Sin City (2005)

Sin City est un polar américain réalisé par Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– A l’origine, Frank Miller ne voulait pas que l’on adapte ses comics au cinéma. Il pensait que son œuvre allait être dénaturée par les producteurs hollywoodiens. De son côté, Robert Rodriguez est fan du travail de Frank Miller et de Sin City. Le réalisateur va alors rentré en contact avec le créateur pour lui soumettre l’idée d’un film représentant quelques unes de ses histoires. Frank Miller ne croit pas au projet et recale Robert Rodriguez. Ce dernier va alors, harcelé l’auteur en lui certifiant qu’il veut être le plus fidèle possible au matériel d’origine. Alors que Frank Miller reste toujours sceptique, Robert Rodriguez décide de tourner une scène test en studio chez lui à Austin avec Marley Shelton et Josh Hartnett, qui sera la scène d’introduction. Convaincu, Frank Miller s’attèle au scénario du film, en adaptant 3 volumes du comic : Sin City, Le Grand Carnage et Cet Enfant de salaud.

– Quelques semaines avant le tournage, Johnny Depp devait faire partie d’une histoire du film, basée sur le volume L’Enfer en retour. Mais Robert Rodriguez décida finalement de ne pas l’inclure.

– Quentin Tarantino est venu sur le plateau de tournage le temps d’une journée. Il n’est pas resté les mains dans les poches puisqu’il a dirigé la scène en voiture entre Clive Owen et Benicio del Toro. Cette participation a rapporté au réalisateur 1 $ car Robert Rodriguez avait composé des morceaux pour la B.O. de Kill Bill volume 2 pour 1 dollar symbolique.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Il s’agit du tout premier DVD que j’ai acheté pour débuté ma collection, et à l’époque ça été une révélation. Une belle affiche qui présente un casting de dingue, la navigation au sein du DVD était assez original à l’époque et nous mettait très vite dans l’ambiance de l’œuvre de Frank Miller. A mes yeux, il s’agit du meilleur film de Robert Rodriguez. Pour vous (et un petit peu pour moi aussi), j’ai voulu revoir cette œuvre singulière et éclatante.

Un petit mot sur l’histoire ?

Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales. Hartigan s’est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l’a fait craquer. Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie. Dwight est l’amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable. Certains ont soif de vengeance, d’autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché.

Les premières minutes ?

La scène d’ouverture rend évidemment hommage aux films noirs des années 50. Le jazz enveloppe la ville et les protagonistes, un souffle mélancolique et ténébreux s’installe. Le charme opère quasi-immédiatement, le cadre ciselé de Robert Rodriguez met parfaitement en valeur Marley Shelton et Josh Hartnett. L’esthétique respecte parfaitement l’œuvre de Frank Miller, le regard de Rodriguez lui apporte une véritable envolée sensorielle. Les effets spéciaux sont subtiles et très convaincants, on y croit à cette ville de Sin City.

On fait la connaissance d’Hartigan (Bruce Willis), un flic sur la corde raide qui va bientôt raccrocher. Le réalisateur met en avant son personnage avec efficacité, en plus du savoir-faire de l’acteur. On savoure également la finesse des dialogues et de l’utilisation du noir et blanc, le dynamisme du montage et de la narration, ce qui renforce l’atmosphère ténébreuse du long métrage.

On ne voit pas le premier quart d’heure passé, Robert Rodriguez et Frank Miller n’ont pas manqué l’entrée, et le reste du menu est prometteur.

Le casting ?

L’une des plus belles distributions pour un blockbusters américain de cette trempe. Vous allez me dire, il y a eu des castings de cette ampleur pour d’autres films à gros budgets. Oui, mais encore faut-il bien l’utilisé et être conscient de son potentiel. Robert Rodriguez (et Frank Miller) n’ont pas minimisé sur les moyens pour que leur film soit une réussite.

