RocknRolla (2008)

RocknRolla est un film de gangsters britannique écrit et réalisé par Guy Ritchie.

Caïd londonien, Lenny travaille à l’ancienne. Ce qui ne l’empêche pas de savoir à qui graisser la patte et de pouvoir faire pression sur n’importe quel ministre, promoteur immobilier ou malfrat en vue. D’un simple coup de fil, Lenny est capable de soulever des montagnes. Mais comme le lui dit Archy, son fidèle lieutenant, Londres est en train de changer : les mafieux des pays de l’Est, comme les petits voyous, cherchent tous à bouleverser les règles du milieu. Désormais, c’est toute la pègre londonienne, des gros bonnets aux petits poissons, qui tente de se remplir les poches en se disputant le coup du siècle. Mais c’est Johnny Quid, rock star toxico qu’on croyait mort, qui a les cartes bien en main…

Après s’être planté avec A la dérive et Revolver, Guy Ritchie décide de revenir avec un nouveau film de gangsters dans la veine de ses deux premiers succès (Arnaques, Crimes et Botanique et Snatch). Le cinéaste britannique a dans l’optique de faire de RocknRolla le premier volet d’une trilogie, si le succès est au rendez-vous. Malheureusement, le film rencontre un maigre succès à travers le monde en rapportant seulement près de 25,7 millions de dollars pour un budget évalué à 18 millions.

D’entrée, Guy Ritchie nous montre qu’il est bel et bien de retour. Il reprend la sauce avec laquelle il a connu le succès, à savoir le tour d’horizon des personnages, les magouilles entre la rue et les grandes tours et le montage qui s’accorde parfaitement avec la narration d’Archy (Mark Strong). Les rails sont scellés avec force, ce qui amène un rythme dynamique pour une histoire et des personnages bien frappés.

Autre talent de Guy Ritchie (et force du long métrage), la lucidité et l’intelligence avec lesquelles il choisit et dirige son casting. En tête, on a Gerard Butler qui se démarque plutôt bien de son rôle mythique de Leonidas dans 300. Il incarne de manière convaincante un braqueur foireux, dépassé par ce qui se passe réellement autour de lui et amoureux fou de son employeuse.  Celle-ci est campée par la sublime Thandie Newton, qui démontre qu’elle n’a pas que du charme, mais bel et bien un talent d’actrice. D’ailleurs, l’actrice et Jonathan Nolan nous l’ont prouvé à travers la série Westworld.

Du côté des personnages secondaires, on est bien servi également avec un Tom Wilkinson solide en vieux parrain british ou encore Mark Strong, impeccable dans la peau du redoutable homme de main.

A mes yeux, la révélation de ce casting, c’est Toby Kebbell dans le rôle de l’insaisissable Johnny Quid. Sa composition frénétique colle parfaitement à son personnage et au cinéma de Guy Ritchie. Idris Elba et Tom Hardy complètent efficacement cette prestigieuse distribution.

Avec RocknRolla, Guy Ritchie revient à ce qu’il sait faire de mieux, un cinéma au style survolté où la violence se conjugue intelligemment avec l’humour noir et décalé à l’anglaise. Cela nous donne un long métrage survitaminé, qui n’hésite pas à mettre en lumière la banlieue londonienne et le lien qu’elle a avec la haute société. L’un n’avance pas sans l’autre, tout s’orchestre autour de crimes, du sexe et des magouilles.

La mise en scène de Guy Ritchie tire sa principale force sur le montage et la structure narrative. Il en découle un rythme savoureux et tourbillonnant. L’aspect décalé est mordant, notamment de par la maitrise du comique de situations qui contraste efficacement avec la violence et la corruption. Bien sûr, on pense à Quentin Tarantino et à Matthew Vaughn, le grand copain de Guy Ritchie. Toutefois, ce dernier se démarque par sa volonté à nous montrer les ficelles noires de son pays. D’ailleurs, j’aimerai voir le cinéaste traiter le monde du football en Angleterre avec cette même fibre artistique.

Au niveau de la plume, Guy Ritchie compose des personnages haut en couleurs, mais non éloigné de la réalité. Il grossit simplement les traits de ses gangsters pour les rendre attachants et charismatiques. Dans son intrigue, il oppose deux générations de bandits et différentes classes sociales, qui gravitent autour du marché juteux de l’immobilier. Tout ça est articulé à travers des péripéties plus déjantées les unes que les autres. On retient également les dialogues percutants et délicieux pour nos tympans. Les acteurs prennent un malin plaisir à les exprimer avec intensité et dérision.

La bande originale est évidemment rock’n’roll à souhait avec The Clash, Black Strobe ou encore Lou Reed. Guy Ritchie utilise chaque morceau de manière pertinente.

En résumé, RocknRolla confirme les multiples talents de Guy Ritchie à nous offrir du grand spectacle avec du fond qui décape. Toby Kebbell tient le meilleur de sa carrière, à ce jour.

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