The Neon Demon (2016)

The Neon Demon est un thriller horrifique américano-dano-français co-écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn.

Peu le lui contestent, à présent : Nicolas Winding Refn est un virtuose ; virtuose de l’image et de la construction filmique, à tout le moins. Son dernier opus en date, The Neon Demon, décrit une boucle, en un arc tout sauf anodin, puisqu’il nous fait passer du fantasme publicitaire à la réalité meurtrière : les premières images nous font découvrir la magnétique Elle Fanning, reposant inerte sur un canapé, la gorge tranchée, sanguinolente… Triste annonce du sort qui l’attend ; seul diffèrera le moyen employé pour immoler celle qui, même de son vivant, aura arboré un épiderme de neige…

Après cette scène initiale qui s’avère ne nous avoir rendus témoins que d’une pose publicitaire, le scénario nous attache aux premiers pas de cette héroïne dans le monde de la mode. Monde prédateur, carnassier, vampirique, où il se révèle plus dangereux encore d’être à la hauteur de ses rêves de perfection que de se montrer radicalement hors du coup. Pour cette Jesse, sous la gentillesse et les sourires apparents, tout être, masculin ou féminin, peut se convertir en force menaçante, par le viol ou le meurtre.

Le réalisateur danois excelle à faire éprouver cette sauvagerie de jungle dans l’univers entièrement factice, retravaillé, de la mode, où la moindre surface, humaine ou mobilière, s’offre comme vernie, brillante, pailletée. Mais la grande force de N. Winding Refn est de ne pas faire de ce dévoilement de la superficialité un manifeste janséniste pourfendant le « divertissement » : par son travail de l’image, aussi léchée, laquée, lumineuse, clignotante, fascinante que le microcosme qu’elle recueille, le réalisateur ne se désolidarise pas de son objet et reconnaît faire corps avec lui, jusque dans les profondeurs les plus intimes de sa propre pupille.

Ainsi, la scène finale, scène d’anthropophagie phantasmée, témoigne d’un courage et, à proprement parler, d’une lucidité, devant lesquels on ne peut que s’incliner.

Anne Schneider.

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