Après Séance : L’Affaire Roman J.

L’Affaire Roman J. est un film dramatique américain écrit et réalisé par Dan Gilroy.

Après le succès de son premier film Night call, Dan Gilroy souhaite porter à l’écran une histoire qu’il a composé, il y a quelques années. L’idée est de faire un film juridique dans la lignée du Verdict de Sydney Lumet.

Le rôle de Roman J. Israel a été composé en pensant à Denzel Washington, Dan Gilroy a sollicité l’acteur pour l’interpréter, qui a été immédiatement séduit par le personnage et son histoire.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

En général, tous les projets de Denzel Washington attire mon attention, et j’avoue que L’Affaire Roman J. pique ma curiosité. Un drame juridique signé par Dan Gilroy, dont j’ai apprécié Night call, ça donne forcément envie de voir ce que ça donne.

Un petit mot sur l’histoire ?

Un avocat idéaliste et libéral, Roman J. Israel, découvre la réalité de la justice qui l’entoure après la mort de son associé dans leur cabinet d’avocats.

Les premières minutes ?

Le long métrage s’ouvre sur la composition d’une note, celle de Roman J. Israel qui confesse avoir commis une faute grave, et qu’il ne peut plus être représentant de la loi. Un premier parti pris avec cette introduction, qui nous divulgue un petit indice sur le personnage et l’intrigue.

On fait ensuite un bond quelques semaines avant cette confession, et on fait la connaissance de Roman J. Israel. Un avocat de l’ombre associé à un autre avocat, celui sous les feux des projecteurs. Une particularité très intéressante pour l’évolution de Roman, qui va devoir remplacer son associé dans la lumière. Un nouveau rôle pour lui, qui le déstabilise. Son franc parlé et son résonnement ne plaisent pas à ses confrères et ses supérieurs. Il irrite et provoque de façon assez naturel. D’ailleurs, on peut voir dans son appartement des cadres où figurent de grandes personnalités comme Muhammad Ali, ce qui nous montre ses influences. La musique tient également une place très importante dans son quotidien.

Le premier quart d’heure se focalise sur Roman, et sa prospérité qui est bousculée par l’hospitalisation grave son associé. Denzel Washington apparait déjà très inspiré par son rôle.

Le casting ?

On le sait, Denzel Washington affectionne les rôles d’hommes talentueux, mais qui franchissent la ligne jaune. Dan Gilroy lui offre un personnage de cette trempe. Cependant, le rôle de Roman J. Israel se démarque clairement des autres rôles qu’il a incarné ces dernières années. Son interprétation est pleine de sobriété et de justesse, ce qui apporte un certain attachement au personnage. L’acteur affiche de nouvelles facettes dans son jeu. Ce rôle d’avocat en apparence dépassé lui permet de proposer une composition qui se dégage vraiment de ce qu’il a pu faire auparavant.

A ses côtés, Colin Farrell se montre convaincant dans la peau du grand ténor du barreau de la ville. Carmen Ejogo est sublime et attachante, mais dommage que son personnage ne soit pas plus creusé.

Et au final ça donne quoi ?

L’Affaire Roman J. tire sa force dans l’écriture et l’interprétation de Denzel Washington. Comme pour Night call, Dan Gilroy met en scène son histoire de manière académique. Il favorise l’efficacité en étant au plus près de son protagoniste et en le confrontant à divers environnements. Le réalisateur porte également un intérêt sur les décors, toujours en rapport avec le personnage de Roman. Même si la scénographie remplit son rôle, j’aurais apprécié un peu plus de parti pris de la part de Dan Gilroy. Quelques longueurs se font ressentir, et c’est là que l’on voit les limites de sa mise en scène.

Sur le plan scénaristique, c’est beau plus pertinent. Rien que la composition de Roman est originale, un avocat hors normes fidèle à lui-même, vivant quelque peu en marge de la société. Ses idées et ses convictions refroidissent son entourage, trop brut de décoffrage. La mise en lumière dont il va faire l’objet va remettre en question sa place dans la société, et c’est là que Dan Gilroy fait des merveilles. Il confronte son personnage à faire des choix difficiles et interdits. Bref, je ne vous en dis pas plus. Nous sommes dans un drame/thriller juridique, orchestré avec réalisme, limite, on est proche d’un biopic.

En résumé, L’Affaire Roman J. brille par son propos, son personnage et son interprète. Dan Gilroy confirme son talent d’écriture. Il serait intéressant qu’il retrouve son frère pour un nouveau film en commun, notamment sur le plan de la mise en scène.

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