La Chèvre (1981)

La Chèvre est une comédie française écrite et réalisée par Francis Veber.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Amatrice des films de Francis Veber, je dirais qu’après « le Dîner de cons », il s’agit là sûrement de sa meilleure comédie.

Un mot sur l’histoire ?

Voilà déjà quarante jours que Maire Bens, la fille d’un grand PDG a été enlevée au Mexique. Le détective Campana n’ayant pas réussi à la retrouver, un homme a l’idée de lui confier un associé aussi malchanceux que la disparue. C’est alors en duo qu’ils retournent au Mexique pour tenter de résoudre l’enquête et retrouver la jeune femme.

Les premières minutes ?

On est au Mexique. Le générique s’ouvre sur la balade en parachute ascensionnel d’un parachutiste tracté par un bateau.Accompagné par la musique de Cosma, le parachutiste passe devant un hôtel où une jeune fille, en voulant se tourner pour le regarder, tombe malencontreusement de la fenêtre.S’ensuit une avalanche de poisse en seulement quinze minutes. La fille tombe de son balcon, puis se fait voler son sac à l’arraché puis se fait kidnapper. Ensuite, on propose à son père, PDG d’un entreprise, de faire appel à un homme pour retrouver sa fille.

Ils décident de demander son aide à Monsieur Perrin, l’employé le plus malchanceux de l’entreprise. Ils le font rentrer dans une pièce avec une vingtaine de chaises, une seule d’entre elles est cassée et naturellement il choisit la chaise cassée : la poisse à l’état pur ! Puis, on appelle Campana, un vrai détective qui n’a toujours pas réussi à retrouver la fille disparue. Les deux hommes vont devoir faire équipe pour tenter une dernière fois de retrouver la malheureuse.

Le casting ?

Gérard Depardieu est formidable dans le rôle de l’homme sérieux, charismatique et discret, désabusé par son acolyte. Pierre Richard comme toujours délicieux dans le rôle de l’abruti maladroit. Le duo fonctionne à merveille !

Michel Robin est très convaincant en père désabusé et prêt à tout pour retrouver sa fille chérie. Michel Fortin est inoubliable pour sa réplique de l’aéroport, un régal !

et au final ça donne quoi ?

Oui, l’humour français peut être fin et drôle ! Certes l’intrigue est au niveau d’un narnard, mais toujours est-il que l’humour est d’un grande finesse et surtout constant. Habitué du théâtre, Francis Veber nous régale par ses dialogues bien ciselés qui font mouche ! La scène du gorille est gratuite, elle n’apporte rien à la narration et s’ajoute à l’avalanche de gags. En cela, cette comédie est proche du cinéma burlesque des années 1920. Le personnage de Perrin fait penser à un Buster Keaton moderne qui, pas une suite de ratés et maladresse, parvient à toujours s’en sortir. Ici, c’est la malchance de Perrin qui permettra de résoudre l’enquête. Il n’a pas conscience de sa « malédiction » et reste digne en toutes circonstances, on rit donc de lui mais par la même occasion de son rapport au monde. Le comique réside là dedans, il se pense le chef de l’opération. La poisse lui est fermement attachée mais par un habile retournement, cette malchance devient un atout.

Les rôles de Campana et de Perrin devaient être originairement tenus par les illustres Ventura et Villeret. Le duo Richard Depardieu qui, pour ce film, se rencontrent pour la première fois, fonctionne très bien. En effet, le couple Perrin Campana fonctionne parfaitement sur l’association des contraires, comme Laurel et Hardy ou Don Quichotte et Sancho. Francis Veber utilise un comique fondé sur le champ-contrechamp. Un plan sur une gaffe de Perrin est suivi par un contrechamp de Campana, témoin incrédule ou furieux des maladresses de son coéquipier. Campana finit par être  une source de comique autant que les gags ou le personnage de Perrin.

La bande originale de Vladimir Cosma symbolise l’aventure, le voyage, la tendresse et l’improbable. Le thème principal s’imprègne instantanément dans la tête, comme c’est souvent le cas avec les compositions de ce grand monsieur de la musique au cinéma.

Le succès du film repose  sur la dynamique du duo, sur la rencontre improbable entre des personnages opposés et stéréotypés : un homme rationnel, qui maîtrise tout, et une sorte de catastrophe ambulante. Ce cocktail miracle ne vieillit pas et pour preuve, un remake de ce film fut réalisé par Nadia Tass en 1991, intitulé « Pure Luck ».

Anne Sirvente.

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Strum dit :

    Une formidable comédie en effet, très bien écrite et interprétée. Le meilleur film de Francis Veber (à tous les points de vue) et de loin.

    Aimé par 1 personne

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