Après Séance : Le 15h17 pour Paris

Le 15 h 17 pour Paris est un drame biographique américain co-produit et réalisé par Clint Eastwood.

Trois jeunes américains déjouent une attaque terroriste dans le Thalys qui effectue la liaison Amsterdam Paris.

Rarement un film d’un réalisateur respecté n’aura autant fédéré le public contre lui en une semaine. Le film affiche une moyenne de 4,8/10 sur SC et 2,5 sur Allo ciné. Je suis allé le voir et ce « four » n’a rien d’étonnant.

Trois compatriotes qui font preuve d’héroïsme en France durant leur vacances…la tentation était trop grande pour le réalisateur américain d’immortaliser cela sur grand écran. Clint Eastwood a eu recours a un procédé original: faire interpréter les rôles principaux par les 3 hommes qui ont neutralisé le terroriste.

Le film est découpé en trois tiers: l’un consacré à l’enfance des « héros », le second à leurs vacances en Europe, le troisième qui s’invite dans les 2 premiers (pour éviter que le spectateur ne s’assoupisse…) à bord du Thalys. En fait, ce film superficiel ne raconte pas grand chose.

Chapitre1: Enfance à l’école On apprend que nos trois « lascars » n’étaient pas très populaires auprès de leurs profs lorsqu’ils étaient enfants. Cela est banal mais permet de « meubler » pas mal…

Chapitre 2: European Tour Durant leur « tour européen », ils rencontrent des « nanas canon » avec qui ils vont au restaurant le soir même tout en échangeant de grosses banalités (Les échanges entre les 3 copains sont affligeants..), ils ont d’ailleurs accès à des endroits peu accessibles aux touristes (je connais Venise et les touristes ne visitent pas l’intérieur du clocher de la place Saint Marc d’ordinaire…), ils fréquentent des boites bataves à Amsterdam où la proximité avec l’autre sexe est garantie…en bref, tout leur sourit!

Sans intérêt et frustrant à regarder…on continue à « meubler »…

Chapitre 3: La neutralisation du « cinglé » de Daesh. Nos trois gaillards pourtant costauds vont devoir « s’employer » pour neutraliser l’illuminé de l’EI du mois d’août 2015, aussi teigneux et difficile à maitriser qu’il n’est déterminé. Les AK47 ne sont plus ce qu’elles étaient…heureusement pour Spencer et les passagers.

Pour conclure, on voit Spencer Stone remercier Dieu et prier avant d’être décoré de la Légion d’Honneur avec ses amis par François Hollande. Clint Eastwood a pensé que mettre une grosse pincée de religieux dans un propos un peu fade donnerait un peu de saveur à l’ensemble. C’est Raté!

Si le film n’avait pas été produit par Malpaso Company (qui appartient à « Clint Himself »….), peut être que quelqu’un aurait pu lui dire qu’il faisait « fausse route »….

Personnellement, 15h17 rejoint Edgar(un bien mauvais film sur un vrai bon sujet…) et l’au delà au palmarès des films décevants du réalisateur américain. On est loin de l’Homme des hautes plaines et de l’Échange. A l’instar de Woody Allen et de Ridley Scott, Eastwood a accéléré son rythme de réalisations, il devrait peut être lever le pied ? Pourtant, notre curiosité ne baisse pas, et le prochain de Clint Eastwood promet de se rapprocher de Gran Torino.

Au casting, à signaler l’absence de Jean-Hugues Anglade.

Dagrey.


