Batman : Gotham By Gaslight (2018)

Batman : Gotham By Gaslight est un film d’animation américain réalisé par Sam Liu.

Pour ce nouveau film d’animation sur le chevalier noir, le scénariste, Jim Krieg et Sam Liu se sont inspirés du comic book éponyme de Bryan Augustin et Mike Mignola, paru en 1990.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Les films d’animation du DC Universe ont souvent quelque chose d’intéressant à nous offrir. Sam Liu est un habitué de la maison, et même si son adaptation de Killig Joke ne m’a pas totalement convaincue, je reste assez curieux de voir ce qu’il a fait avec cette nouvelle adaptation.

Un petit mot sur l’histoire ?

On retrouve le justicier de Gotham sous l’ère victorienne, qui mène l’enquête sur les meurtres du terrible et mystérieux Jack, l’éventreur.

Les premières minutes ?

Les premières notes musicales m’emportent, et me rappelle la série animée de Bruce Timm. Le cadre du Gotham victorien se pose, et on adhère assez vite au concept. On retrouve le justicier dans les rues sombres de la ville, venant en aide à des orphelins nommés Tim, Dick et Jason.

Puis on assiste au meurtre de Poison Ivy de la main du redoutable Jack, l’éventreur. Une contextualisation intéressante, mais un peu expéditive. Poison Ivy méritait peut-être un peu de considération, qu’une simple proie facile.

Les personnages ?

Le gros point fort dans la composition des personnages, c’est la relation Bruce Wayne/Selina Kyle. Leur intelligence, leurs motivations et les enjeux qui se trament avec eux sont très intéressants.

Jack, l’éventreur est un méchant de taille face à Batman, dommage que l’on devine aisément son identité. Pourquoi ? Peut-être à cause d’un manque de relief sur les autres personnages. Le côté investigation est trop faible pour vraiment entretenir un véritable mystère autour de son identité. Les libertés prises par rapport à matériel de base sont louables, encore faut-il les rendre encore plus savoureuses.

La sœur Leslie Thompkins tient des attraits intéressants, mais ça tombe vite dans l’expédition. Le relationnel avec Bruce n’est pas assez étoffé à mon goût.

C’est la même chose pour Harvey Dent, et quel dommage ! On sent le potentiel du personnage dans cette relecture, mais on ne fait l’effleurer. Le couple Gordon est une agréable surprise, mais ça maque de quelques ingrédients forts.

On peut dire que Jim Krieg et Sam Liu proposent une relecture originale des personnages, mais il y a quelques carences dans le développement de certains.

Et au final ça donne quoi ?

Dans l’ensemble, la relecture est passionnante et bien animée. Sam Liu et son scénariste se sont judicieusement inspiré du comic book, sans pour autant faire une adaptation copier/coller. Une démarche qu’il faut évidemment souligner, car certaines adaptations précédentes ne faisaient que calquer tout de la BD, sans rien lui apporter d’original.

La réalisation de Sam Liu est toujours aussi bien rythmée, même si certains aspects sont expédiés. Il vise avant-tout l’efficacité de l’intrigue. Cela nous donne une bonne animation, notamment sur le côté graphique du Gotham de l’ère victorienne. Il s’est inspiré des classiques traitant de cette époque (Sherlock Holmes, Oliver Twist, C’était demain). Des influences très appuyées, peut-être trop, et ne laissant pas la place à du neuf dans la réalisation. Les combats sont assez bien représentés, notamment celui dans l’abattoir. Je pense que la Warner va devoir demander à Sam Liu d’oser un peu plus de choses à l’avenir dans son animation. N’oublions pas qu’on a eu l’excellent The Dark Knight, Flashpoint et Red Hood,et en terme de réalisation c’était clairement plus attrayant et inspiré.

Au niveau de l’écriture, l’intrigue reste classique, et sans réelle surprise. L’investigation est assez plate, et ne parvient pas à donner le ton policier que l’on attend. Comme il a été souligné ci-dessus, c’est pour ça que l’identité de Jack, l’éventreur se devine assez vite. Il manque des tiroirs à cette intrigue, plus de développement dans les personnages aurait favoriser de l’ambiguïté et du mystère. Après, Jim Krieg a pris des libertés bien senties, ce qui rend l’histoire intéressante.

La bande originale de Frederik Wiedmann reste dans la veine de ce qu’on a pu entendre auparavant sur ce type d’adaptation. Rien d’incroyable, mais toujours aussi efficace.

En résumé, Batman : Gotham By Gaslight se veut original, mais ses intentions restent obscurcies par une réalisation classique et un scénario trop linéaire. Un bon film d’animation, mais très loin de s’inscrire parmi les meilleurs. Peut-être que Warner va devoir rafraichir ses équipes…

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