On va démarrer avec Bruce Willis, qui impose force et charisme pour son interprétation d’Hartigan. Sa voix-off porte efficacement son histoire, tout comme c’est le cas pour Mickey Rourke et Clive Owen. Les trois acteurs sont comme des poissons dans l’eau. Il faut tout de même souligner le grand retour de Mickey Rourke au cinéma, loin des nanars, de l’alcool et de la cocaïne. L’ancienne gloire d’Hollywood démontre qu’il est un acteur, et un très bon.

Jessica Alba et Rosario Dawson sont sublimes et imposent des personnages féminins aussi forts que les masculins.

Benicio Del Toro est grandiose en ripoux, ce qui nous donne un duo fantastique avec Clive Owen. Elijah Wood est glacial à souhait en dévoreur d’âmes et de chair.

Côté plus secondaire, Michael Clarke Duncan en impose, mais il n’apparait pas assez impitoyable et barré à mon sens. Jaime King souffle une double brise pleine de charme, qui trouble Marv et le spectateur. Michael Madsen, Brittany Murphy, Rutger Hauer et Josh Harnett apparaissent peu, mais se fondent à merveille dans le décor, ce qui donne encore plus d’épaisseur, à cette ville de Sin City.

Les personnages sont tous hauts en couleurs, et on sent que chacun a pris son travail au sérieux. Le résultat saute aux yeux, puisque l’on assiste une belle performance collective.

Et au final ça donne quoi ?

Avec Sin City, Robert Rodriguez et Frank Miller (et Quentin Tarantino) proposent une nouvelle dimension au film noir. Une œuvre qui secoue avec intelligence le genre, et donne encore plus de corps aux comics de Frank Miller. On assiste à une véritable adaptation, le cinéma matérialise parfaitement les planches du dessinateur. Que l’on soit fan ou non des comics, on ressort de ce film complètement conquis. Il nous ait proposé un véritable expérience de cinéma, qui rend à la fois hommage à aux grands classiques du genre, tout en volant de ses propres ailes.

Sur la mise en scène, on en prend plein les yeux et les oreilles. De par son esthétisme et son cadre, les réalisateurs ont composé une véritable identité visuelle et sensorielle. Bien que l’ensemble ait été articulé en CGI avec fonds verts, la magie opère dés les premiers instants. Le noir et blanc (et les quelques couleurs) est subtilement travaillé, et participe amplement à l’atmosphère du long métrage. Robert Rodriguez a capté l’essence même de l’œuvre de Frank Miller, et il l’instrumente avec respect et finesse, à l’image des nombreuses successions de plans somptueux. Le travail sur le son tient également de son importance dans l’immersion et l’impact pour le spectateur. Il faut également souligner l’efficacité du montage de Rodriguez. On assiste à un grand spectacle qui claque !

Sur le plan scénaristique, Frank Miller puise habilement dans trois de ses comics pour signer une multi-histoires à la fois simple et passionnante. Les personnages sont fortement caractérisés, ce qui amène des interprétations remarquables de la part du casting. On retrouve les veines du film noir des années 50, de par les situations, l’environnement et les personnages. La corruption, le crime, la politique, la religion, la police et la prostitution sont traités avec force et transparence, ce qui amène à l’identité propre de Sin City.

La bande originale est assurée par John Debney, Graeme Revell et Robert Rodriguez, qui mixent plusieurs genres comme le rock, le jazz en passant par l’expérimental ou encore le blues. On retient le saxophone qui accompagne les moments mélancoliques, et les sonorités électro graves qui épousent les moments inquiétants. Le score enveloppe à merveille cette ville de Sin City et ses résidents.

En résumé, tout s’additionne à la perfection Sin City, ce qui  le rend fascinant et unique. Robert Rodriguez et Frank Miller impose une nouvelle référence pour le film noir. Un éclat visuel et sonore qui frappe le spectateur de plein fouet. Le casting est exceptionnel, avec notamment le grand retour de Mickey Rourke.

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