Hollow Man (2000)

Hollow Man est un film américano-allemand de science-fiction réalisé par Paul Verhoeven.

Qui se prend pour Dieu perd le jeu !

Dernier film hollywoodien de Paul Verhoeven, Hollow Man se veut une relecture perverse de L’homme invisible. Sur le thème classique de l’homme voulant repousser les limites de la science dans le but de rivaliser avec Dieu le père, Verhoeven signe un huis-clos fantastique qui, à défaut d’être excellent, n’en reste pas moins intéressant.

Considéré de l’aveu même de son réalisateur comme son œuvre la plus mineure (« ce n’est rien d’autre qu’un slasher-movie de luxe », a-t-il déclaré récemment aux Cahiers du cinéma), Hollow Man, de par ses rebondissements relativement prévisibles et son surplus d’effets spéciaux « ultra technologiques », ne surprend guère, il est vrai.

Mais malgré tout, ce serait quelque peu excessif de parler de ratage dans la mesure où l’on sent tout de même la patte personnelle du « Hollandais violent », son goût pour le voyeurisme et l’érotisme brûlant, et ce dans pas mal de séquences. Cette patte se reconnaît dans l’utilisation du procédé de « caméra subjective » (quand la caméra personnifie l’un des personnages du film, en gros), que Verhoeven utilise à sa manière, c’est-à-dire pour évoquer la perte des limites du comportement humain une fois celui-ci débarrassé de toutes barrières, ici en l’occurrence, l’apparence physique et corporelle. Ces moments filmés en caméra subjective sont par ailleurs les meilleurs du film (ah, ce lent pano-travelling horizontal dans lequel le personnage principal peut épier à loisir sa charmante voisine qui auparavant sous son apparence humaine lui paraissait si inaccessible).

Pour le reste, Verhoeven fait le taf sans trop se poser de questions, avec efficacité et sobriété, histoire de s’assurer que la grosse commande hollywoodienne soit bien conforme aux critères des studios.

Que Hollow Man soit le dernier (petit) film hollywoodien du cinéaste hollandais n’étonne guère, dans la mesure où on le sent peu motivé, se contentant de filmer un scénario de « slasher movie » sans surprises, avec ce qu’il faut de gore et d’effets spéciaux, avec en prime une légère dose de sexe, histoire de rappeler qu’il s’agit néanmoins d’un film du sulfureux et provocant « Hollandais violent ».

Ni le meilleur film de Verhoeven, ni le plus sanglant (il a fait bien pire par le passé !), ni le plus érotique (là-dessus aussi, il a fait bien pire !), Hollow Man ne doit donc son mérite qu’à ses quelques séquences en caméra subjective (déjà évoquées plus haut), une interprétation plutôt correcte (Kevin Bacon et son physique à la fois charmeur et inquiétant à la Willem Dafoe, la très belle et solide Elizabeth Shue et l’efficace Josh Brolin, qui n’était pas encore « starisé » à l’époque), et enfin à une réalisation plutôt efficace, bien que sans surprises.

En résumé, Hollow Man c’est pas mal, mais c’est bien maigre comme cadeau d’adieu à Hollywood de la part du grand Paul !

François B.

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