Après Séance : Black Panther

Black Panther est un film de super-héros co-écrit et réalisé par Ryan Coogler.

Le long métrage est une adaptation des aventures du personnage de Marvel Comics, T’Challa ou la Panthère Noire. Ce film s’inscrit dans la continuité du MCUniverse (commencée par Iron Man), il s’agit de son dix-huitième film.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Ce film a suscité ma curiosité lorsque j’ai appris les critiques positives qui ne cessaient de tomber. Certains en venaient même à le mettre au rang des meilleurs films Marvel. J’ai décidé d’aller voir s’il méritait, pour moi, ces honneurs.

Un petit mot sur l’histoire ?

T’Challa devient le roi du Wakanda après la mort tragique de son père (voir Captain America Civil War). Cependant, la poursuite de l’ennemi numéro un du pays va conduire le nouveau monarque dans une aventure où son pouvoir sera remis en cause…

Bienvenue au wakanda !

Il faut avouer que l’immersion est réussie, et dès les premières minutes, bien que le narrateur aille peut-être un peu trop vite dans ses explications. Les couleurs bleu-nuit, l’ambiance musicale nous transportent directement au Wakanda. L’alternance entre paysage naturels et numériques est parfois visible mais ne se fait pas tellement ressentir et dans l’ensemble le film est beau. L’ambiance musicale ainsi que les costumes apportent une vraie couleur locale. Nous nous sentons vraiment au Wakanda.

Le récit est une sorte de quête initiatique pour T’Challa : il va apprendre à devenir le roi du Wakanda grâce à son aventure. Il va comprendre que les rites et le couronnement ne suffisent pas pour comprendre le rôle d’un monarque. Son adversaire va remettre en cause la manière dont un roi doit gouverner, notamment vis-à-vis des nations étrangères. T’Challa sortira donc édifié de ces péripéties.

On perçoit le refus d’un certain manichéisme dans ce film et par moments il est vraiment appréciable. Dommage que l’équipe du film n’ait pas choisi d’aller plus loin dans ce sens. Le rival de T’Challa pour le trône n’est pas si méchant que ça. Et les actes du précédent roi du pays peuvent être contestés. Malheureusement, on reste dans le divertissement et on ne s’aventure pas plus loin. Certains combats sont jouissifs, mais on a parfois du mal à suivre l’enchaînement des coups, ce qui est dommage puisque Ryan Coogler a démontré qu’il était capable d’orchestrer des scènes épiques dans Creed.

Les acteurs offrent des performances de qualité. Andy Serkis en antagoniste extravagant n’est pas trop excessif . Au contraire il reste un personnage que l’on aurait aimé être davantage développé, même si ses motivations criminelles ne sont pas bien originaux.

Manque de profondeur des personnages et grosses ficelles scénaristiques. Sentiment d’ennui ?

Le film respecte les codes des films Marvel et reste un divertissement avant-tout. Il reste sage dans sa mise en scène et dans son histoire. Le scénario est prévisible et le spectateur n’a aucune surprise. Mais le film n’a pas la prétention de le surprendre non plus. Malheureusement, certains moments deviennent ennuyeux et lassants à force d’être vus et revus. Tout semble convenu.

Les personnages ne sont pas très approfondis. Les motivations de chacun sont à peu près claires mais on est déçu par le peu de développement. L’antagoniste, rival de T’Challa, ne restera pas dans les mémoires, comme T’Challa lui-même : il n’a rien de bien original. Le personnage incarné par Martin Freeman se contente de faire de la figuration sans rien apporter à l’histoire. Certains comportements de personnages sont surprenants : on aimerait avoir de raisons valables au sujet des changements de camp ou d’attitude.

En résumé, Black Panther reste un bon divertissement qui a le mérite de parvenir à plonger le spectateur dans un Wakanda attrayant et esthétiquement séduisant. Mais le scénario convenu ne parviendra pas tellement à le sortir des rangs de Marvel Studio.

Paul C.

A présent, je vous laisse avec François qui a été plus conquis par cette adaptation et par la travail de Ryan Coogler.


Découvert il y a maintenant 2 ans dans Captain America : Civil War, le personnage de Black Panther se voit désormais offrir son tout premier long-métrage en solo.

Relativement méconnu du grand public, ou en tout cas moins populaire que ses collègues Thor, Iron Man, Captain America, Spider-Man et cie, il ne devrait plus trop l’être dans la mesure où, disons-le d’emblée, sa première aventure cinématographique est de très haut niveau.

