Mute (2018)

Mute est un film de science-fiction germano-britannique co-écrit et réalisé par Duncan Jones.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Selon Duncan Jones, il s’agit d’une suite spirituelle à son premier long métrage, Moon.

– Le scénario a été mis en chantier en 2002, ayant pour ligne directive un mélange de Blade Runner et de Casablanca. Le projet a connu plusieurs freins, notamment sur l’aspect financier. Des contraintes qui ont conduit une attente de quatorze années avant de voir le jour par l’intermédiaire de Netflix.

– Duncan Jones a dédié son long métrage à ses parents (David Bowie et Angela Barnett).


Pourquoi J’ai voulu voir ce film ?

J’ai découvert Duncan Jones avec Moon en 2009. La naissance criante d’un cinéaste de talent, qui a été confirmé ensuite avec Source Code. La science-fiction est le terrain de jeux parfait pour Duncan Jones et c’est avec un très grand plaisir que de découvrir le très attendu Mute.

Un petit mot sur l’histoire ?

À Berlin en 2052, le chaos règne entre immigrants et autochtones dans cette ville où l’Est affronte l’Ouest. Leo Beiler (Alexander Skarsgård), un barman muet, est enlevé alors qu’il affronte les truands de sa ville afin de retrouver une femme disparue qui est sa seule raison de vivre. Durant sa plongée dans les entrailles de la ville, deux étranges chirurgiens américains semblent être le seul fil rouge, et Leo ne sait pas s’il peut leur faire confiance.

Les premières minutes ?

Duncan Jones ouvre son long métrage en nous montrant Léo enfant et son tragique accident, ce qui nous renvoie au titre du film. Simple et efficace !

Ensuite, on fait un bond dans le temps et on suit Léo dans un Berlin futuriste fortement (un peu trop?) inspiré de Blade Runner. Ducan Jones prend son temps pour poser ses personnages, leurs environnements… Il s’attarde sur Léo (Alexander Skarsgård), sur son regard et son physique, ce qui permet au spectateur de cerner tout doucement le personnage et son caractère.

Sa relation avec Naadirah a quelque chose à la fois de magique et de mélancolique. Il y a de la sincérité de la part de la femme aux cheveux bleus, mais elle a aussi quelques secrets.

Le premier quart d’heure se rapproche énormément de deux films, à savoir Blade Runner et Dark City. Même si l’atmosphère fonctionne, je trouve dommage que Duncan Jones ne ce soit pas plus extirpé de ses sources d’inspiration pour réellement créer une vision singulière de Berlin 2052.

Le casting ?

Alexander Skarsgård livre une interprétation éclatante. A la fois si pur et si brut, l’acteur suédois dégage énormément d’émotions et de tourments. Il m’a rappelé Matthias Schoenaerts dans Bullhead. Toutefois, le personnage de Léo n’est pas assez exploité du point de vue scénaristique.

Dans la peau de Cactus Bill, Paul Rudd se montre inspiré. Il nuance son jeu comme il faut, pour aussi bien nous donner le sourire ou vite nous l’effacer. Ça fait du bien de voir l’acteur dans ce registre.

Justin Theroux est convaincant dans le rôle de Duck, qui se révèle assez glaçant et dérangeant après la première partie du long métrage.

Seyneb Saleh dégage comme il faut mélancolie et sensualité. Robert Sheehan (Misfits, Killing Bono) apparait une poignée de minutes, et son interprétation est juste.

Dans l’ensemble, la distribution est bien constituée et inspire à un véritable potentiel, mais la plume reste assez faiblarde. On attend beaucoup plus que de simples esquisses.

Et au final ça donne quoi ?

On ne va pas le cacher, Mute inspirait à une œuvre unique et remarquable. Duncan Jones a toujours vendu ce projet, comme l’un des plus importants de sa vie. On était donc en droit d’en attendre quelque chose de grandiose. Malheureusement, le long métrage est d’une inégalité affligeante. N’oublions pas que le réalisateur a perdu son père en 2016, et que ce chagrin est peut-être l’une des causes de ce manque de développement sur chaque aspect du film. Paradoxalement à son rythme, on a l’impression que Duncan Jones a littérairement expédié son long métrage.

Sa mise en scène est étonnement très classique, la réalisateur et son équipe ne proposent rien de neuf. Je n’oublie pas sa déclaration dans Deadline qui disait : « Mute est un film qui va rester. Il est différent de tous les films de science-fiction réalisés ces temps-ci ». Je me demande vraiment en quoi ? Les scènes d’actions n’ont aucun punch, aucune fulgurance, on se demande même si on est pas devant une série des années 90. Ou est Duncan Jones ?

La direction artistique est quelconque, tout comme la photographie. Il clair que personne n’ait pris des distances avec les références. Le montage n’arrange rien non plus, on essaye (tristement) de faire du Villeneuve ou du Nolan.

Au niveau de l’écriture, c’est insuffisant ! Que ce soit la structure narrative, les enjeux, les personnages, les rebondissements…, c’est simplement esquissé et jamais abouti. Il y a de nombreuses réécritures, et à mon avis, la gomme a fumé. Près de 12 ans d’écriture et plus de deux heures de film, pour ça ? Faut pas déconner !

La bande originale est à l’image de tout ce que j’ai pu dire, on tombe dans la fainéantise, ni plus, ni moins. Clint Mansell (Black Swan, Pi) rend une copie très pâle et oubliable. Son score est désopilant à souhait, sa musique ne donne jamais corps aux images.

En résumé, Mute se plante littéralement ! On comprend le message personnel que Duncan Jones veut véhiculer, mais c’est d’un brouillon et d’un manque d’inspiration criant. Une désillusion que même le casting n’arrive pas à sauver.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. J’ai eu exactement la même impression après l’avoir vu. Honnêtement, je l’ai regardé jusqu’à la fin uniquement pour Alexander Skarsgård.

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