Massacres dans le train fantôme (1981)

Massacres dans le train fantôme est un film d’horreur réalisé par Tobe Hooper.

Remis sur le devant de la scène il y a maintenant plus d’un an suite à sa ressortie en DVD/Combo Blu-Ray, The Funhouse (traduit en français sous le titre très fin de « Massacre dans le train fantôme« ), film quelque peu sous-estimé de Tobe Hooper, cinéaste américain à la carrière en dents de scie et auteur du légendaire Massacre à la tronçonneuse et du célèbre Poltergeist, fait désormais partie de ces films qui font « sujet de réhabilitation ».

Réhabilité entre autre par « Les Cahiers du cinéma » visiblement très intéressés par l’oeuvre cinématographique de Hooper et faisant l’objet d’une relecture de la part d’une partie de la communauté cinéphile qui avait quelque peu snobé le film lors de sa sortie en 1981, The Funhouse peut désormais se pâmer de faire partie des films les plus demandé de son célèbre réalisateur.

Et pourtant, objectivement parlant, le long métrage est loin d’être un chef d’oeuvre, tant il souffre de trop d’imperfections techniques et d’idées scénaristiques le plus souvent bâclée. De même, l’interprétation (bien que composée de jeunes comédiens peu expérimentés) laisse parfois à désirer. Et puis rien à faire : les thèmes du film (la dégénérescence de la cellule familiale, la face cachée de la société américaine mainstream, la jeunesse avide de transgresser les règles) et plus explicitement la traduction française du titre du film renvoient inévitablement au chef d’oeuvre de son auteur, le légendaire Massacre à la tronçonneuse.

Cela étant, ces quelques maladresses confèrent au film un certain charme, voir même une certaine beauté, qui le rendent d’autant plus agréable à le regarder que le réalisateur Tobe Hooper ne se contente pas de jouer les simples techniciens de luxe (The Funhouse est avant tout un film de commande que lui a proposé le studio Universal). Au contraire, il imprègne sa patte bien personnelle au film, en faisant du coup une œuvre à la fois dérangeante, malsaine et diaboliquement jouissive.

Ainsi, la scène d’ouverture à elle seule, suffit à nous convaincre que le film sera très agréable à suivre. A la fois référence explicite à la célèbre séquence de la douche de Psycho, le chef d’oeuvre indépassable d’Hitchcock et parodie décalée de la scène d’ouverture du film Halloween de John Carpenter, cette première scène de The Funhouse captive par son audace formelle et narrative complètement assumée (que nous ne dévoilerons pas, sous risque de « spoilers »).

Par la suite, le film adopte le schéma classique du « slasher movie » (film de serial-killer, soit un sous-genre du film d’horreur que Hooper avait déjà en partie réinventer avec Massacre à la tronçonneuse quelques années auparavant) : une bande d’adolescents tout beaux tout propres, bien décidés le temps d’une soirée, à transgresser les règles parentales de base (no sex, no drugs, no alcool). Pour ce faire, quoi de mieux que de passer une nuit complète dans le train fantôme, l’attraction la plus attirante de la foire qui vient tout juste de s’installer dans la petite bourgade américaine sans histoire ?

Bien évidemment, cette « soirée transgressive » ne sera pas sans conséquences, le train fantôme abritant ni plus ni moins qu’un monstre dégénéré (par ailleurs, l’un des plus laids que l’on ait sans doute jamais inventé dans le cinéma d’horreur), sorte de lointain cousin du « Leatherface ». N’ayant d’humain que le corps et les attributs masculins (pénis, testicules), la créature se caractérise par un visage de monstre (sorte de croisement entre un orc du Seigneur des anneaux et Elephant Man) littéralement déformé, sorte de double visage greffé l’un sur l’autre. Sur ce point, force est de reconnaître le talent du célèbre maquilleur Rick Baker, créateur entre autre des maquillages de la saga Men in black ou encore du King Kong de Peter Jackson.

Une fois encore donc, Tobe Hooper arrive à faire peur. Bien que l’on soit loin du degré de terreur de « Massacre à la tronçonneuse » et de sa terrifiante séquence du dîner familial, The Funhouse, via le physique ô combien repoussant et dérangeant de son horrible monstre suffit à provoquer un certain malaise dans le regard du spectateur.

L’autre rapport du film avec la peur réside dans le fait que à nouveau, Hooper s’attaque à la face cachée de la société américaine, en montrant rien moins que des personnages tous plus malsains les uns que les autres. Outre le monstre, il y aussi son père, forain sadique n’hésitant pas à maltraiter et à profiter de la monstruosité de son fils mais aussi (et c’est là que le film gagne en intérêt) à travers le portrait quelque peu particulier du petit frère de l’héroïne, soit un petit garçon n’hésitant pas à faire une blague de très mauvais goût à sa sœur (voir la scène d’ouverture de la douche) et, bien que témoin du cauchemar vécu par celle-ci et ses amis à l’intérieur du train fantôme, préfère garder le silence et ne rien dire à ses parents, venus le rechercher après avoir été mis au courant de sa fuite du domicile familial.

En résumé, en dépit de ses inévitables défauts, The Funhouse n’en reste pas moins une œuvre intéressante et dérangeante à (re)découvrir pour tout cinéphile qui se respecte ou simple amateur de genre.

François B.

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