À l’occasion de son nouveau long-métrage, le grand Clint, qui décidément n’a peur de rien, réalise une première : prendre pour acteurs, dans un film de fiction, les héros mêmes qui ont joué un rôle décisif dans l’événement qu’il scénarise, l’attaque du Thalys Bruxelles-Paris, le 21 août 2015. C’est d’ailleurs avec l’aide de l’un d’eux, Alek Skarlatos, que Clint Eastwood a élaboré le scénario, sur la base de l’ouvrage collectif que les trois héros ont rédigé. Par un montage parallèle volontairement déséquilibré, livrant d’abord par quelques flashs en prolepse des aperçus du jour historique vers lequel cheminaient sans le savoir ces trois garçons, le scénario s’ouvre sur l’enfance des futurs héros, pour progresser vers le 21 août 2015 comme vers une acmé où trois destins vont pouvoir s’accomplir.

Si l’on excepte les quelques flash-forward qui nous promettent le nouage final où le réalisateur retrouvera tout son art des scènes d’action, les quatre cinquièmes du film ont de quoi désoler : couleurs criardes et sommaires, personnages sans envergure, des mères dépassées, se réfugiant vaguement dans l’insolence face à toute instance supérieure, aux trois gamins américains passant leur temps entre le bureau du Principal de leur collège et leurs espaces de liberté où ils jouent à la guerre. Les années se succèdent, les acteurs changent et, avec Alek, Spencer Stone et Anthony Sadler endossent leur propre rôle. On voit les deux premiers chercher, dans le domaine militaire, à donner un sens à leur existence, pendant que le troisième poursuit ses études. Survient, décidé collectivement, ce tour en Europe, dont Eastwood, malicieux, ne cherche en rien à masquer la platitude, l’affligeante banalité.

Alors que l’on en venait presque à douter de nos trois sauveurs et du destin glorieux qui était supposé les attendre, le grand jour est enfin atteint, à la faveur d’un trajet en Thalys, à bord duquel un djihadiste marocain bardé d’intentions meurtrières est également monté. On a alors le plaisir de retrouver le grand Clint, son sens du cadrage, du rythme… Le fauteuil de cinéma devient fauteuil de train, au fond duquel chaque spectateur est plaqué, le souffle coupé. Et les trois lascars peuvent enfin déployer, de manière authentiquement héroïque, le sens du combat et de l’affrontement qui les galvanisait depuis leur enfance.

Au sortir de la salle, le spectateur a compris : tout l’ennui, toute l’absence de saveur et de sens qui précédaient les scènes d’action ne visaient qu’un objectif, nous apprendre à suspendre notre jugement. Oui, il est possible que des êtres dont l’existence nous semble condamnée par le vide et l’absence de grandeur deviennent soudainement des héros, des êtres dignes de recevoir la Légion d’Honneur, des êtres auxquels tous les humains pacifistes ont envie de crier leur gratitude et leur admiration. Nous reviennent à l’esprit certains passages des films dans lesquels le grand cowboy justicier prenait plaisir à se mettre en scène, jouant avec son image de héros, la tournant en dérision et n’hésitant pas à se montrer ridicule… Et l’on s’étonne moins que ce soit lui qui ait eu le courage de pousser jusque dans des zones aussi problématiques la réflexion sur la figure majestueuse du héros.

Anne Schneider.

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Même constat ! L’angle du film et son casting sont simplement mauvais.

    Aimé par 1 personne

  2. nico nsb dit :

    Pareil.
    Film douteux dans son propos (en gros c’est « America great again ! ») et terriblement vide dans la mise en scène. Pour ma part, le plus mauvais film réalisé par Clint Eastwood, que apprécie beaucoup pourtant. Et le dernier Woody Allen, ‘Wonder Wheel’, est à peine mieux. Les acteurs sont tous justes, belle photo, mais tout ça manque de passion.
    Chez l’un comme chez l’autre, film de trop ?

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  3. belette2911 dit :

    Et bien, on se contentera de connaître l’histoire vraie sans aller la voir sur grand écran !

    Aimé par 1 personne

  4. 1h34 ! Et pourtant j’ai trouvé le temps long. Seul la fin a vraiment de l’intérêt mais pour le coup c’est très court. Mal dosé, mal rythmé, sûrement pas assez de choses à dire.

    Aimé par 1 personne

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