L’Armée des 12 singes, le remake qui met tout le monde d’accord !

L’Armée des 12 singes est un film de science-fiction américain réalisé par Terry Gilliam, sorti en 1995.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

-Le projet a été initié par le producteur exécutif Robert Kosberg, admiratif du court métrage expérimental La Jetée du réalisateur français Chris Marker. Il a convaincu les studios d’Universal d’acheter les droits pour en faire un remake.

– Nick Nolte était le premier choix de Terry Gilliam pour le rôle de James Cole et et Jeff Bridges pour celui de Jeffrey Goines. Universal ne valide pas les choix du réalisateur. Ce-dernier organise un déjeuner avec Bruce Willis, avec qui il a très bon contact depuis le casting de Roi Pêcheur avec Robin Williams et Jeff Bridges. Bruce Willis n’avait été retenu à l’époque. L’acteur accepte immédiatement le rôle de James Cole.

– Pour la première fois de sa carrière Terry Gilliam a eu le privilège d’avoir le final cut, une fois le tournage fini.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

En passant un regard sur ma dvdthèque, j’ai senti l’envie de revoir L’Armée des 12 singes, que je considère comme le meilleur film de Terry Gilliam. La distribution est excellente, tout comme la vision artistique du cinéaste. Un remake unique, improbable et magnifique.

Un petit mot sur l’histoire ?

Nous sommes en l’an 2035. Les quelques milliers d’habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d’un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C’est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.

Les premières minutes ?

La musique intrigante de Paul Buckmaster s’ajoute à un générique tourbillonnant. Le thème principal m’a toujours fait penser à la musique de la série Julie Lescaut. Un parallèle étrange, j’en conviens.

La première scène du long métrage peut être interpréter comme un flashback ou une vision, Terry Gilliam amorce cette ambiguïté qui est un pièce maîtresse du film et de son intrigue. Nous sommes dans la tête de James Cole, que l’on accompagne ensuite dans son réveil, au sein d’une prison souterraine en 2035. La patte Terry Gilliam se fait progressivement sentir, et notamment avec la photographie de Roger Pratt. On pense évidemment à Brazil (1983).

James Cole est considéré comme un volontaire (même si il n’a pas le choix) pour observer le monde extérieur dévasté. Tout comme lui, on assiste devant le vide et le froid qui règnent dans la ville de Philadelphie. Un ours et un lion détonnent dans ce climat grisonnant. Encore une fois, sommes-nous dans la réalité ou dans l’illusion ?

L’ambiguïté à la Terry Gilliam est omniprésente dans ce premier quart d’heure, elle interroge le spectateur. Les repères que l’on nous fixe, sont-ils vraiment des repères ?

Le casting ?

Bruce Willis chez Terry Gilliam, ça donne forcément quelque chose d’unique. L’action man américain laisse de côté les muscles et les explosions, pour une interprétation pleine d’émotions pour ses premiers grands pas dans la SF au cinéma. Il est clair que le personnage de James Cole, est l’un des meilleurs rôles de sa carrière. Inoubliable !

A ses côtés, Brad Pitt se montre lui aussi investi et inspiré dans la peau de l’insaisissable Jeffrey Goines. Une composition bien frappée par son élocution, sa gestuelle et ses tics. Un esprit compulsif et intelligent rendent le personnage attachant et délirant. Il était logique que l’acteur soit récompensé par le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle.

Au milieu de ces grands acteurs, Madeleine Stowe est impeccable dans le rôle de la psy complètement déboussolée par les évènements et James Cole.

En arrière plan, on a la présence venimeuse de David Morse. Christopher Plummer est également de la partie.

Et au final ça donne quoi ?

Quelle merveille ! C’est toujours aussi bon de revoir cette perle de la SF, qui respire l’intelligence et l’investissement. Terry Gilliam et son équipe ont su se réapproprié l’œuvre originale de Chris Marker, tout en la respectant. Voila ce qu’on appelle un très grand remake !

Tout d’abord, Terry Gilliam reste fidèle à son cinéma et insuffle son identité cinématographique de la première à la dernière minute. Une mise en scène d’une virtuosité étincelante, il impose une atmosphère anxiogène qui oblige le spectateur à s’interroger. Le cinéaste arrive à entretenir un équilibre décoiffant et énigmatique. On passe par tous les sentiments, à travers divers genres. Bien sûr, le thriller SF est omniprésent, mais il est articulé par quelques éléments dramatiques, romantiques et comiques. Sa scénographie fait évidemment écho à Brazil et Le Roi pêcheur, on a le droit à ses zooms classiques et ses prises de vues inspirées, qui participent à l’aspect insaisissable de l’intrigue. Le montage est quelque peu classique, mais très efficace. Les décors et la photographie véhiculent une ambiance froide et sombre. Tout s’imbrique à la perfection, pour nous emporter dans un spectacle à contre-courant des gros blockbusters SF de l’époque. La psychologie des personnages est mise en avant, tout comme l’intimité de James Cole, pas besoin d’explosions et d’effets spéciaux à outrance pour pouvoir nous transporter. C’est là que Terry Gilliam respecte le travail de Chris Marker, la simplicité qui amène à la complexité, et la poésie.

Pour l’écriture David Webb Peoples (Blade Runner, Impitoyable) et sa femme Janet revisitent à merveille l’histoire originale. Là aussi, nous assistons à une véritable création. Dans l’ensemble, les grandes lignes de départ sont conservées et tout ce qu’il y a entre, c’est signé par les Webb. On retient déjà l’apport psychologiques aux personnages, la création de Jeffrey Goines, l’actualisation temporelle et quelques petites références bien senties. On sent des scénaristes inspirés et admiratifs du travail de Chris Marker.

La bande originale de Paul Buckmaster est peut-être le seul point faible du film. Rien de désastreux non plus, mais ça aurait pu être beaucoup plus subtile. Le côté tango du thème principal est assez lassant à la longue, on a du mal à s’accrocher sa rythmique et à l’accordéon. En revanche, l’utilisation de What a Wonderful World de Louis Armstrong et Blueberry Hill donne lieu à une scène magnifique.

En résumé, L’Armée des 12 singes est sans aucun doute l’un des meilleurs films de SF des années 90. Bruce Willis et Brad Pitt sont grandioses !

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