Après Séance : L’insulte

L’Insulte est un film dramatique franco-libanais co-écrit et réalisé par Ziad Doueiri.

A Beyrouth,une insulte qui dégénère en coups et blessures conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. L’affrontement des avocats, réveillant les plaies ouvertes du passé, porte le Liban au bord de la guerre civile.

Commençant comme un bagarre d’école entre 2 gamins, le procès révèle le passé douloureux du pays et les affrontements sanglants entre chrétiens et réfugiés palestiniens. Le film a le mérite de nous faire visiter une page d’histoire du pays remémorant la guerre du Liban.

Le début du film est un peu artificiel reposant sur l’entêtement de Toni (Adel Karam), garagiste,qui porte plainte contre Yasser (Kamel El Basha), contremaitre pour coups et blessures pour une broutille. Cette agression est le résultat d’un propos injurieux de Tony qui n’a pas accepté que d’autorité, Yasser modifie l’aménagement la gouttière de son balcon après que celui ci l’ait envoyé « balader ». En fait, cette action en justice est révélatrice des antagonismes des 2 communautés chrétienne et palestinienne après les violences commises contre les palestiniens à Sabra et Chatillah en 1981 par les milices chrétiennes et celles de Dammour, village situé à 20 kilomètres de Beyrouth dont une grande partie de population chrétienne avait été exécutée par des factions palestiniennes en juillet 1976. Le réalisateur porte l’antagonisme jusqu’à opposer lors de la plaidoirie un avocat célèbre contre sa fille, également avocate.

Dans l’ensemble, la distribution se montre plus que solide. Bien que les acteurs et actrices ne soient pas hautement expérimentés, ils participent activement à la réussite du long métrage. Rita Hayek et Adel Karam sont à suivre de près.

Même si la fin du film est un peu artificielle, L’insulte constitue une réflexion intelligente et émouvante sur la situation du pays notamment lors de l’évocation du massacre de Dammour, très bien amené par l’avocat de Toni lors de l’audience.

En résumé, L’insulte bouscule avec intelligence, sans aucune prétention. Après L’Attentat et Baron Noir, Ziad Doueiri confirme une nouvelle fois tout son savoir-faire pour le drame politique.

Dagrey.

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