Annihilation (2018)

Annihilation est un film de science-fiction américano-britannique écrit et réalisé par Alex Garland.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Jeff VanderMeer (2014).

– Les projections-test n’ont pas convaincu tout le monde, ce qui a entrainer la décision de ne pas distribuer le long métrage dans les salles européennes. Netflix s’est chargé de le mettre sur sa plate-forme pour faciliter l’accès au film. De son côté, Paramount a assuré la diffusion en salles en Chine, Canada et États-Unis.

– A ce jour, le film n’a récolté que 20 millions de dollars de recettes sur un budget évalué à 40 millions.


Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Il s’agit tout simplement de mon attente N°1 de l’année 2018. Alex Garland m’a ébloui avec son premier long métrage Ex-Machina, sa manière de travailler la psychologie des personnages, d’occuper les espaces, son traitement de l’intelligence artificielle… m’a énormément plu. J’attends Annihilation comme un grand film de science-fiction, égale voir supérieur à Ex-Machina. Ai-je placé la barre un peu trop haut ? La réponse est un peu plus bas…

Un petit mot sur l’histoire ?

Alors que son mari a disparu, une biologiste, Lena, et quatre autres personnes (une psychologue, une physicienne, une secouriste et une géologue) se rendent dans une zone abandonnée et coupée de toute civilisation. Les précédentes expéditions dans cette zone s’étaient toutes soldées par des disparitions, des suicides, des cancers ou des traumatismes mentaux. Lena retrouve son mari, Kane, grièvement blessé. Pour découvrir ce qui lui est arrivé, et pour le sauver, elle et les autres femmes vont devoir rentrer dans cette zone…

Les premières minutes ?

Alex Garland instaure d’entrée une ambiance inquiétante. La structure narrative se rapproche un Denis Villeneuve ou un Christopher Nolan, dans le but de mieux nous déboussoler. Le mystère entoure quelques personnages et le « miroitement » (la zone infectée). Le réalisateur nous présente des choses qui auront certainement une résonance par la suite comme le cours de Lena.

Le premier quart d’heure est accrocheur, et amène le spectateur à se poser dans son siège pour se laisser porter par une éventuelle expérience sensorielle et émotionnelle.

Le casting  ?

Nous avons donc en tête Natalie Portman qui tient efficacement la barre, sans pour autant être inoubliable. L’actrice israélo-américaine livre une interprétation solide, mais qui aurait pu être plus poussé émotionnellement parlant, et peut être même physiquement. Bien sûr cela n’est pas de son fait, mais bien d’Alex Garland qui a conçu le personnage et dirigé l’actrice.

A ses côtés, on retient surtout Jennifer Jason Leigh et Oscar Isaac. Ils sèment tous les deux le doute chez le spectateur à travers des comportements assez étranges.

Gina Rodriguez, Tessa Thompson, Tuva Novotny et David Gyasi font juste du remplissage. Les personnages sont assez effaçables dans l’ensemble, ce qui est dommageable compte-tenu du potentiel affiché par la distribution.

Même si il n’apparait même pas deux minutes à l’écran, Benedict Wong campe un scientifique convaincant dont le relationnel avec Jena est intéressant, ça aurait mérité d’être un peu plus approfondi.

Et au final ça donne quoi ?

Est-ce que Annihilation méritait sa chance dans les salles obscure françaises ? Oui, mais il n’aurait pas obtenu la visibilité qu’il obtient actuellement par le biais de Netflix. Et soyons honnête, le film n’est (à mon sens) pas à la hauteur de ce qu’il prétendait. Il arbore autant de qualité que de défauts, ce qui en fait une œuvre prématurée. On ressent l’ambition d’Alex Garland avec ce deuxième long métrage, mais il n’atteint pas les sommets pour nous scotcher à notre siège.

Commençons par la mise en scène qui brille par son atmosphère inquiétante et son esthétique lumineuse. La structure narrative prend du plomb dans l’aile au fur et à mesure des évènements, le montage tire les grosses ficelles et cela devient vite lassant. Alex Garland a choisi de se centrer principalement sur Lena (Natalie Portman), ce qui amène un déséquilibre au niveau des personnages. Il les esquisse de manière expéditive, à l’image de la constitution du groupe. Les effets spéciaux alternent le bon et moins bon, l’approche organique est réussie, contrairement à certains CGI grossiers. J’aurais aimé un peu plus d’originalité dans les créatures vivants dans la zone contaminée, pour ainsi intensifier la peur, l’étrange et la beauté. En revanche, Alex Garland propose une scénographie subtile, puisqu’il laisse des indices afin que le spectateur se fait sa propre interprétation. Il mélange astucieusement la poésie et l’horreur, tout comme c’était le cas pour Ex-Machina. La travail sur le son participe grandement à la mise en abîmes dans le « miroitement ».

A l’image de la forme, le fond jongle également entre qualités et carences. La narration et la conception des personnages secondaires est d’une facilité dommageable de la part de Garland. Par contre, le développement des thématiques et des symboles est agencé de manière intelligente, c’est là que l’on retrouve la patte du cinéaste. On pense évidemment à Alice aux pays des merveilles, et à ses jeux de miroirs. C’est là-dessus qu’Alex Garland se montre le plus inspiré, en plus de l’humanité et de son avenir (évolution ou destruction). Le parallèle concernant le groupe de femmes et le groupe d’hommes est également très intéressant.

La bande originale de Geoff Barrow et Ben Salisbury épouse bien le concept du nouveau monde et d’une nouvelle porte qui s’ouvre à l’humanité. Les sonorités sont proches de celles de Premier Contact ou bien de Blade Runner 2049.

Même si il explore de manière fascinante une nouvelle porte pour l’humanité, Alex Garland déçoit en œuvrant sur des facilités évitables. J’avais placé Annihilation comme attente N°1 de l’année, malheureusement il n’atteint pas mes espérances, à savoir égaliser ou dépasser Ex-Machina. Cela reste pour autant, un long métrage envoûtant, qui figure parmi les meilleurs de Netflix.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. hauntya dit :

    Effectivement, niveau narration, le film reste assez contemplatif et aurait gagné à davantage de rythme. En revanche, sur les personnages, je pense que leur absence de fond est voulue, tout en venant aussi du bouquin original. Dans ce dernier, il faut dire qu’aucun personnage en-dehors de Lena n’est développé, et ils « disparaissent » tout aussi vite. De plus, ils sont même résumés à leur profession, n’ont aucun prénom. « La biologiste », « la psychologue », etc. De même, je crois que les ficelles ne sont pas si grosses que ça ; tout dépend de l’interprétation qu’on fait du film, et celle qu’on donne à la fin. Pour le côté un peu brouillon, grossier, ça vient aussi du bouquin que le réalisateur a aussi respecté (tout en en s’éloignant) : c’est très dense, très symbolique, on sent une atmosphère étouffée et étouffante, et on se croit aussi sous hallucination de temps en temps…

    Aimé par 1 personne

    1. Pour moi au niveau des personnages, on est proche d’un traitement à la Ridley Scott (Prometheus, Alien Covenant). Je sais j’y vais fort. =)

      Aimé par 1 personne

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