Les Nouveaux Sauvages (2014)

Les Nouveaux Sauvages (Relatos Salvajes) est un thriller/comédie argentin insolite et mordant, réalisé par Damian Szifron.

Il a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2014, et sélectionné pour représenter l’Argentine à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscars du cinéma 2015. On retrouve les frères Almodovar à la production.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Même s’il n’a pas eu de succès au festival de Cannes, ce film a tout de même remporté cinq prix dont le Prix Goya du meilleur film en langue espagnole. De plus, le simple fait que l’acteur Ricardo Darin ait accepté de jouer dedans, m’a laissé penser que le film valait le coup.

Un petit mot sur l’histoire ?

Et si, cette fois, au lieu d’encaisser et prendre sur toi, tu t’autorisais à péter un plomb et te venger ?

Les différents personnages des différentes histoires se retrouvent en proie à une situation qui met leur nerfs à vif. Au lieu de réagir de façon civilisée, ils font alors ce que beaucoup d’entre nous rêveraient de faire : lâcher prise et laisser parler notre côté « politiquement incorrect ».

Les premières minutes ?

Le film s’ouvre avec un plan sur les jambes d’une femme dans un aéroport. Une fois à bord, cette femme se fait draguer par son voisin de siège, rien ne laisse alors présager la suite.

Jusqu’à ce qu’elle prononce le nom de son ex-copain : Gabriel Pasternac. Chose étrange : ce nom est connu de tous les passagers à bord de l’avion, tous ont fait du mal à ce Gabriel. Coïncidence encore à ce stade que les deux connaissent ce nom, mais lorsqu’une femme les interrompt plus de coïncidence possible.. pourquoi tous les gens ont reçu un billet payé pour ce vol en particulier ? Tous lui ont fait du mal et vont bientôt payer pour leur « crime ».. Suicide en règle qui ouvre avec brio ce film argentin qui gagne à être connu, et achève sa course en fauchant un couple de personnes âgées dans leur jardin. Le ton est donné : réparer les injustice de manière démesurée et cinglante.

Le casting ?

Il n’est objectivement pas possible de faire ressortir un acteur plus qu’un autre, puisque tous sont bluffant dans leurs rôles respectifs.

Ricardo Darin, sans surprise, est excellent dans ce rôle de victime du système de la fourrière qui se bat pour ses convictions.

Erica Rivas est vraiment bluffante en femme trompée et folle furieuse, on a presque envie de lui prêter main forte. Oscar Martinez est très bon dans la peau d’un père de famille qui oscille entre sauver son fils ou son argent.

Quant à Rita Cortese, elle est formidable en Don Quijote moderne qui veut éliminer les méchants de ce monde corrompu !

Et au final ça donne quoi ?

Idéal et libérateur pour tous les « redresseurs de torts » du dimanche ! Au delà du côté amusant, ce film se veut dérangeant et très critique envers la société argentine. Le spectateur assiste à un enchaînement de six « sketches » qui ont pour point commun des pétages de plomb en règle.

Chaque histoire est violente, cynique et remplie d’humour. Ce thème peut faire penser au tableau Duelo a garrotazos de Goya qui représente deux hommes en pleine bagarre et l’humour employé à celui de La grande bouffe de Marco Ferreri. Ce style frénétique des histoires cherche à refléter la furie de la société : les situations paraissent surréalistes, mais le sont-elles tant que ça ? Le concept est un peu le même que celui de la série Black Mirror. Premièrement parce que les « épisodes » ne se suivent pas et n’ont pas de lien entre eux. Ensuite, parce que ce qui les réunit toutefois c’est l’idée d’une dérive de la société. Enfin, parce que la part de probabilité et de réalisme des situations suffit à rendre l’histoire angoissante. Toutefois, Damian Szifron parvient à nous montrer les pires penchants et dérives de l’Homme tout en nous faisant rire. On oscille en permanence entre le rire et l’horreur.

En résumé Les Nouveaux Sauvages, c’est frais et bourré d’imagination, tout cela renforcé par l’excellente musique de Gustavo Santaolalla. On note l’utilisation de plans en contre- plongée pour écraser les personnages de « méchants » et les rendre disgracieux. Damian Szifron a définitivement compris où se cachait le plaisir du spectateur de cinéma. A voir et déguster sans modération.

Anne S.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’adore ce film ! Comme tu dis, les acteurs sont brillants, les skectchs sont tous très bien écrits et regarder ces gens normales péter une durite est la forme la plus pure du concept de catharsis à mes yeux. J’ai pour ma part une petite préférence pour le dernier sketch au mariage. L’actrice est extraordinaire !
    Et j’avoue penser très fort au personnage de Ricardo Darin dès que je suis en prise de bec avec le système administratif.

    Aimé par 2 people

  2. J’approuve ! Un film qui m’a beaucoup plu à sa sortie, que je n’ai pas encore revu, mais qui se déchaîne totalement. C’est sans limites et c’est un vrai défoulement. J’ai également beaucoup aimé l’angle avec Ricardo « Bombita » Darin, dont on a tous plus ou moins connu, je pense, la situation. 🙂

    Aimé par 1 personne

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