Bernie (1996)

Bernie est une comédie noire co-écrite et réalisée par Albert Dupontel.

Quand il quitte l’orphelinat, Bernie Noël est âgé de trente ans. Il n’a qu’un seul but : connaître ses origines. Commence alors un parcours semé d’embûches pour ce garçon névrosé et déconnecté du monde réel qui va semer le désordre partout où il passera.

Après avoir réalisé son premier court-métrage Désiré et avoir fait ses preuves en tant qu’acteur chez Jacques Audiard (Un héros très discret) et Jean-Michel Ribes (Chacun pour toi), Albert Dupontel décide de se lancer dans l’écriture et la réalisation de son premier long métrage. Pour cela, il s’allie avec Gilles Laurent pour composer le scénario. En ce qui concerne la partie financière, Albert Dupontel monte le budget de son film avec l’argent gagné avec ses spectacles. La chaine Canal + apporte également son soutien au projet. Bernie rencontre un joli succès, aussi bien critique, qu’au box-office. Albert Dupontel reçoit même des éloges de la part de Terry Jones et Terry Gilliam (Monty Python), ainsi que Robin Williams.


Les premières minutes ?

Albert Dupontel ouvre son long métrage avec une première scène métaphorique, qui représente une nouvelle naissance pour Bernie. Ce dernier voit éveiller en lui le désir de connaître son histoire, ses parents, les causes de son abandon…

Il quitte l’orphelinat où il a toujours vécu, pour découvrir le monde dont il a été exclu. On part alors dans une quête (crise) identitaire portée par l’imaginaire et la folie, ce qui nous donne déjà des scènes drôles et politiquement incorrecte.

Le casting ?

Albert Dupontel incarne un personnage dont il a le secret, et son interprétation rappelle évidemment de nombreux sketchs avec lesquels il a connu ses premiers succès. Il compose avec justesse et aisance cet homme à la fois attachant et violent. Grâce à la maitrise de l’humour noir, Albert Dupontel forge un anti-héros agissant comme une tornade dans la société.

A ses côtés, Claude Perron est une révèlation. Sa prestation répond à merveille à celle de son partenaire. Elle amène une autre forme de douceur et de violence.

Roland Blanche et Hélène Vincent s’éclatent totalement dans des rôles où on ne les attend pas. Paul Le Person est impeccable en  vieux gardien d’immeuble.

A noter la présence d’Éric Elmosnino (Gainsbourg, vie héroïque).

Et au final ça donne quoi ?

Quatre années après C’est arrivé près de chez vous, le cinéma francophone voit débarquer une nouvelle petite bombe en terme de comédie noire. Albert Dupontel frappe fort et juste avec ce premier long métrage. Il s’en dégage une véritable identité cinématographique, qui colle parfaitement avec l’esprit artistique de l’humoriste. Avec Bernie, il synthétise avec intelligence sa manière de rire, de dénoncer et d’émouvoir.

La scénographie est d’une redoutable efficacité, Albert Dupontel travaille son cadre avec ingéniosité, notamment dans l’utilisation du zoom ou de l’avance rapide. Même si il n’y a rien de révolutionnaire, chaque plan a été pensé, tout comme le montage et les transitions. L’humour trash s’allie merveilleusement avec la poésie grandissante du script. On assiste à une vraie maturité alors qu’il s’agit d’un premier film. Mais n’oublions pas tout ce qui a précédé ce projet dans la carrière d’Albert Dupontel.

Sur l’écriture, tous les ingrédients de la comédie noire sont présents. On a des situations complètement surréalistes et dérangeantes, mais qui nous donnent tout de même le sourire, voir des éclates de rire. Des personnages bien frappés comme il faut et des dialogues percutants sont les instruments pour faire rire, pour irriter et également caresser. La folie est traitée de manière contagieuse, imprégnant toutes classes sociales.

La bande originale de Ramon Pipin est d’une frénésie communicante et en adéquation avec le propos et les personnages. Il en ressort une ambiance métal appuyée et rythmée, qui colle efficacement avec l’aspect trash du long métrage.

En résumé, Bernie n’hésite pas et frappe à coups de pelle sur la société, qui génère la violence et la discrimination de manière constante. Albert Dupontel grossit le trait pour nous faire rire et réagir. Une œuvre noire qui ne peut pas laisser indifférent, à l’image de son auteur.

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