Cowboys & Envahisseurs (2011)

Cowboys & Envahisseurs est un film de science-fiction américain réalisé par Jon Favreau.

Ce qu’il faut savoir sur ce film :

– A l’origine, Cowboys & Envahisseurs (Cowboys & Aliens) est un roman graphique de cent pages créé par Scott Mitchell Rosenberg, sur les écritures de Fred Van Lente et Andrew Foley, publié par Platinum Studios en décembre 2006. Mark Fergus et Hawk Ostby (Iron Man, Les Fils de l’Homme) étaient pressentis pour le scénario, mais l’adaptation sera finalement confié à Roberto Orci, Alex Kurtzman (Star Trek, Mission Impossible III) et Damon Lindelof (Lost).

– A la production, on retrouve Steven Spielberg et Ron Howard. Ils ont tous les deux donné beaucoup de conseils aux scénaristes et à Jon Favreau, notamment sur les films à décortiquer (Rencontre du Troisième Type, La Prisonnière du désert ou encore Alien, le huitième passager) pour réussir l’adaptation de Cowboys & Aliens.

– Côté casting, la production avait envisagé Robert Downey Jr pour le rôle de Jake Lonergan, mais l’acteur a décliné la proposition à cause du tournage de Sherlock Holmes II. Daniel Craig a été le second choix pour incarner le personnage, l’acteur britannique s’est inspiré de Yul Brynner et Clint Eastwood pour sa composition.


Pourquoi j’ai voulu (re)voir ce film ?

Cette production « spielbergienne » n’a pas été une franche réussite. Pourtant, son concept, sa première bande annonce et son casting inspiraient à un divertissement original. Encore faut-il réussir à maitriser le mélange des genres… Malgré ses faiblesses, j’éprouve une certaine sympathie envers ce film, de par son côté hybride, sa première partie et sa distribution. Aujourd’hui, j’avais envie de vous faire partager mon avis sur ce long métrage, et de tenter de comprendre son échec.

Un petit mot sur l’histoire ?

Arizona, 1873. Un homme qui a perdu tout souvenir de son passé se retrouve à Absolution, petite ville austère perdue en plein désert. Le seul indice relatif à son histoire est un mystérieux bracelet qui enserre son poignet. Alors que la ville est sous l’emprise du terrible colonel Dolarhyde, les habitants d’Absolution vont être confrontés à une menace bien plus inquiétante, venue d’ailleurs…

Les premières minutes ?

Ne perdons pas de temps et jouons-là efficace. C’est certainement ce qui a été demandé à Jon Favreau et les scénaristes. L’ouverture du long métrage reflète clairement le fait que le réalisateur doit suivre un cahier des charges, à la fois ambitieux, classique et brouillon.

Tout s’enchaine à la vitesse de la lumière, en laissant de côté la psychologie du protagoniste principal. Le générique de début est là pour nous dire « nous sommes dans un western avec de la musique traditionnelle », ce qui était clairement inutile. Il aurait été plus pertinent de poser le rythme autour de l’homme mystérieux et de ce qu’il a vécu, et ainsi d’être plus subtile dans la quête identitaire et plus viscéral dans la mise en scène.

Malgré cela, on se laisse tout de même porter par l’aventure grâce notamment au charisme naturel de Daniel Craig. Le premier quart d’heure repose principalement sur son interprétation et sur son mystérieux bracelet.

Le  casting ?

Heureusement que Daniel Craig mouille la chemise comme il faut, car il est clairement l’une des seules réussites de ce long métrage. L’acteur britannique colle parfaitement aux deux genres faussement mixés. Son jeu et son charisme sont vraiment intéressant, dommage que Jon Favreau et la production aient voulu le planter au beau milieu d’un long métrage sans véritable relief et originalité

A ses côtés, Harrison Ford est convaincant, mais son personnage reste esquisser, ce qui le place dans l’ombre de Daniel Craig. D’ailleurs, l’acteur américain a accepté le rôle pour formé un vrai duo avec son partenaire, et pas pour être relayé en tant que second couteau.

Derrière eux, nous avons Sam Rockwell, Olivia Wilde, Paul Dano ou encore Clancy Brown. Des noms qui sont loin d’être inconnus, et qui ont déjà démontré leurs talents. Malheureusement ici, ils n’apparaissent que pour faire du remplissage. Chaque personnage est stéréotypé comme pas permis, ce qui entraine une sous-utilisation de chaque membre de cette distribution.

Et au final ça donne quoi ?

Cowboys & Envahisseurs est la parfaite représentation du film qui ne sait pas sur quel axe il doit se diriger. Une production qui impose ses ficelles, des scénaristes de séries et un « yes man » derrière la caméra, une équipe déséquilibrée pour une adaptation ambitieuse et un peu originale. Malheureusement et malgré les quelques efforts de Jon Favreau, le long métrage perd de son intérêt au fil des minutes. La faute à une écriture transparente, qui n’hésite pas à tirer sur les clichés des genres, sans se soucier du moindre intérêt artistique que le roman que Scott Mitchell soulevait.

A travers une mise en scène honorable, Jon Favreau tente de nous offrir du grand spectacle, tout en se prenant au sérieux (contrairement aux scénaristes et à la production). Cela détraque complètement le concept, puisque l’on assiste à un faux-mariage entre deux voir trois genres. Le réalisateur (et les scénaristes) n’ont pas trouvé (et ils n’ont peut-être pas cherché) la bonne recette pour nous offrir une fusion des genres intelligente, avec des personnages aboutis pour être les instruments d’un grands spectacle. On est loin de ça avec Cowboys & Envahisseurs, puisque tout est prévisible et balisé. On retient la sombre photographie de Matthew Libatique, qui est tout de même plus inspiré aux côtés de Darren Aronofsky. Les décors sont globalement bien mis en valeur par la caméra de Favreau. Les effets spéciaux alternent le bon et le réchauffé, encore une fois rien de bien transcendant.

Venons-en maintenant au scénario bâclé par trois scénaristes expérimentés dans le domaine de la série télévisée. On a justement l’impression que Roberto Orci, Alex Kurtzman et Damon Lindelof ont écrit un concentré de huit épisodes d’une série, sans oublier de mettre la surenchère sur les clichés et l’humour poussiéreux. Les dialogues sont d’une faiblesse affligeante, ce qui n’arrange rien. Les péripéties sont expédiées à l’arrache, juste pour du simple remplissage. C’est notamment pour cela que le mélange des genres n’opère pas totalement.

Pour ce qui est de la bande originale, la production a fait appel à un « yes man » de la baguette avec Harry Gregson-Williams. Sa musique n’apporte pas grand chose. Un score qui est juste là pour accompagner les images, encore du remplissage.

Avec le recul, je me dis que Jeff Nichols (Take Shelter), les frères Nolan (Interstellar) ou James Gray (The Lost City of Z) auraient été capables de conduire le concept avec subtilité et surtout en s’éloignant des stéréotypes.

En résumé, Cowboys & Envahisseurs est un film malade, qui a du mal à prendre un véritable chemin. On n’est que légèrement dépaysé, alors on se raccroche à l’unique satisfaction du film : Daniel Craig.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Sweet Judas dit :

    Je crois que je me suis raccrochée à rien ou pas grand chose (en même temps temps, j’étais devant pour la présence d’Harrison Ford)… Le mélange des genres était un peu trop extrême pour moi, je crois. Bon, ça se laisse regarder hein (parce que c’est quand même propre), mais le lendemain, c’est aussi vite oublié.

    Aimé par 1 personne

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