Alors qu’il continue de faire le deuil de son père, assassiné par l’officier Zemo dans Civil War, le prince T’Challa (Chadwik Boseman), en plus de devoir endosser à titre honorifique le titre de nouveau roi de son pays, le Wakanda, et accessoirement celui de protecteur sous les traits masqués de Black Panther, doit faire face à une terrible menace mettant non seulement en péril son propre pays ainsi que le reste du monde, dont dépend le sort du Wakanda lui-même.

Voici donc pour le « pitch » somme toute très classique et, vu comme ça, fort semblable à celui des aventures ciné des autres super-héros Marvel. Oui, sauf que… Pas tout à fait.

Depuis maintenant pas mal de films (« Ant-Man », « Doctor Strange », « Civil War », « Spider-Man Homecoming », « Les Gardiens de la Galaxie 2 », « Thor Ragnarok »), le principal reproche adressé au MCU est de se contenter de resservir, pour le meilleur et pour le pire, encore et toujours les mêmes recettes; à savoir des effets spéciaux en pagaille, un montage ultra-rythmé et surtout un humour un peu trop omniprésent et trop souvent utilisé afin de dédramatiser tout événement dramatique, ce qu’avait par ailleurs très mal entrepris le deuxième opus des « Gardiens de la Galaxie ».

Et, alors que l’on pensait Black Panther voué au même sort, force est de constater que… ce n’est pas le cas ! Après moults films, Kevin Feige , grand manitou du MCU et sa bande, semble avoir compris que, au-delà de l’humour et de l’envie de divertir à tout prix, il y a aussi une histoire à raconter; ce que réussit très bien à faire Black Panther. Cet exploit (on pourrait même dire « ce miracle »), on le doit avant tout à son réalisateur Ryan Coogler.

Remarqué par la critique pour son excellent premier film, Fruitval Station, avant de mettre tout le monde d’accord (presse comme grand public) avec Creed, son spin-off de la saga Rocky, le jeune réalisateur met ici tout son talent de conteur mais aussi de faiseur d’images (rarement on n’aura vu de plans aussi beaux dans un Marvel) au service de ce nouveau long-métrage issu de la « Maison des Idées ». Ceci dit, l’idée de confier ce film-ci en particulier à Coogler n’est pas due au hasard. Le réalisateur étant afro-américain, quoi de mieux que de le mettre aux commandes d’un super-héros lui-même noir vivant dans un pays africain qu’il protège.

Outre ce choix plus nuancé qu’il n’y paraît, le réalisateur s’est même vu offrir le luxe d’écrire (en partie) son propre scénario, élément de plus en plus rare dans les Blockbusters d’aujourd’hui, qui plus est dans un film Marvel. Le résultat se voit à l’écran, dans la mesure où, au-delà du grand spectacle attendu, on sent se dégager une patte personnelle symbolisé par des thématiques d’auteur que Coogler a déjà abordé dans ses deux films précédents : le repli sur soi et l’envie de valoir quelque chose dans un monde que l’on a pourtant du mal à comprendre. Ceci dit, qu’on ne s’y méprenne pas ; si réflexions intimistes du réalisateur il y a, elles ne vont pas aussi loin que celles développés par Sam Raimi, Christopher Nolan ou Tim Burton dans leurs films de super-héros respectifs.

Bien que Black Panter se différencie des autres films du MCU par son changement de ton et une envie de revenir au ton moins foutraque des débuts (les 1ers « Iron Man » et « Captain America »), il n’en reste pas moins un film de divertissement destiné à satisfaire un très large public, ce que le réalisateur parvient à faire intelligemment.

En choisissant de traiter du repli sur soi et de la question de savoir « qui l’on est vraiment », Ryan Coogler parvient à rendre crédible son récit ainsi que la figure de son héros T’Challa, déchiré entre son rôle de nouveau roi et son désir de justice. En outre, le fait de se focaliser sur l’entourage personnel du personnage (sa mère, son père, sa soeur, son oncle,) le rend encore plus humain et, de ce fait, plus vulnérable. Dès lors, le duel qui l’opposera à son ennemi (par ailleurs, un proche de sa famille) n’en sera que plus tragique, au point de donner au film des petits airs d' »Hamlet » et du « Roi Lion », au niveau des thématiques.

Ayant opté pour un ton plus mélancolique que d’habitude car traitant de choses plutôt délicates (la famille, la vengeance, le pouvoir, la politique), il est donc normal que l’humour soit un peu plus mis en retrait. Et en toute honnêteté, on ne peut en être que plus heureux dans la mesure où, comme expliqué un peu plus haut, l’humour à outrance finissait franchement par lasser. Certes, il y en a de temps à autre dans « Black Panther », mais plus modéré et surtout moins surfait.

