Love Hunters (2017)

Love Hunters est un thriller australien écrit et réalisé par Ben Young.

Perth, durant l’été 1987, Vicki Maloney, une adolescente, se rend à une soirée. En chemin, Evelyn et John White, un couple de trentenaires, l’abordent et lui proposent un joint. La jeune femme accepte de les suivre jusqu’à leur domicile et se fait séquestrer.

Pour son premier long métrage, Ben Young nous offre un remarquable thriller dramatique sur la séquestration. Il nous montre l’enlèvement et l’emprisonnement d’une jeune fille par un couple pervers et paumé prêt à tout pour assouvir ses instincts les plus inavouables. Il s’inspire d’un fait divers réel qui s’était produit dans la région de Perth en 1987.

Vicki va supporter le pire et réagir avec intelligence (parfois de façon inattendue et trash..) face à ses tortionnaires dont le maillon faible est Evelyn, femme divorcée et soumise qui a perdu la garde de ses enfants.

Love hunters est réussi à tout point de vue. Simultanément réaliste et très noir, le film montre à la façon d’un thriller radical à la chute incertaine jusqu’à la dernière seconde, l’horreur ordinaire dans une banlieue miteuse de Perth, où les rapports humains se caractérisent au mieux par de l’indifférence, le plus souvent par la violence.

Alternant les plans esthétiques et sensuels au ralenti et ceux plus réalistes et crus qui cadrent les instants de tension, Ben Young a réalisé un film âpre, déconseillé aux âmes sensibles, qui maintient le spectateur en haleine pendant 108 minutes. L’étude psychologique des personnages est particulièrement bien vue: Vicki (Ashleigh Cummings) se retrouve en danger de mort alors qu’elle pensait que la séparation de ses parents était ce qui pouvait lui arriver de plus grave, John (Stephen Curry) est un pervers manipulateur extrêmement dangereux prêt à tout lorsque son confort est remis en cause, Evelyn (Emma Booth) interprète une femme amoureuse et dépendante, sans empathie mais fragilisée par sa situation personnelle. Vicki va tenter d’exploiter les failles du couple pour le déstabiliser. D’ailleurs, l’ensemble de la distribution est excellent !

Le film risque fort de diviser le public en raison de sa violence et de sa radicalité. La puissance du film réside dans le fait que ce fait divers pourrait arriver n’importe où dans le monde, il souligne une certaine universalité du mal de façon clinique et presque documentaire. Coté réalisation, il suggère la tension plutôt que de la montrer, ce qui se révèle très efficace.

La bande originale très sombre de Dan Cuscombs illustre parfaitement la noirceur du film. On a également quelques morceaux de musique célèbres (My Lady d’Arbanville, Night in white satin).

Love hunters se termine sur un dernier plan très fort au son du morceau Atmosphere de Joy Division aux lyrics puissants ( Walk in silence, Don’t walk away, in silence, See the danger, Always danger…) illustrant les dernières images d’un film qui ont laissé votre serviteur la « gorge serrée ».

Dagrey.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. blackbonnie64 dit :

    J’en avais déjà entendu parlé, un peu, mais après avoir lu cet article je vais le commander dès que dispo. J’adore ce genre de film angoissant à la réalité oppressante. De plus la bande son semble tout à fait en adéquation avec mes goûts musicaux. Merci

    Aimé par 1 personne

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