La Planète des singes : Les Origines (2011)

La Planète des singes : Les Origines est un film de science-fiction américain réalisé par Rupert Wyatt.

Sorti durant l’été 2011, La Planète des Singes : Les Origines a clairement dépassé toutes les attentes en terme de succès critique et public, rapportant près de 481 M$ de recettes mondiales, de quoi permettre à la Fox de mettre en place une nouvelle franchise sur base du film original de 1968, « La Planète des Singes », réalisé par Franclin J.Schaffner, devenu rapidement un classique du cinéma de S-F ayant donné lieu à quatre suites (de 1970 à 1973) dans l’ensemble assez peu réussies ainsi qu’à un remake raté réalisé par Tim Burton en 2001, que ce dernier a depuis renié.

Venons-en maintenant au film en lui-même, que valent donc ces fameuses « origines » de la planète des singes ? Eh bien, dans l’ensemble, pour un premier chapitre, on peut dire que c’est plutôt réussi.

Le premier grand mérite du film est d’avoir opté pour un traitement réaliste, dans la mesure où les singes, plutôt que d’avoir été créés en images de synthèses, ont été interprétés par des comédiens en chair et en os, le tout sur fond de « Motion Capture » (le fameux procédé basé sur la capture de mouvements d’un acteur réel pour ensuite les appliquer au modèle virtuel).

A cet égard, le choix du comédien Andy Serkis dans le rôle principal (celui du chimpanzé César, futur leader de la révolte des singes) est tout sauf anodin; ce dernier étant connu en partie pour avoir interprété en « Motion Capture » le fameux Gollum du Seigneur des Anneaux, mais aussi le capitaine Haddock du Tintin de Spielberg et plus récemment encore le Suprême Leader Snoke de la nouvelle trilogie Star Wars; c’est dire donc si le bonhomme est un adepte du procédé.

Par delà le réalisme saisissant que le comédien insuffle à ce personnage d’animal en terme de mouvements et de déplacements, c’est surtout son jeu facial que l’on retient, qui parvient à faire de César un personnage plus « humain » que nature. Capable de passer en quelques secondes de la tristesse la plus touchante à la colère la plus impressionnante, Serkis parvient à faire exister son personnage en en faisant une véritable figure de tragédie à mi-chemin entre le héros, le martyre et le bourreau; à un point tel qu’il éclipse pour ainsi dire le reste de la distribution du film (les comédiens qui interprètent les personnages humains étant par ailleurs mis volontairement en retrait pour laisser plus de places aux singes).

Par le biais du traitement réaliste du personnage central du film, le réalisateur Rupert Wyatt opte pour une mise en scène humaine, préférant s’attarder sur les rapports qu’entretiennent les les personnages entre eux (amour, haine, amitié, jalousie) plutôt que sur les séquences à grand spectacle indispensables à ce type de blockbuster hollywoodien.

Dans sa volonté de préférer la psychologie à la pyrotechnie, La Planète des Singes : Les Origines se rapproche plus du cinéma de Christopher Nolan que de celui de Michael Bay ou de Roland Emmerich. Et c’est ce qui fait d’ailleurs le second grand mérite du film; à savoir avoir être parvenu à combiner un blockbuster hollywoodien à la fois spectaculaire (à cet égard, le dernier acte du film est vraiment très impressionnant) et réflexif (la rivalité entre l’homme et l’animal, la question de savoir si oui ou non l’homme et l’animal peuvent vraiment cohabiter ensemble) et réaliste (caractéristique déjà évoqué plus haut via le jeu d’Andy Serkis).

On en arrive donc au troisième grand mérite de ce premier chapitre; à savoir le grand spectacle. En effet, le film, qui reste avant tout un blockbuster d’été qui contient son lot de moments fort et épiques. A cet égard, la dernière partie du film qui voit l’affrontement entre le clan des singes rallié à la cause de César et les forces de l’ordre sur le « Golden Gate Bridge » de San Francisco, est vraiment très réussie. Pendant près de vingt minutes, nous assistons à un affrontement épique et violent, digne de n’importe quelle bataille du Seigneur des Anneaux, ce qui laisse entrevoir que le meilleur (en terme de grand spectacle) est encore à venir.

Encore une fois, le réalisme est au rendez-vous; il y a un peu de sang (mais pas trop non plus), des morts aussi bien du côté des singes que des humains et très peu de pyrotechnie et d’explosion, les effets spéciaux se remarquant essentiellement à travers les déplacements des singes.

En dépit d’indéniables qualités, le film n’est pas non plus exempt de défauts, à commencer par le traitement des personnages humains. Bien que le principe du film soit de mettre les singes au premier plan, le fait que les humains soient traités de manière si stéréotypé en affaiblit quelque peu sa puissance émotionnelle.

Le scientifique au grand cœur seul contre tous partagé entre son amour pour les singes et les obligations qu’impliquent son travail, le vieux papa fatigué et faible, le voisin colérique, le gardien de fourrière détestable, l’homme d’affaire cupide aux sombres intentions; pratiquement tous les personnages humains ne sont que des stéréotypes vus et revus.

Et ce ne sont malheureusement pas les comédiens qui nous feront jurer le contraire. Bien que très sobre, James Franco dans le rôle du scientifique tout beau tout gentil se voit voler la « vedette » par le très charismatique Andy Serkis dans la peau (c’est le cas de le dire !) de César, Freida Pinto dans le rôle de la copine du héros humain ne sert franchement à rien si ce n’est afficher son charmant sourire tout les deux plans, John Lithgow dans celui du vieux père limite sénile est comme d’habitude un peu trop cabotin pour convaincre et David Oleyowo n’apporte rien de neuf à son rôle d’homme d’affaire aux sombres intentions vis-à-vis des singes.

Ceci étant, et en dépit de certaines longueurs et d’une musique parfois un peu répétitive, La Planète des Singes : Les origines se révèle être un divertissement de bonne facture, un blockbuster hollywoodien ayant le mérite de se distinguer de la masse en optant pour une approche plus psychologique et moins manichéen qu’a l’accoutumée.

En résumé, La Planète des singes : Les Origines est un premier chapitre qui laissait donc présager du lourd pour la suite !

François B.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    César, qui était-il dans la planète des singes « reboot », celle avec Tim Roth qui était dans la peau du général Thade ? On parlait de Semos en tant que « premier singe » fondateur…

    Aimé par 1 personne

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