Cloclo (2012)

Cloclo est un biopic franco-belge co-écrit et réalisé par Florent-Emilio Siri.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– A l’origine, c’est Antoine de Caunes en 2002, qui a amorcé l’idée d’un biopic sur Claude François avec Jérémie Renier. Le projet est stoppé lors de la mise en chantier de Podium de Yann Moix.

– Florent Emilio Siri arrive officiellement sur le projet en 2010. Il coécrit le scénario avec Julien Rappeneau, ce qui a pris près d’un an et demi d’écriture.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Cloclo est le film français que j’attendais le plus en 2012. Un biopic sur un personnage hors normes, avec un budget assez élevé pour une production française. Florent Emilio Siri et Jérémie Renier sont également des facteurs majeurs dans cette envie de redécouvrir ce film, que j’avais apprécié lors de sa sortie en salle.

Un petit mot sur l’histoire ?

Le film relate la vie du chanteur, de son enfance en Égypte jusqu’à sa mort tragique dans son appartement parisien survenue le 11 mars 1978.

Les premières minutes ?

Le premier quart d’heure se résume à l’enfance et la jeunesse de Claude François. Florent Emilio Siri fait un zoom sur la famille François, et le contexte politique qui va les amener à quitter l’Égypte. Une manière de procédé simple et cohérente afin de mieux comprendre ce qui a construit Claude François, et les cicatrices qu’il a gardé tout au long de sa vie. La place du père est notamment très importante, tout comme sa passion pour la musique américaine, et plus précisément Frank Sinatra.

Le casting ?

Jérémie Rénier est époustouflant ! Son interprétation est sans faille, il est habité par Claude François. L’acteur s’est approprié quasi-tout du chanteur, à part le chant. Les mimiques, la gestuelle, l’élocution, la fièvre, la mélancolie dans le regard, tout est là. Attention, on n’est pas dans une imitation, mais bien dans une incarnation. Jérémie Rénier met son jeu au service du personnage. La nomination aux Césars était évidente, et l’acteur aurait mérité d’être récompensé. Il est le pilier du long métrage !

Dans la peau de l’imprésario Paul Lederman, Benoit Magimel fait ce qu’il peut pour être convaincant. Mais physiquement, ça sonne faux, tout comme sa manière de s’exprimer. Il fait passer le personnage pour un pseudo-mafieux, ce qui fait légèrement tache.

Les parents de Claude François sont très bien interprétés par Monica Scattini et Marc Barbé, ce dernier tient une force implacable dans le regard, ce qui renforce le côté patriarche familial et fantôme du passé.

On retient également l’interprétation de Joséphine Japy dans le rôle de France Gall, et celle d’Ana Girardo sous les traits d’Isabelle, la compagne et la mère des enfants de Claude François.

Et au final ça donne quoi ?

Florent-Emilio Siri réussit à nous offrir à la fois un beau film et un biopic cohérent et sans concession. On sent le sérieux dans le travail d’investigation de la part du réalisateur, de Julien Rappeneau et Jérémie Rénier. Le long métrage nous montre des facettes et des évènements en rapport à l’artiste que l’on ne connait pas forcément. Comme pour Ray et Walk the line, Cloclo se rapproche au plus près de la face « cachée » de Claude François.

La mise en scène de Florent-Emilio Siri est somptueuse. Une maitrise et une sobriété sur le cadre et le rythme, qui amène une dynamique passionnante. Le réalisateur est au plus près de son personnage, et nous emmène dans son intimité avec aisance et passion. La direction artistique est sublime, la richesse des costumes et des décors participent totalement à l’atmosphère 60’s-70’s du long métrage. Le montage est aiguisé comme il faut, à l’image de la scène finale par exemple.

Au niveau de l’écriture, Florent-Emilio Siri et Julien Rappeneau se sont intéressés à la complexité du personnage, dont le talent s’étirait autant que ses névroses. Il y a cette volonté d’offrir la vérité au spectateur, une reconstitution méticuleuse de l’homme et des faits qui l’ont entouré. Les échecs, les accomplissements, les amours, l’ambition, la lumière et l’obscurité, tout est passé au crible avec sérieux et aisance. Les personnages secondaires sont également bien conçus, et ont tous un rôle clé aux côté de Claude François.

La bande originale est composé des grands tubes de Claude François, mais aussi de ses influences (Otis Redding, Frank Sinatra…). L’utilisation est assez bonne dans l’ensemble, et favorise un bon rythme et la chronologie des évènements.

En résumé, Cloclo est l’un des plus beaux biopics du cinéma français. Jérémie Rénier est impérial !

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