Après Séance : Moi, Tonya

Moi, Tonya est une film biographique américain réalisé par Craig Gillespie.

En 1994, le monde du patinage est sidéré en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse pleine d’avenir, est sauvagement attaquée. Sa rivale, Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression.

Le film raconte donc l’histoire de Tonya Harding, de son enfance sur les patinoires de Portland à sa chute après l’agression de Nancy Kerrigan et sa quatrième place aux J.O de Lillehammer en 1994.

J’ai beaucoup aimé ce film qui présente à mon sens de nombreuses qualités. Craig Gillepsie filme la patineuse dans son milieu familial difficile et sur les patinoires où elle affirme vite son caractère. Le film oscille entre rires et amertume. Moi, Tonya s’avère en effet extrêmement émouvant et dur lorsque l’on voit la jeune championne être malmenée par sa monstrueuse mère ou son mari. De même, Tonya, bien qu’excellente patineuse, ne gagnera jamais le respect de ses pairs. En fait, la fédération américaine de patinage artistique ne la respectera jamais en raison de son image, de ses origines modestes et de son franc parler.

Le film enseigne que l’on est marqué par son enfance et que l’on échappe pas à son milieu…pour le plus grand malheur de Tonya Harding, mal entourée et souvent maltraitée par son entourage.

Ses origines modestes ont collé à la peau de la championne qui a lutté avec ses armes: une « grande gueule » et la volonté de ne pas s’en laisser conter, ce qui est assez contre productif dans le milieu corseté et conservateur du patinage. Sur le plan narratif, la séquence sur les préparatifs de l’agression contre Nancy Kerrigan est bien filmée et n’est pas sans rappeler certains polars noirs comme Les affranchis. De même, les séquences sportives de patinage sont également bien filmées.

Le film bénéficie d’un scénario astucieux restituant la chronologie des évènements, matinée de flashbacks. Moi, Tonya doit beaucoup à ses acteurs notamment Margot Robbie, drôle et émouvante, qui trouve ici un vrai rôle dramatique qui l’éloigne des compositions de jolie fille qui l’ont rendu célèbre.

Les seconds rôles sont également très bons: Allison Janney (l’épouvantable mère de Tonya), Sebastian Stan (Jeff Gilloly) et Pauvre Walter Hauser (Savoureux et mythomane Shawn Eckardt…) tous très convaincants. Sociologiquement, le film « fait mouche » avec la description de l’entourage redneck sans envergure et sans scrupules de Tonya.

Au final, Moi, Tonya constitue une réhabilitation de la patineuse spécialiste du « triple axel », rappelant que si elle pouvait passer pour une provinciale mal dégrossie, elle n’était pas la commanditaire de l’agression physique de sa rivale.

Dagrey.

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