crépusculaire de Simon Dennis (The Last Girl). Le côté horrifique aurait mérité plus de présence, cela aurait peut-être haussé le dynamisme du film.

A l’écriture, on retrouve Jane Goldman (Kick-Ass, Miss Peregrine et les enfants particuliers) et toute sa finesse en ce qui concerne le développement des personnages et de leur psychologie. Un traitement qui ne désert pas l’intrigue, bien au contraire, puisque les rebondissements sont très intéressants, et relancent efficacement l’enquête et les soupçons de l’inspecteur John Kildare. Son adaptation est fidèle au roman de Peter Ackroyd, dont le dernier acte est particulièrement réussi.

La bande originale de Johan Söderqvist (Brothers, Morse) se rapproche des scores d’autres films du même genre. Rien d’original, mais ça accompagne honorablement les images.

Quand on prend du recul sur l’ensemble de l’équipe engagé sur ce film, on se dit que ça aurait pu être plus qu’un bon petit thriller. Imaginez Matthew Vaughn ou John Madden à la mise en scène…

En résumé, Golem, le tueur de Londres est divertissant, prenant, et même surprenant. Dommage que le réalisateur n’est pas été plus entreprenant et plus audacieux dans sa scénographie.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Je vais essayer de le voir bientôt 🙂

    Aimé par 1 personne

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