Les oubliettes d’Hollywood : Roger Rabbit 2

Qui veut la peau de Roger Rabbit reste un incontournable du cinéma américain des années 1980. Il est également l’un des films hollywoodiens les plus rentables de la décennie. En même temps, un long métrage réunissant les studios Disney, Amblin et Robert Zemeckis (Retour vers le futur), ça pond forcément quelque chose d’unique. Et heureusement, la qualité a été au rendez-vous et le public aussi. Suite à un tel succès, l’idée de suite a évidemment traversé les esprits des studios, des producteurs et du réalisateur.

Le second volet des aventures de Roger Rabbit est envisagé au début des années 1990. Nat Mauldin (Dr. Dolittle) propose un scénario intitulée Roger Rabbit : The Toon Platoon, et qui se présente comme une « préquelle » au premier film. L’histoire se déroule à la fin des années 1930, , dans une ferme du Kansas, le jour où Roger apprend que ses parents humains ne sont pas ses vrais parents et qu’il fut découvert abandonné sur le pas de leur porte. Roger décide alors de partir pour vers l’Ouest pour retrouver ses parents biologiques avec l’aide d’un jeune homme réformé de l’armée de l’air, nommé Richie Davenport. Ils rencontrent en chemin l’actrice en difficulté Jessica Krupnick, future Jessica Rabbit. Celle-ci se fait enlever et contrainte de participer à des émissions pro-nazies. Par amour, Roger s’engage avec Richie dans l’armée (Seconde Guerre mondiale). Ils reçoivent pour mission de s’infiltrer dans l’Europe occupée par les nazis au sein de la Toon Platoon, une troupe totalement frappée, entièrement composée de toons tire-au-flanc, et dont la fonction est assez peu précise. L’armée les a sélectionné car personne ne peut les tuer ; d’un autre côté ils sont incapables de tuer quiconque si ce n’est, éventuellement, faire mourir de rire ! A la fin, la mission réussie et Jessica est sauvée. Ils rentrent tous à Hollywood sous une tonne d’applaudissements, tandis que Roger retrouve sa mère et découvre son père Bugs Bunny. Cet épilogue donne un virage inattendu au projet, puisqu’il prend la forme de reboot.

Alors qu’il est plein tournage pour La Liste de Schindler, Steven Spielberg n’est pas convaincu par le scénario, qui traite ainsi la Seconde Guerre Mondiale. Une satire qui est clairement l’opposé du film que le cinéaste est entrain de réaliser. Roger Rabbit : The Toon Platoon est finalement abandonné, alors qu’une date de sortie avait déjà été située au cours de l’année 1994.

En 1997, Michael Eisner, alors président-directeur général des productions Disney, demande une réécriture du scénario par Sherri Stoner et Deanna Oliver, qui ont notamment écrit le scénario de Casper. Elles conservent l’idée de la recherche des parents de Roger, mais changent l’ascension de Roger vers la gloire à Broadway et à Hollywood. Ce nouveau scénario séduit le studio Disney et engage Alan Menken (Aladdin, La Petite Sirène) pour composer cinq chansons pour le film qui offre ses services comme producteur exécutif.

Pour la réalisation, la production engage Eric Goldberg qui vient de rencontrer le succès avec Pocahontas. Le projet prend alors son envol avec les premiers story boards et les tests d’animation en reprenant le procédé utilisé par Robert Zemeckis. Les producteurs ne sont pas convaincus par les essais et demandent à l’équipe de retravailler sur l’animation et l’apparence de Roger. Un second test est réalisé totalement en images de synthèse, ce qui fait grimper la facture du film à plus de 100 millions de dollars. Une somme importante que Michael Eisner refuse de mettre sur la table.

Durant les années 2000, le projet de suite est enterré. Le producteur Don Hahn annonce qu’une suite serait une mauvaise idée compte-tenu des avancées technologiques en matière de cinéma d’animation. L’acteur Bob Hoskins indique qu’il est maintenant trop âgé pour reprendre son rôle d’Eddie Valiant.

Malgré ça, Robert Zemeckis et Amblin restent intéressés à l’idée de se retravailler sur ce projet de suite. Le réalisateur veut mêler l’animation traditionnelle avec la motion capture. Pour lui, ces deux procédés peuvent fonctionner ensemble et donner un résultat époustouflant. Malgré le décès de l’acteur Bob Hoskins, le personnage d’Eddie Valiant pourrait faire son retour grâce aux nouveaux procédés numériques. Un nouveau scénario est alors dans les tuyaux, et arrive en 2012 sur les tables de Disney. Mais, la direction et les actionnaires ne sont pas chauds pour remettre Roger et ses petits copains en tête d’affiche avec un budget important. Le pari est risqué, et le projet reste à l’arrêt.

Même si on adore Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, n’est-il pas trop tard pour lui donner une suite ? Même si les motivations de Robert Zemeckis semblent réelles, il ne faut pas oublier que le réalisateur a qualifié le tournage du premier film comme « le plus terrifiant et éprouvant » de sa carrière.

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