Au niveau du traitement de l’action, bien que par moment un peu brouillonnes (en particulier les scènes impliquant des personnages masqués), celui-ci est plutôt bien dosé, osant le mélange risqué mais crédible et efficace entre courses-poursuite à la James Bond (on a même droit, sous forme d’un très joli plan-séquence, à une scène de casino en guise de clin d’oeil) et scènes de batailles épiques à la « Seigneur des Anneaux » (en version réduite, ceci dit).

Autre grand enjeu du film : la découverte du royaume du Wakanda qui, jusqu’à présent, n’avait été abordé que très brièvement dans le MCU, dans « Civil War » et un tout petit peu dans « Avengers : L’ère d’Ultron ». Considéré comme une pierre angulaire de l’univers Marvel de par le fait qu’il abrite en son sein le vibranium (le métal à partir duquel a été conçu le bouclier de Captain America), le Wakanda se caractérise par un mélange d’accessoires relativement primitifs (lances, rituels, duels) et de technologie design et avancée (vaisseaux spatiaux, costumes de cuir à l’épreuve des balles), ce qui confère à ce royaume une esthétique à la fois rétro et moderne, comme si le temps n’avait et n’aura jamais d’emprise sur lui. On notera d’ailleurs sur ce plan-là que la photographie est très belle, privilégiant les séquences en plein jour.

Au niveau de l’interprétation, il y a aussi des choses à dire. Si Chadwick Boseman, dans le rôle-titre de T’Challa / Black Panther, est très sobre et plutôt crédible, il se fait néanmoins voler la vedette par Michael B. Jordan, interprète de Eric Killmonger, le méchant du film. Acteur fétiche du réalisateur pour avoir été le héros de ses deux premiers long-métrages, Jordan, par la limpidité de son jeu (capable de retranscrire physiquement et rapidement un large éventail d’émotions différentes et donc de passer en une fraction de seconde de la colère la plus froide à la tristesse la plus dure) et son charisme naturel, parvient, le temps de quelques scènes, à faire de l’ombre au héros-vedette.

Dans des rôles plus secondaires, on retrouve avec plaisir l’excellent Daniel Kaluuya, révélé par « Get Out » l’an dernier, la charmante Lupita Nyong’o (dont on espère, ceci dit, que le personnage sera un peu plus étoffé dans la suite) et l’inusable Forest Whitaker qui, depuis « Rogue One », semble prendre beaucoup de plaisir à jouer les vieux sages.

Dans des rôles relevant plus de « sidekick » comiques, si Martin Freeman, qui reprend ici son rôle de l’agent Everett Ross découvert dans « Civil War », est plutôt sympathique et n’en pas fait pas trop, on ne peut pas en dire autant de la part d’Andy Serkis qui rejoue son personnage du mercenaire Ulysse Klaue découvert dans « Avengers : L’ère d’Ultron », dont le cabotinage extrême est franchement insupportable. En totale roue libre, se livrant à toute une série de grimaces et de rires hystériques qui ferait presque de la concurrence à Jim Carrey lui-même, le comédien, que l’on a connu beaucoup plus inspiré et surtout bien meilleur, est tout bonnement insupportable d’autant plus que, d’un point de vue narratif, rien ne justifie le comportement si exubérant de son personnage.

Globalement, en dépit de quelques longueurs et d’un récit parfois un peu trop sur-politisé, Black Panther s’affiche largement comme la bonne surprise que l’on attendait plus de la part d’un film du MCU, soit un long-métrage qui, tout en restant un minimum fidèle au cahier des charges imposé (action, divertissement) parvient ENFIN s’imposer des limites en terme de dosage d’humour, de narration et même de propos réflexif ; indirectement, le fait que ce film-ci, très focalisé sur la culture afro-américaine, sorte en pleine ère Trump lui confère une certaine forme d’engagement qui se traduit par une envie d’en finir avec les clichés racistes d’une Amérique contemporaine ayant choisit la voie d’une politique régressive en matière de tolérance et de respect de l’autre.

Le fait d’avoir confié ce projet au talentueux Ryan Coogler, qui a su se l’approprier avec soin suffit d’emporter amplement l’adhésion et démontre, malgré ce que nous avait fait craindre les films précédents, une envie, de la part de « Marvel Studio », de vouloir toujours innover.

François B.

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