Hors de portée (2015)

Hors de portée (Beyond the reach) est un thriller américain réalisé par Jean-Baptiste Léonetti.

Dans l’ouest américain, un homme d’affaire sans scrupule et passionné de chasse, souhaite ajouter un mouflon à son tableau de chasse. Il engage Ben comme pisteur dans le désert de Mojave. Mais les choses tournent mal lorsqu’il presse trop vite la gâchette et abat un vieil ermite. Afin de s’assurer de son silence, il abandonne le jeune pisteur en plein désert sans eau et sans vêtement et le regarde mourir à distance depuis la lunette de son fusil…

Même si le pitch n’a rien de très original, l’idée d’un survival mettant en scène Michael Douglas et Jeremy Irvine, reste alléchante. Le long métrage n’a pas bénéficié d’une distribution dans les salles françaises. Au moment où j’écris ces premières lignes, je n’ai pas encore vu le film. J’en attends un thriller atmosphérique avec un face à face de haut vol entre deux générations d’acteurs.


Les premiers instants sont centrés sur Ben, un jeune guide de chasse qui voit sa copine le quitter pour des grandes études universitaires. Le réalisateur ne perd pas de temps pour nous présenter sa rencontre avec le businessman John Madec. La place est donnée aux acteurs pour qu’ils s’expriment, mais l’écriture reste assez lisse. Les personnages sont quelque peu stéréotypés, tout comme les dialogues. La relation entre Madec et Ben affiche un potentiel, mais entre elle apparait comme facile et expéditive.

L’intérêt premier de ce film, c’est son duo d’acteurs. Même si ils ne bénéficient pas d’une grande direction, ni même d’un traitement scénaristique à hauteur de leurs talents, Michael Douglas et Jeremy Irvine mouillent la chemise et réalisent des interprétations solides. Sans nul doute, que ce face à face aurait pu être encore plus fort et viscéral.

Hors de portée n’avait aucune prétention, et pourtant il affichait un certain potentiel et un soupçon d’ambition. Un survival dans le désert de Mojave en entrechoquant deux générations d’acteurs. Malheureusement, Jean-Baptiste Léonetti sous-utilise ses éléments, en expédiant ce qui devait être plus épuré. Sa mise en scène brille sur quelques plans, mais reste plate et même maladroite. Le cadre et le montage n’ont pas été murement réfléchis, ce qui nous donne parfois l’impression d’être devant une soupe visuelle. La photographie de Russell Carpenter (Titanic, Négociateur) est plutôt bien adaptée à l’environnement, et donne un léger intérêt pour nos yeux.

En ce qui concerne le scénario, l’adaptation est totalement insipide. Rien n’est réellement plausible et surtout, ça manque de profondeur psychologique et de réelle péripéties. Tout est surfait et grossier, à l’image de l’épilogue. Je me demande encore, comment on peut balancer une fin de cette manière. Les personnages n’arborent jamais une véritable opposition psychologique, physique et sociale. Le scénariste ne fait qu’esquisser ces trois aspects, alors qu’il était essentiel de les développer pour donner du coffre à l’ensemble du long métrage.

En résumé, Hors de portée est une série B qui ne prend pas vraiment conscience de son potentiel. Michael Douglas aurait mieux fait de confier la caméra à un réalisateur comme Jérôme Salle ou bien Fabrice Du Welz.

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